Son concert au Zénith de Lille interdit par le préfet, le rappeur Freeze Corleone dépose un recours

Publié le 14 février 2024 à 11h27, mis à jour le 15 février 2024 à 9h30

Source : Sujet TF1 Info

Le controversé rappeur de Seine-Saint-Denis doit ce produire ce jeudi 15 février au Zénith de Lille.
La préfet des Hauts-de-France a prononcé une interdiction, estimant que ce concert présente des menaces à l'ordre public.
L'avocat de l'artiste a décidé de déposer un recours contre cette décision auprès du tribunal administratif.

Coup d’arrêt pour Freeze Corleone ? Alors que le rappeur fait l’objet d’une enquête pour apologie du terrorisme ouverte par le parquet de Nice, la préfecture des Hauts-de-France a décidé d'interdire par arrêté son concert prévu au Zénith de Lille, ce jeudi 15 février. "Il existe un risque élevé que soient tenus des propos constitutifs d’une infraction pénale ou de nature à porter atteinte à la dignité de la personne humaine et, dès lors, de troubler gravement l’ordre public", indiquent dans un communiqué les services du préfet Bertrand Gaume.

"Les paroles de plusieurs chansons de Freeze Corleone contiennent en effet des propos complotistes, ouvertement antisémites et empreintes d’une admiration pour la personne d’Adolf Hitler et le IIIème Reich ainsi que des propos faisant l’apologie du terrorisme qui font référence à l’attentat de Nice", ajoute la préfecture. Elle précise qu'il est "plus que jamais nécessaire de prendre toutes les mesures utiles pour préserver la sécurité et l’ordre publics dans le climat actuel de tension géopolitique et de l’accroissement des actes antisémites ou appelant à la haine".

Une référence à l'attentat de Nice qui choque

Ouverte le 10 février dernier, l’enquête du parquet de Nice faisait suite à la diffusion en ligne quelques jours plus tôt de "Haaland", un duo avec le rappeur Luciano sur lequel Freeze Corleone, de son vrai nom Issa Lorenzo Diakhaté, fait une référence implicite à l’attentat du 14 juillet 2016 qui a fait 86 morts et des centaines de blessés.

"En défense j'suis Kalidou, t'es Lenglet. Burberry comme un grand-père anglais. J'arrive dans l'rap comme un camion qui bombarde à fond sur la...", balance le natif de Seine-Saint-Denis. Même si le terme "Promenade des Anglais" n'est pas prononcé, la rime avec la phrase qui précède laisse peu de doute sur le sens du texte, dénoncé par le maire de la ville Christian Estrosi, le député des Alples-Maritimes et président des LR Eric Ciotti ainsi qu'un collectif de victimes.

Freeze Corleone n'a jamais connu de condamnation pénale, et ses précédents concerts se sont toujours déroulés dans le calme
L'avocat du rappeur

Ce mercredi après-midi, l'avocat du rappeur, Me Sanjay Mirabeau, annonce à l'AFP que son client avait décidé de déposer un recours contre la décision du préfet des Hauts-de-France. Il sera examiné par le tribunal administratif de Lille jeudi à 10H30. "Freeze Corleone n'a jamais connu de condamnation pénale, et ses précédents concerts se sont toujours déroulés dans le calme", assure-t-il.

L'avocat indique compte mettre en avant que les chansons incriminées ne sont pas incluses dans le tour de chant de son client. Soit parce qu'elles sont "très anciennes", soit, concernant "Haaland", parce qu'elle "appartient à un album de Luciano et il n'a jamais été question de la jouer". 

En décembre dernier, un précédent concert de Freeze Corléone au Zénith de Nantes avait été interdit par la préfecture de Loire-Atlantique pour des motifs similaire à ceux employés par la préfecture des Hauts-de-France. En 2020, le rappeur avait fait l’objet d’une enquête pour "provocation à la haine raciale" pour plusieurs clips mentionnant Adolf Hitler et la Shoah. Classée sans suite, l’affaire avait toutefois poussé la major Universal à mettre fin à sa collaboration avec l’artiste.


Jérôme VERMELIN

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