Le Festival de Cannes de retour après un an de pandémie

Mon journal de Cannes, épisode 9 : hommage aux vrais gentils du Festival

Jérôme Vermelin, à Cannes
Publié le 14 juillet 2021 à 12h21
Mon journal de Cannes, épisode 9 : hommage aux vrais gentils du Festival

BILLET D'HUMEUR – Du 6 au 17 juillet, je vous raconte depuis la Croisette la 74e édition du Festival de Cannes de l'intérieur, entre coups de cœur et coups de griffes. Aujourd'hui : un petit clin d'oeil à celles et ceux qui ne perdent jamais leurs nerfs durant la quinzaine.

Il y avait de la tension dans l’air hier à Cannes. Et pas seulement à cause du vent violent qui secouait la Croisette. Avant la projection de Un héros, deux Messieurs assis derrière moi se prenaient le bec dans la langue de Shakespeare pour un motif indéterminé. "Don’t talk to me !", ordonnait l’un d'eux. "I’m warning you !". Hasard ou pas, le très beau film d’Asghar Farhadi met en scène des gens qui n’en finissent plus de se hurler dessus. Tout le monde a raison, tout le monde a tort, tout le monde ment surtout dans une société iranienne qui n’est pas à l’abri, elle non plus, de l’éruption permanente des réseaux sociaux.

De la tension, il y en avait aussi lorsqu’un journaliste irlandais a reproché à Cédric Jimenez, le réalisateur de Bac Nord, western urbain dans les quartiers Nord de Marseille, de faire le jeu de l’extrême-droite à 10 mois de l’élection présidentielle. Rires nerveux, regards crispés… On aurait aimé voir l’intégralité du visage de Gilles Lellouche, qui semblait bouillir sous son masque. Pour une fois qu’une équipe de film respectait scrupuleusement le port du masque en conférence de presse !

Lire aussi

Durant un Festival de Cannes, la moindre réflexion, le moindre geste, la moindre contrariété peut prendre une ampleur disproportionnée. Lors de mon premier séjour, je me suis fait littéralement démolir en public par un confrère français, persuadé que je m’étais glissé au milieu d’une file d’attente en douce , alors que j’étais encore incapable de distinguer la salle Bazin de la salle Bunuel. Un peu comme lorsqu’à la caisse du supermarché, vous avez discrètement dépassé Tatie Danielle qui vous rappelle à l’ordre en éructant : "Faites la queue comme tout le monde !".

A Cannes, heureusement, il y a des gens qui ne s’énervent jamais : le personnel du Palais des Palais des Festivals. Au fil des années, leur tâche s’est compliquée avec la mise en place du plan Vigipirate. Depuis les attentats de 2015, l’accès aux salles de projection ressemble à un jeu de pistes au bout duquel il y a toujours un hôte ou une hôtesse qui vous accueille avec le sourire. Vous me direz que c’est leur job. Et qu’ils se coltinaient certains films, ils rigoleraient beaucoup moins. Mais à travers ce billet d’humeur, je voulais rendre hommage à leur bienveillance et leur gentillesse. Ça fait du bien par les temps qui courent, non ? 


Jérôme Vermelin, à Cannes

Sur le
même thème

Articles

Tout
TF1 Info