"Les souffrances infligées sont immenses" : le chanteur R. Kelly reconnu coupable de pédopornographie

Jérôme Vermelin
Publié le 15 septembre 2022 à 10h49
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

R. Kelly était accusé d’avoir filmé les agressions sexuelles dont il était l’auteur.
Durant le procès à Chicago, le jury a été confronté à une vidéo impliquant une plaignante âgée de 14 ans au moment des faits.
Après avoir écopé de 30 ans de prison pour crimes sexuels, le chanteur pourrait passer le restant de ses jours derrière les barreaux.

La descente aux enfers de R. Kelly continue. Déjà condamné à 30 ans de prison pour des crimes sexuels commis sur des jeunes femmes parfois adolescentes, le chanteur américain, de son vrai nom Robert Sylvester Kelly, 55 ans, a été reconnu coupable de production de pédopornographie et de détournement de mineures, ce mercredi 14 septembre à Chicago.

Le jury composé de 12 personnes a mis environ 11 heures pour parvenir à ce verdict. Sa peine, qui sera fixée ultérieurement, pourrait aller "de dix à 90 ans de prison", a précisé le bureau du procureur dans un communiqué. Le chanteur a en revanche été acquitté pour d'autres chefs d'inculpation d'obstruction à la justice.

Un "système" d'exploitation sexuelle

Durant le procès, des extraits de vidéos montrant des violences sexuelles commises par l’artiste sur des jeunes filles, dont l'une n'avait que 14 ans, avaient été présentés à la cour. "Les souffrances infligées par M. Kelly à ses victimes sont immenses", a déclaré le procureur John Lausch, saluant la "force, la détermination et le courage" de celles qui ont témoigné lors du procès.

R. Kelly avait déjà été reconnu coupable en septembre 2021 à New York d'avoir piloté pendant trois décennies un "système" d'exploitation sexuelle de jeunes femmes. Ce procès avait été considéré comme une étape majeure du mouvement #MeToo : c'était la première fois que la majorité des plaignantes étaient des femmes noires et qu'elles accusaient un artiste noir.

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Pendant des décennies, le succès de l'interprète du tube "I Belive In Can Fly" avait été terni par des soupçons de violences sexuelles, objet de rumeurs persistantes, notamment suite à son bref mariage avec la chanteuse Aaliyah, sa protégée de 15 ans. Très populaire, il était longtemps parvenu à les faire taire avec des accords financiers prévoyant des clauses de confidentialité.

Dès 2017, deux femmes, Kenyette Barnes et Oronike Odeleye, avaient lancé un appel au boycott de ses chansons, en partageant le hashtag "Mute R. Kelly" ("Faites taire R. Kelly"). Deux ans plus tard, la série documentaire Surviving R. Kelly avait enfoncé le clou, décrivant le chanteur comme manipulateur, violent et obsédé par les très jeunes filles.


Jérôme Vermelin

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