Le Festival de Cannes de retour après un an de pandémie

"Haut et Fort", la critique express : un manifeste lumineux pour le pouvoir libérateur du hip-hop

Jérôme Vermelin, à Cannes
Publié le 16 juillet 2021 à 20h25
"Haut et Fort", la critique express : un manifeste lumineux pour le pouvoir libérateur du hip-hop

Source : Ad Vitam

ON AIME – Dans la banlieue de Casablanca, un ancien rappeur vient enseigner l’art de la rime à une bande d’adolescents qui ne demandent qu’à s’émanciper du poids des traditions. Énergique et engagé, "Haut et Fort" pourrait bien créer la surprise samedi au palmarès.

Dans la dernière ligne droite avant le palmarès du 74e Festival de Cannes, le réalisateur franco-marocain Nabil Ayouch est venu souffler un vent de fraicheur sur une compétition cannoise souvent bien sombre. Haut et Fort met en scène Anas (Anas Basbousi), un ancien rappeur qui vient enseigner son art aux jeunes élèves du centre culturel d’un quartier populaire de Casablanca. Au fil des jours, garçons et filles vont apprendre à se libérer du poids traditions sous le regard sévère, mais bienveillant de ce prof pas comme les autres…

Sur le papier, Haut et Fort a de faux airs d’Entre les murs rencontrant Le Cercle des Poètes Disparus au Maroc. Il y a pire références. Dans la forme, la caméra coup de poing de Nabil Ayouch donne à ce récit d’émancipation un côté docu vérité, en particulier lorsque les jeunes élèves discutent en classe de leur interprétation du Coran ou de la place des femmes dans la société marocaine, un thème cher à l’auteur de Much Loved.

Si l’intrigue manque clairement d’épaisseur, elle est compensée par l’énergie irrépressible des jeunes acteurs dont il s’agit pour la plupart de leur première expérience à l’écran. Spike Lee a-t-il remué la tête et tapé du pied comme nous durant la projection ? Il serait en tout cas surprenant que président du jury n’ait pas été sensible à ce manifeste lumineux pour le pouvoir libérateur du hip-hop. Réponse dans quelques heures… 

>> Haut et Fort de Nabil Ayouch. Avec Anas Basbousi, Ismail Adouab, Meriem Nekkach. 1h42. En salles le 10 novembre.


Jérôme Vermelin, à Cannes

Sur le
même thème

Tout
TF1 Info