Fun Radio a-t-elle truqué ses audiences ?

Rania Hoballah
Publié le 16 juin 2016 à 11h55
Fun Radio a-t-elle truqué ses audiences ?

SCANDALE – C'est une affaire qui agite le petit monde des ondes. Plusieurs groupes privés de radio se sont unis pour dénoncer les pratiques scandaleuses de Fun Radio, accusée de fraude à la mesure d'audience. Depuis quelque temps en effet, l'animateur Bruno Guillon demande à ses auditeurs de déclarer qu'ils écoutent Fun Radio, faussant ainsi les résultats de Médiamétrie. Explications.

Le monde de la radio est en ébullition. Depuis ce mercredi, plusieurs groupes médias privés ont décidé de partir en guerre contre Fun Radio, qu'ils accusent de gonfler de façon déloyale les audiences. Ils sont très en colère contre l'animateur de la matinale de la station, Bruno Guillon, qui demande depuis septembre dernier à ses auditeurs de déclarer qu'ils écoutent Fun Radio, même si ce n'est pas vrai.

Contrairement à la télévision où les audiences sont mesurées automatiquement, pour celles de la radio, Mediametrie réalise des sondages auprès d'échantillons représentatifs d'auditeurs qu'elle joint par téléphone. Ces derniers sont amenés à détailler leurs habitudes d'écoute. "Faites-le pour nous ! Vous pouvez écouter NRJ, mais si on vous demande dites que vous écoutez Fun Radio", aurait demandé Bruno Guillon à ses auditeurs, d'après le site Jean-Marc Morandini.

"On n’a jamais connu un scandale de la sorte"

Lagardère Group, Next Radio, Skyrock et les Indés Radios se sont ainsi unies pour demander à Fun Radio – qui appartient au groupe RTL – de cesser ces pratiques. Ils demandent également à Mediamétrie d'arrêter la vague de mesure des audiences concernant les mois d'avril à juin et qui serait, d'après eux, faussée. "On n’a jamais connu un scandale de la sorte", a déclaré Alain Weill, le patron de RMC, sur Europe 1 ce jeudi matin . "C’est inacceptable car on trompe les auditeurs, mais aussi les annonceurs. Pour le secteur, c’est très grave. C’est une fraude organisée, c’est pour cela qu’on a réagi très sévèrement."

Même son de cloche du côté de Jean-Paul Baudecroux lui aussi invité sur Europe 1. "C’est une affaire gravissime ! Je peux même dire que c’est le plus grand scandale de l’histoire de la radio", a-t-il lancé. "C’est une campagne organisée, écrite comme une vraie campagne publicitaire. Les résultats de Fun sont donc faux depuis plusieurs mois. On demande que les audiences de Fun Radio, qui sont fausses, ne soient pas publiées", a-t-il conclu en précisant qu'il va rencontrer prochainement Médiamétrie.

"C'est une manœuvre grossière pour dénigrer la marque Fun Radio"

Du côté de Fun Radio, même si la "maladresse" est reconnue, on tente de minimiser. "C'est une manœuvre grossière pour dénigrer la marque Fun Radio et l'ensemble de la mesure d'audience. Comme par hasard, cette plainte surgit alors que les prochains sondages s'annoncent mauvais pour nos concurrents", estime Tristan Jurgensen, directeur de la station interrogé par Le Parisien . D'après lui, il ne s'agit que de six ou sept séquences entre septembre et décembre uniquement. 

Quant à Médiamétrie, également interrogé par le quotidien, l'organisme explique qu'il va "mener une analyse approfondie pour voir si les pratiques à l'antenne ont eu un impact sur les résultats de Fun Radio". La guerre entre les radios ne fait que commencer.

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