Golden Globes 2024 : deux récompenses pour "Anatomie d’une chute", le rêve américain de Justine Triet

Publié le 8 janvier 2024 à 8h09

Source : TF1 Info

Déjà lauréate de la Palme d’or, la réalisatrice française poursuit désormais sa moisson de prix à Hollywood.
Son thriller a reçu les Golden Globes du meilleur scénario et du meilleur film en langue étrangère ce dimanche 7 janvier à Los Angeles.
"Pardonnez mon anglais", a-t-elle lancé sur scène, la foulant à deux reprises avec son discours en main.

Assis à leur table, il la regarde avec attention quand Elsa Zylberstein a choisi de se lever pour immortaliser la scène avec son smartphone. Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, a fait le déplacement jusqu’en Californie pour assister au sacre hollywoodien de Justine Triet ce dimanche 7 janvier. La réalisatrice française n’a pas manqué de le remercier sur la scène des Golden Globes. Car c’est sur la Croisette que "tout a commencé" pour Anatomie d’une chute.

Le 27 mai, Justine Triet posait fièrement avec sa Palme d’or après un discours qui choquera jusqu'à la ministre de la Culture. Huit mois plus tard, c’est avec deux Golden Globes en main qu’elle rejoint les photographes installés au Beverly Hilton Hotel de Los Angeles. Anatomie d’une chute, c’est l’histoire d’une autrice à succès qui se retrouve accusée du meurtre de son mari, retrouvé mort au pied de leur chalet alpin. Un thriller passionnant, un grand film de procès qui séduit bien au-delà des salles françaises où se sont pressés plus d'1 million de spectateurs.

"Il y a vraiment de quelque chose de très viscéral qui se passe avec ce film. Les gens s’identifient vraiment à ce couple et à leur histoire", notait Justine Triet sur Canal+ avant la cérémonie. Les journalistes qui votent pour les Golden Globes aussi ont été touchés, lui décernant le prix du meilleur scénario et du meilleur film en langue étrangère. Deux trophées déjà glanés à New York en novembre lors des Gotham Awards, récompensant les films indépendants. En son absence, c’est son compagnon et co-auteur Arthur Harari qui s’était plié aux remerciements. À Los Angeles ce dimanche 7 janvier, c’est elle qui a pris la parole. Contrainte de mettre ses lunettes pour lire son texte écrit dans la langue de Shakespeare, elle a même présenté ses excuses pour son anglais. Une French touch dont raffolent les Américains.

On n’arrêtait pas de se dire (...) : 'Personne ne va vouloir voir ce film'
Justine Triet

"Quand je repense au début de projet, nous étions dans le chaos de la pandémie. Avec mon compagnon Arthur Harari, nous avons passé nos journées à co-écrire le scénario. Nous étions coincés dans notre appartement, ce qui est surprenant, c’est que personne n’est mort", a-t-elle déclaré, faisant rire l’assistance. "Je me souviens, on n’arrêtait pas de se dire : 'On s’amuse beaucoup, mais c’est ridicule et sombre, personne ne va vouloir voir ce film. C’est trop long, ils parlent tout le temps. Il n’y a pas de musique, un couple qui se bat, un suicide, un chien qui vomit'", a-t-elle poursuivi, livrant peut-être sans le vouloir la clé de son film. Un suicide, dit-elle ?

Justine Triet a persisté à "faire un film radical" et dit avoir eu l’idée de développer une série "pour gagner un peu d’argent". "Je ne sais pas exactement comment les choses se sont passées, mais merci beaucoup de m’avoir encouragée à faire exactement ce que j’aime", a-t-elle conclu. Un rêve américain qu’elle a partagé avec ses acteurs présents à Los Angeles, dont le jeune Milo Machado-Graner. La prochaine étape de ce parcours fou outre-Atlantique ? Les Oscars. On sait déjà qu’Anatomie d’une chute ne représentera pas la France, le comité de sélection lui ayant préféré La Passion de Dodin Bouffant de Tran Ahn Hung.

Pour sûr absent de la catégorie Meilleur film international, Anatomie d’une chute peut néanmoins prétendre aux autres statuettes comme l'avait fait le Sud-Coréen Parasite. Les nominations seront annoncées la veille de celles des César, le 23 janvier, en vue de la cérémonie du 10 mars.


Delphine DE FREITAS

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