INTERVIEW – Dans la fiction de TF1, l'actrice incarne une étudiante suspectée du meurtre d’un riche héritier. Un rôle fort pour la jeune comédienne qui fait son entrée dans la cour des grands.

Retenez bien son nom. Dans Une mère parfaite, Eden Ducourant joue le rôle d'Anya, une jeune étudiante suspectée du meurtre d'un riche héritier avec lequel elle a passé une nuit. Persuadée de son innocence, sa mère, Hélène (Julie Gayet), va tout faire pour tenter de l'innocenter. Avant de découvrir avec stupeur que sa fille cache bien ses secrets.   

Âgée de 25 ans à peine, Eden Ducourant livre une prestation marquante dans la mini-série diffusée prochainement sur TF1. Très engagée – elle a participé au clip d'Angèle Balance ton quoi et coréalisé le clip #RegardeMoiBien pour La Fondation des femmes –  la jeune femme, qui a fait ses armes dans de nombreuses séries (Alice Nevers, Braquo, Les Ombres rouges, Pour Sarah), nous en dit plus sur ce rôle qui l'a profondément marquée. 

Anya me ressemble car nous faisons toutes les deux parties d'une génération en quête de sens
Eden Ducourant

Qu'est-ce qui vous a donné envie de jouer dans cette fiction ? 

Avant tout, le scénario. C'est un thriller psychologique très prenant, doublé d'un drame familial sur les conséquences que peut avoir un évènement sur les proches. J'aimais aussi le fait que la série dit beaucoup de choses sur la société, que ce soit sur l'éducation, la parentalité, la place de la femme et de la jeunesse. C'est une histoire qui dérange autant qu'elle questionne. 

Le personnage d'Anya est très complexe. C'était intéressant à jouer ?

J'ai adoré jouer Anya parce que je la trouve à la fois touchante et effrayante. Elle a vraiment une multiplicité de visages, elle est insaisissable. On ne sait pas sur quel pied danser : est-elle coupable ou innocente ? Elle a beaucoup d'audace, mais aussi une fragilité et une forme d'errance très touchantes.

Ce n'est pas un rôle facile. Comment vous êtes-vous préparée à jouer cela ? 

J'ai beaucoup travaillé en amont avec un coach pour rencontrer mon personnage et connaitre sa vérité. Ça permet d'être plus libre sur un plateau. J'ai également regardé beaucoup de films. J'aime bien m'inspirer d'actrices comme Romy Schneider ou Gena Rowlands dans Une femme sous influence. Mais aussi Shira Haas, qui joue dans Unorthodox, et qui a des regards incroyables ou encore Jessica Biel dans The Sinner.

Est-ce qu'Anya vous ressemble ? 

Quand je suis face à un personnage, j'essaie toujours de voir ce qui me relie à lui, même si ce qui m'intéresse, c'est d'explorer des choses qui sont loin de moi. Anya me ressemble, car nous faisons toutes les deux parties d'une génération en quête de sens. C'est une héroïne moderne, une fille sensible aux injustices et aux problèmes de ce monde. Avec cette série, j’ai découvert que j'avais aussi ça en moi. Je me dis que c'est à nous de faire bouger les lignes.

Les femmes sont plus victimes de violences verbales et sexuelles que les hommes
Eden Ducourant

"Une mère parfaite" est aussi une fiction sur le mensonge. Connaît-on vraiment ses enfants et plus largement les gens ?

Oui, c'est une histoire de crimes et de non-dits. Est-ce qu'on connait vraiment les gens ou portent-ils un masque ? Et c'est d'autant plus désarçonnant quand il s'agit de relations entre enfants et parents. C'est très important d'être à l'écoute de ses enfants, d'instaurer un dialogue. Mais l'éducation est une chose très compliquée...

Julie Gayet dit que c'est plus compliqué d'élever une fille dans cette société. Vous êtes d'accord ? 

Oui, je pense que c'est plus compliqué. Les chiffres sont là : les femmes sont plus victimes de violences verbales et sexuelles que les hommes, même si ça existe aussi. On ne se sent pas forcément en sécurité, que ce soit dans la rue ou ailleurs. Mais la parole se libère et je pense qu'il y a quand même une solidarité salvatrice et protectrice qui se crée entre les femmes. Il y a une prise de conscience générale.

Quels sont vos projets ? 

Je serai prochainement à l'affiche de Totems pour Amazon, une série qui se passe que dans les années 1960, et je tourne en ce moment Les Combattantes, une autre série de TF1 sur le rôle des femmes pendant la guerre. J'ai un projet de mise en scène au théâtre ainsi qu'un projet de coréalisation pour le Crips, une association régionale qui lutte contre le VIH pour sensibiliser à la sérophobie. J'ai aussi écrit une série que j'essaie de vendre à un producteur.


Propos recueillis par Rania Hoballah

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