Eurovision 2024 : la candidate israélienne disqualifiée en raison d'une chanson trop "politique" ?

Publié le 22 février 2024 à 13h18

Source : TF1 Info

Après de multiples appels au boycott, les organisateurs de l'Eurovision avaient maintenu la présence d'Israël à l'Eurovision, qui se tiendra à Malmö, en Suède, en mai prochain.
Mais après la découverte de la chanson interprétée par la jeune Eden Golan, le titre pourrait être retoqué.
Face à ce risque, le ministre de la Culture israélien vient de prendre la défense de la candidate.

Et si Israël était finalement évincé de l’Eurovision 2024 ? Une semaine après avoir réaffirmé que l’État hébreu pourrait bel et bien participer au concours à Malmö (Suède) le 11 mai prochain, en dépit de nombreux appels au boycott, l’UER (Union Européenne de Radiodiffusion), qui organise l’événement, serait sur le point de revoir sa position. La cause ? Le contenu de la chanson présentée par la chaîne KAN, diffuseur du programme en Israël.

Le 15 février dernier, le directeur général de l’UER, Nigel Curran, avait expliqué dans un entretien à l’AFP que l’Eurovision n’était "pas un concours entre gouvernements" et que la situation d’Israël, en guerre avec le Hamas depuis le 7 octobre, n’était pas comparable avec celle de la Russie, exclue du concours peu après l’invasion de l’Ukraine en 2022.

En contradiction avec les règles du concours

"Dans le cas de la Russie, les radiodiffuseurs russes avaient été suspendus de l'UER en raison de leurs manquements persistants à leurs obligations de membre et pour avoir violé les valeurs du service public", s’était-il justifié. Il soulignait également que la relation entre la chaîne publique Kan et le gouvernement israélien était "fondamentalement différente" de celle qui existe entre la télévision russe et Moscou.

Tout semblait donc en place pour que la chanteuse Eden Golan affronte le Français Slimane et l’ensemble des prétendants le 11 mai prochain. Jusqu’à ce que la chaîne KAN présente le titre de la jeune femme à l’UER, le week-end dernier. D’après plusieurs sources bien informées, il s’intitule "October Rain", une référence implicite à l’attaque du 7 octobre dernier qui contrevient au caractère apolitique du concours. Aucun son n’a encore filtré. Mais le malaise est réel…

"L'UER est actuellement en pleine étude des paroles, un processus confidentiel entre l'UER et le diffuseur jusqu'à ce qu'une décision finale soit prise", déclare un porte-parole de l’organisation au Huffington Post. "Si une chanson est jugée inacceptable pour quelque raison que ce soit, les diffuseurs ont alors l'opportunité de soumettre une nouvelle chanson ou de nouvelles paroles, comme le veulent les règles du concours."

À Tel-Aviv, l’inquiétude est bien réelle puisque dans une série de messages postés sur X mercredi, le ministre de la Culture, Miki Zohar, estime que "l'intention de l’UER de disqualifier la chanson israélienne pour l'Eurovision est scandaleuse", écrit-il. D’après lui, "October Rain" serait "une chanson émouvante, qui exprime les sentiments du peuple et du pays aujourd'hui" mais "pas politique".

Pour rappel, si Ia chanson était écartée du concours par les organisateurs, et qu'Israël et sa candidate refusaient d'en proposer une autre, le pays serait disqualifié.


Jérôme VERMELIN

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