Britney Spears publie ce mardi 24 octobre "La femme en moi", une autobiographie très attendue dans lesquelles elle donne enfin sa version de ce qu'elle a vécu.
Quinze ans plus tôt, la chanteuse américaine évoquait déjà sa vie sous la pression médiatique dans un film pour MTV.
Des confidences rares devant les caméras, quelques mois seulement après le début de sa mise sous tutelle.

Pour les fans de Britney Spears, c’est une archive essentielle. Celle documentant les premiers mois sous surveillance de leur idole, qui pendant 13 ans se battra en coulisses pour reprendre sa vie en main. Documentaire mis en boîte pour MTV à l’automne 2008, Britney : for the record constitue l’antichambre de son autobiographie La Femme en moi, en librairies mardi 24 octobre. Un prologue révélateur dans lequel la chanteuse américaine se montre aussi vulnérable que déterminée. Comme un dernier moment de vérité avant que les autres ne commencent à parler pour elle.

Aucun sujet n’était interdit. Aucune question n’est restée sans réponse
"For the record"

"Aucun sujet n’était interdit. Aucune question n’est restée sans réponse", annonce d’emblée le film. Plutôt déroutant quand on connaît le mystère qui va entourer la décennie suivante, personne ne sachant vraiment ce qui s'est joué dans le quotidien de la chanteuse aux millions d'albums vendus. Persuadés qu'elle était retenue contre son gré, ses fans ont lancé le mouvement #FreeBritney qui a débouché sur la libération de leur idole après avoir été remis en lumière par deux édifiants documentaires, Framing Britney Spears et Controlling Britney Spears, auxquels la principale intéressée n'a pas participé.

À l'époque, les caméras de For the record suivent Britney Spears pendant 60 jours en commençant par les MTV Video Music Awards. La précédente édition, quelques mois après s’être rasé la tête en public, avait viré au fiasco. Entre playback approximatif et chorégraphies hésitantes au rythme de son single "Gimme More". La star quitte la cérémonie 2008 avec trois trophées sous le bras, un sourire confiant sur le visage. "C’est le début officiel d’un comeback", note son manager Larry Rudolph dans For the record. Un terme que réfute la principale intéressée quelques secondes plus tard.

Pendant une heure, les interviews de la popstar face caméra se mêlent à des séquences en coulisses, en studio ou sur le tournage des clips de "Womanizer" et "Circus". Britney Spears donne le change en public, faisant son travail comme si de rien n’était alors que sa vie privée s’effrite. Depuis six mois, la jeune femme de 26 ans vit sous la tutelle de son père Jamie, qui la suit comme son ombre dans For the record. La faute à une période difficile, marquée notamment par la rupture avec "le papa de ses bébés", Kevin Federline, une hospitalisation en institut psychiatrique et cet épisode ultra médiatisé du crâne rasé. Elle évoque avec regret "les avocats, les docteurs et les gens qui l’analysent tous les jours". "Si tout ça n’était pas là, je me sentirais si libérée, je me sentirais moi-même. Je suis en quelque sorte coincée. Comment tu gères ça ? Je fais face, c’est tout. Tous les jours", déclare-t-elle lors de son intervention la plus émouvante.

Je ne crois pas que ma vie soit hors de contrôle, elle est trop sous contrôle
Britney Spears

"Quand je dis ce que je ressens, ils m’entendent mais ne m’écoutent vraiment pas. Ils entendent ce qu’ils veulent entendre, ils n’écoutent pas ce que je leur dis. C’est terrible", poursuit-elle les larmes aux yeux avant de lancer, en pleurant : "Je suis triste". "Même quand vous allez en prison, vous connaissez votre date de sortie", note Britney Spears, rappelant les mots prononcés devant le tribunal avant la levée de la mesure de tutelle 13 ans plus tard. Sauf qu'en 2021, c'est son père qu'elle souhaite cette fois voir derrière les barreaux, les vrais. "Je ne crois pas que ma vie soit hors de contrôle, elle est trop sous contrôle. Il n’y a pas d’excitation, pas de passion. C’est un jour sans fin tous les jours, très ennuyeux", dit-elle encore en se séchant les yeux.

Elle clame son envie de liberté, regrette d’être trop célèbre pour pouvoir manger une glace en public comme tout le monde, reconnaît s’être mariée avec Kevin Federline "pour les mauvaises raisons" mais martèle son amour pour "ses deux précieux joyaux", ses fils Sean Preston et Jayden James, trois et deux ans à l’époque. C’est Madonna, qui apparaît en toute fin de For the record, qui résume sans toute le mieux le tourbillon dans lequel a grandi Britney Spears. "J’ai été très privilégiée dans ma propre vie de pouvoir aller à New York, de faire des erreurs, de me retrouver dans des situations effrayantes, de prendre des mauvaises décisions, choisir les mauvaises personnes sans que le monde entier ne me regarde à la loupe. Elle n’a jamais eu cette opportunité (…). Ce ne sont même pas des erreurs parfois, ça s’appelle grandir", analyse la reine de la pop.

Au début du documentaire, Britney Spears explique avoir voulu prendre la parole pour rectifier "les choses dites sur elle qui ne sont pas tout à fait vraies". "Il y a beaucoup de choses que les gens ne savent pas à propos de moi, je veux qu’ils les sachent", sourit-elle. Sans savoir que c'était l'une des dernières fois avant bien longtemps qu'elle pourrait témoigner de ce qu'elle vit de vive voix. Avec For the record, elle espérait que le public retienne "qu’elle est juste comme eux". "J’aime ce que je fais, j’aime mes bébés et je travaille très dur", assène-t-elle à l’écran. Quant à ceux qui trouveraient qu’elle n’en dit pas assez, elle promet qu’elle "aura un bon livre un jour, un bon livre mystérieux". Un futur best-seller du titre de La femme en moi, qu'elle aura mis plus d'une décennie à mettre au monde. Une prémonition qui sonne comme un ultime pied de nez à ceux qui l’ont brimée pendant toutes ces années.


Delphine DE FREITAS

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