La 77ème édition du Festival de Cannes s'achève ce samedi soir avec la révélation du palmarès du jury présidé par la réalisatrice américaine Greta Gerwig.
Après Justine Triet avec "Anatomie d'une chute", qui va décrocher la Palme d'or et inscrire son nom dans l'Histoire du Septième art ?
Après deux semaines de projection, notre envoyé spécial sur la Croisette vous livre ses coups de cœur…

C'est presque l'heure du verdict pour ce 77ème Festival de Cannes. Un cru d'excellente facture où la compétition a réservé quelques surprises et assez peu de déceptions. Après la Française Justine Triet avec Anatomie d'une chute, qui va décrocher la convoitée Palme d'or ? À l'heure où nous écrivons ces lignes, la présidente américaine Greta Gerwig et son jury sont réunis sur les hauteurs de Cannes pour faire le tri parmi les 22 films qui leur ont été soumis depuis le 15 mai dernier. Et établir un palmarès qui sera discuté, débattu, contesté… et incontestable. En attendant de le découvrir, notre envoyé spécial sur la Croisette a concocté le sien…

Palme d’or : "Les Graines du Figuier Sauvage" de Mohammad Rasoulof

Mahsa Rostami dans "Les Graines du Figuier Sauvage"
Mahsa Rostami dans "Les Graines du Figuier Sauvage" - Pyramide

Au soir de la compétition officielle, jalonnée d’excellents films, celui de l’Iranien Mohammad Rasoulof est venu assommer la concurrence. Les Graines du Figuier Sauvage ausculte la descente aux enfers d’un fonctionnaire du régime de Téhéran lorsque la révolte des femmes s’immisce dans sa cellule familiale. Ponctué d’images des violences policières de l’automne 2022, est un thriller politique et intime qui fera date. Le fait que son auteur et ses comédiens ont risqué – et risquent toujours – leur vie pour le tourner le rend encore plus foudroyant.

Outsider : The Substance de Coralie Fargeat

Grand Prix : "The Substance" de Coralie Fargeat

Demi Moore dans "The Substance"
Demi Moore dans "The Substance" - Festival de Cannes

Avec son deuxième long-métrage, la réalisatrice française signe LE grand film d’horreur féministe de sa génération. Katherine Sparkle, son héroïne, signe un pacte avec le diable lorsque le producteur de son émission d’aérobic lui montre la porte la cinquantaine passée. En s’injectant une étrange, elle donne naissance à un double plus jeune qui va peu à peu vampiriser son existence. Demi Moore et Margaret Qualley sont fabuleuses. Et mériteraient pourquoi pas un prix d’interprétation ex-aequo.

Outsider : La plus précieuse des marchandises de Michel Hazanavicius

Prix d’interprétation masculin : Sebastian Stan dans "The Apprentice"

Sebastian Stan au photocall de "The Apprentice", mardi 21 mai.
Sebastian Stan au photocall de "The Apprentice", mardi 21 mai. - AFP

Bien avant d’entrer à la Maison Blanche. Donald Trump était un jeune homme sans relief évoluant dans l’ombre de son très riche père. Le film d’Ali Abbasi raconte comment sa rencontre avec l’avocat sulfureux et proche de la pègre Roy Cohn va tout changer. Transfuge des écuries Marvel, Sebastian Stan s’est glissé dans la peau – et la tête – de l’homme le plus clivant d’Amérique en évitant tous les écueils de la caricature. Sa longue marche vers l’Oscar commence à Cannes.

Outsider : Ben Whishaw dans Limonov

Prix d’interprétation féminine : Karla Sofia Gascon dans "Emilia Perez"

Karla Sofía Gascón à Cannes
Karla Sofía Gascón à Cannes - AFP

Si le film de Jacques Audiard ne devait pas remporter la Palme, récompenser sa vedette serait juste une évidence. Après avoir effectué sa transition de genre il y a huit ans, cette comédienne espagnole joue le rôle de sa vie dans cette comédie musicale hybride mettant en scène un chef de cartel qui souhaite devenir la femme qu’il a toujours été. Tour à tour dangereuse, drôle, touchante et tragique, sa performance est inoubliable.

Outsider : Mikey Madison dans Anora

Prix de la mise en scène : Michel Hazanavicius pour "La plus précieuse des marchandises"

"La plus précieuse des marchandises" de Michel Hazanavicius
"La plus précieuse des marchandises" de Michel Hazanavicius - Festival de Cannes

Le dramaturge Jean-Claude Grumberg avait choisi la forme du conte pour raconter l’horreur de la Shoah aux enfants. Le réalisateur de The Artist a opté pour l’animation afin de la porter à l’écran. À rebours des canons actuels, il a opté pour une 2D crayonnée "à l’ancienne" qui lui permet de souligner la générosité des Justes et d’accentuer l’horreur des camps. Conçue pour illustrer le drame des survivants, l'histoire fictive d'une fillette sauvée par un couple de bucherons polonais est narrée par Jean-Louis Trintignant, qui a enregistré ses voix peu avant sa mort.

Outsider : Paolo Sorrentino pour Parthenope

Prix du scénario : Yorgos Lanthimos pour "Kinds of Kindness"

Emma Stone dans "Kinds of Kindness"
Emma Stone dans "Kinds of Kindness" - Fox Searchlight

Qu’on accroche ou qu’on déteste, la patte du cinéaste grec est désormais reconnaissable entre mille. Avec son fidèle co-scénariste Efthýmis Filíppou, il a imaginé trois histoires qui se dégustent comme trois nouvelles pour raconter l’asservissement volontaire des individus dans le monde contemporain. L’entreprise, le couple, les sectes… Grâce à ce format inédit dans sa filmographie, son humour noir est plus corrosif et troublant que jamais.

Outsider : Sean Baker pour Anora

Prix du jury : "All We Imagine As Light" de Payal Kapadia

All We Imagine As Light : infirmières indiennes au bord de la crise de nerfs ?
All We Imagine As Light : infirmières indiennes au bord de la crise de nerfs ? - Festival de Cannes

Après 30 ans d’absence en compétition à Cannes, le cinéma indien revient avec l’anti-thèse absolue aux superproductions de Bollywood. Dans la jungle urbaine de Mumbaï, la jeune réalisatrice Payal Kapadia dresse le portrait de deux infirmières en mal d’amour. L’une parce que son mari l’a abandonné pour vivre à l’étranger, l’autre parce qu’elle aime un homme que sa famille n’a pas choisi. S’en dégage une douce mélancolie qui subsiste longtemps après la projection.

Outsider : Bird de Andrea Arnold


Jérôme VERMELIN à Cannes

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