Selon une étude Ifop pour le site "Bonjour New York", publiée ce mardi, l’image de la France s'est nettement améliorée auprès des Américains ces dernières années.
Un retour en grâce qui serait notamment dû à la série phénomène "Emily in Paris", dont la troisième saison est sortie en décembre sur Netflix.

En trois saisons, "Emily in Paris", la série phare de Netflix, s’est imposée comme un phénomène mondial. Et même si elle a fait grincer des dents bon nombre de Parisiens avec des clichés pas toujours très heureux, l'image d'un "Paris de carte postale" très fantasmée qu’elle renvoie, a manifestement boosté son attractivité de l'autre côté de l'Atlantique. C'est en tout cas ce qui ressort de l'étude Ifop*, réalisée auprès d'un millier d'Américains pour le site "Bonjour New York", et dévoilée ce mardi. 

 

Car même si l'image des Français s'est considérablement améliorée aux États-Unis en 15 ans (après le coup de froid provoqué par la guerre en Irak), avec une cote de popularité presque deux fois plus élevée cette année (73%) qu’en 2007 (39%), elle semble "boostée" par le visionnage de la série. Les Américains ayant une très bonne image des "Frenchies" sont en effet trois fois plus nombreux dans les rangs des téléspectateurs de la série (47 %) que chez ceux qui ne l’ont pas vu (17 %). Toutefois, l'Ifop temporise, soulignant que le charme des Français touche particulièrement les segments les plus progressistes de la société américaine (féministes, démocrates, urbains, diplômés, CSP+…).

Les recherches concernant les déménagements à Paris ont augmenté de 1416%

Ce regain de francophilie a une conséquence surprenante : un nombre record d’Américains expriment actuellement le désir de "vivre en France". Ainsi, ils sont plus d’un sur trois (36%) aujourd'hui alors qu’ils étaient à peine plus d’un sur cinq (21% en 2005) au lendemain de la crise irakienne. Les Américains de 18 à 65 ans sont en revanche moins nombreux à envisager de venir y travailler (28%), avance cette étude. L'Ifop confirme par ailleurs que cet engouement est corrélé à l’exposition à la série de Darren Star : "54% des personnes ayant vu Emily souhaiteraient vivre dans l’Hexagone, soit deux fois plus que ceux qui ne l’ont pas vu (25%)". 

Principal point de repère pour une population américaine qui n’a pas une grande culture géographique, Paris bénéficie d’une forte attractivité, y compris pour des longs séjours. Ainsi, la perspective de suivre les pas d’Emily en y passant une année entière attire près de la moitié (44%) des sondés, "notamment chez les plus jeunes, les plus urbains et les plus progressistes", précise l'Ifop, ajoutant que d’après l’agence immobilière britannique "GetAgent", les recherches concernant les déménagements à Paris ont augmenté de 1416% après la sortie de la dernière saison d’Emily in Paris. De son côté, l’office de tourisme rapporte que la fréquentation de la France était en nette amélioration en 2022, le Grand Paris ayant accueilli 7 millions 260.000 visiteurs étrangers entre janvier et fin mai.

Ifop

Mais l'image que les Américains ont de la ville lumière n'est-elle pas un peu faussée par la série ? Parmi ceux qui ont vu Emily in Paris, la majorité supposent par exemple que "Paris est une ville propre" (67%), ce qui peut s’avérer cocasse quand on sait qu’à peine 16% des Parisiens partagent ce point de vue. Les fans succombent également aux clichés d’une ville aseptisée, sans rats ni SDF. En effet, la majorité d'entre eux (53%, contre 23% de ceux qui ne l’ont pas vu) estiment qu’il n’y a "pas de rats ou presque dans les rues ou dans les bâtiments" parisiens, ce qui est là aussi en contradiction avec le point de vue des Parisiens qui dans leur grande majorité (65%) jugent insuffisante "la lutte contre les rats" dans leur ville. De même, le prisme de Netflix joue aussi beaucoup dans la perception d’une ville sans SDF : 46% des amateurs d’Emily in Paris pensent qu’il n’y a pas de SDF dans la capitale, contre à peine 20% parmi ceux qui n’ont pas vu la série.

Une chimère qui ne trompe pas les expatriées américaines vivant à Paris, comme le rapportait fin janvier The New York Times. Leur correspondant dans la capitale, Dan Bilefsky, a publié plusieurs témoignages d’"Emily in Paris" dans la vraie vie. Ces dernières révèlent "à quel point la série de Netflix est à des années-lumière de la réalité du pays, aujourd’hui secoué par les inégalités sociales, les troubles dans les banlieues et les tensions raciales. Au point qu’elle en devient grotesque", écrit-il. 

*L’enquête a été menée en langue anglaise auprès d’un échantillon de 1113 personnes, représentatif de la population américaine âgée de 18 ans et plus, par un questionnaire en ligne du 18 au 20 janvier 2023. 


Virginie FAUROUX

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