La Cour suprême révoque le droit à l'avortement, ouvrant la voie à son interdiction

Avortement : à Glastonbury, Olivia Rodrigo fait venir Lily Allen pour crier "Fuck You" à la Cour suprême

Delphine DE FREITAS
Publié le 27 juin 2022 à 11h32, mis à jour le 27 juin 2022 à 11h56
JT Perso

Source : JT 20h WE

La sensation pop américaine a invité sur scène la chanteuse anglaise pour reprendre son titre dans lequel elle "emmerde" littéralement ceux à qui elle s’adresse.
Une chanson sortie en 2009 que les deux femmes ont dédiée aux juges ayant révoqué le droit constitutionnel à l’avortement aux États-Unis.
D’autres artistes américaines présentes au célèbre festival britannique ont profité de leur passage sur scène pour partager leur colère.

Elle a à peine 19 ans et le monde de la musique est déjà à ses pieds. Ancienne protégée de l’écurie Disney, Olivia Rodrigo fait le tour de l'Europe pour promouvoir son premier album. Après un passage électrique au Zénith de Paris la semaine dernière, la jeune Américaine est arrivée jusqu’au cultissime festival de Glastonbury en Angleterre où l’attendait une vaste foule ce samedi 25 juin. Alors que ses propres chansons évoquent cœurs brisés et amours compliquées, elle a invité à la rejoindre sur scène une chanteuse au langage moins imagé que le sien pour réagir à l’actualité.

Je veux dédier ce morceau aux cinq membres de la Cour suprême qui nous ont montré qu’au final, ils se foutent de la liberté

Olivia Rodrigo

Lily Allen, qui n’a pas publié d’album depuis 4 ans, est sortie de son silence médiatique pour reprendre l’une de ses chansons les plus engagées avec la jeune Américaine. Dans "Fuck You", elle "emmerde" autant les homophobes que les racistes. Si la chanson a été écrite en réponse au mandat du président américain George W. Bush, elle a trouvé un nouvel écho cette semaine après la révocation du droit constitutionnel à l’avortement aux États-Unis. "Je suis dévastée et terrifiée de savoir que tant de femmes et de jeunes femmes vont mourir à cause de ça. Je veux dédier ce morceau aux cinq membres de la Cour suprême qui nous ont montré qu’au final, ils se foutent de la liberté", a lancé Olivia Rodrigo sur scène.

"Cette chanson est pour Samuel Alito, Clarence Thomas, Neil Gorsuch, Amy Coney Barrett et Brett Kavanaugh. On vous hait", a-t-elle ajouté, chaleureusement applaudie par le public avant de chanter en duo avec Lily Allen. L’Anglaise de 37 ans a partagé un extrait de leur performance sur Instagram, expliquant que ses filles étaient "très fières" de l’avoir vue chanter avec "leur pop star préférée".  "Je ne savais pas si je serais capable de remonter sur une scène comme celle-ci en étant sobre. Si je suis honnête, une partie de moi pensait que c’était du passé", souligne-t-elle, laissant entendre que sa carrière de chanteuse n’était peut-être pas tout à fait derrière elle.

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À l’image d’Olivia Rodrigo, d’autres artistes américaines ayant participé au festival de Glastonbury ce week-end ont dénoncé la disparition du droit à l’IVG dans de nombreux États américains. Car si la décision de la Cour suprême ne rend pas les interruptions de grossesse illégales, elle renvoie les États-Unis à la situation en vigueur avant l'arrêt emblématique "Roe v. Wade" de 1973, quand chaque État était libre de les autoriser ou non. Au moins 8 États les ont déjà rendues illégales, sept prévoient de le faire dans les prochaines semaines. 

La chanteuse Phoebe Bridgers a fait crier "On emmerde la Cour suprême" au public. "C’est mon corps, mon putain de choix !", a hurlé la rappeuse Megan Thee Stallion. "Aujourd’hui est un jour très sombre pour les femmes aux États-Unis. Je le dis parce que je ne peux plus y penser", a pour sa part déclaré Billie Eilish.


Delphine DE FREITAS

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