Gérard Depardieu, ému à Cannes : "Je suis fatigué de vivre et effrayé de mourir"

Le service METRONEWS
Publié le 16 mai 2016 à 12h04
Gérard Depardieu, ému à Cannes : "Je suis fatigué de vivre et effrayé de mourir"

CONFESSIONS - Dimanche soir, à la Quinzaine des Réalisateurs de Cannes, était présenté "Tour de France", un road-trip fédérateur du jeune cinéaste Rachid Djaïdani. Gérard Depardieu, qui y incarne un homme taciturne se liant d’amitié avec un rappeur, s’est exprimé, entre émotion et humour. metronews a assisté à la soirée et vous en livre un aperçu.

Après avoir monté les marches l’an dernier pour Valley of Love de Guillaume Nicloux, présenté en compétition officielle, Gérard Depardieu s’est offert l’emballante Quinzaine des Réalisateurs pour cette 69ème édition du Festival de Cannes. Dimanche soir, devant un public transporté, il a accompagné sur scène le jeune réalisateur Rachid Djaïdani, révélé en 2012 par le nerveux Rengaine, et l’ensemble de l’équipe du film Tour de France, dans lequel il tient le rôle principal.

Celui de Serge, un homme aigri, esseulé, bourré d’idées reçues sur les étrangers et la France d’aujourd’hui. "Je ne savais pas que les arabes connaissaient Serge Lama", lâche d’ailleurs en milieu de récit ce fantasque personnage. Une réplique, signe de son ignorance absolue, qu’il balance à Far’Hook, un jeune rappeur de 20 ans qui va accompagner le bougon le temps d’un tour des ports de France sur les traces du peintre Joseph Vernet. En somme : un voyage roboratif au cours duquel les passerelles vont se tisser entre cultures et générations (pas si) opposées.

"J’ai le souffle de Michel Piccoli"

Avant la projection, Gérard Depardieu a déclaré, amusé et épuisé : "Je prends une chaise parce que je supporte mal mon poids", provoquant quelques rires au sein de l’assistance. Il a ensuite attendu que Djaïdani remercie la team Tour de France pour se saisir du micro. "Je suis ému comme un enfant. Ce qui me surprend, sans arrêt… (il s’arrête et lâche) J’ai le souffle de Michel Piccoli, ça m’emmerde, vraiment." Eclats de rire dans la salle.

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Et de poursuivre : "Si vous aviez comme j’étais heureux dans l’aventure et le voyage que Rachid m’a offert ». Le souffle court, les yeux humides, il également confié : "Pardonnez-moi mais je suis fatigué de vivre et effrayé de mourir." Les spectateurs s’en étonnent tristement et Djaïdani le prend dans ses bras. "Quand je vois des gens comme Rachid, sa mère, son père, ses soeurs… vivant jusqu’au bout avec un espoir de meilleur, de grandeur, de vie… C’est magnifique quand on voit ça. Le cinéma devrait montrer ça. Malheureusement, je ne vois pas ça à Cannes, mais ici, à la Quinzaine."

"J’ai honte d’être Français"

Décidé à ne pas lâcher si facilement la parole, il s’est qualifié avec humour de "vrai voyou" et a ajouté, de manière fort digressive : "On vous assomme de choses, par les télévisions, par les merdes, par tout ce qui se passe. Je n’ai pas envie de faire partie de ce monde-là. (…) C’est tellement beau de partager ou de signifier l’indifférence, ce qu’a été la souffrance de tous ces Algériens et de tous ces gens qui ont été envoyés en Indochine. Moi, j’ai honte d’être Français. Et c’est pour cette raison que j’ai préféré…" Il ne termine pas sa phrase. Djaïdani le rejoint et il conclut et disant son amour pour le public.

Depardieu s'exprime à la #Quinzaine. #Cannes2016

Une vidéo publiée par @metronewscannes2016 le


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