"Variety" révèle que les organisateurs des Oscars ont refusé que Volodymyr Zelensky s’exprime durant la cérémonie dimanche à Los Angeles.
La revue professionnelle révèle que l’entourage du président ukrainien avait fait appel à un agent influent pour plaider sa cause.
L’an dernier, les producteurs de la soirée avaient déjà exclu sa participation malgré l’insistance de l’acteur et réalisateur Sean Penn.

Il s’est exprimé partout, ou presque. Les Grammy Awards, le Festival de Cannes, la Mostra de Venise, les Golden Globes, la Berlinale... Depuis le début de la guerre en Ukraine, Volodymyr Zelensky profite de ces grands événements culturels pour réclamer le soutien de la communauté internationale. Mais une scène majeure se refuse jusqu’ici à lui : celle des Oscars. Après avoir essuyé un premier refus l’an dernier, un mois après le début de l’invasion russe, le chef d’État vient se voir opposer une nouvelle fin de non-recevoir à quelques heures de la 95ᵉ cérémonie qui se déroulera dimanche soir à Los Angeles. 

Variety révèle que l’équipe de Volodymyr Zelensky travaillait depuis plusieurs mois avec Mike Simpson, l’un des agents les plus influents à Hollywood, afin de convaincre les producteurs de laisser le président ukrainien prendre la parole durant la soirée diffusée en prime time sur la chaîne ABC. Une exposition majeure puisqu’en dépit d’audiences en déclin, elle a encore été suivie par 16,62 millions de téléspectateurs rien qu’aux États-Unis.

Quand Sean Penn menaçait de fondre ses Oscars

Mike Simpson n’est pas n’importe qui puisqu’il représente notamment Quentin Tarantino et Bong Joon-ho, le cinéaste sud-coréen de Parasite. Mais aussi Aaron Kaufman, le co-réalisateur de Superpower, le documentaire de Sean Penn, l'un des soutiens les plus actifs de Voldoymyr Zelensky à Hollywood. On se rappelle que l'an dernier, l'acteur avait fait sensation sur CNN en menaçant de faire fondre les trophées qu’il a remportés pour Mystic River et Harvey Milk si les Oscars ne laissaient pas le président ukrainien s'exprimer.

La star n’avait pas été entendue mais ses deux statuettes sont intactes puisque l’une d’entre elles repose sur le bureau du président ukrainien à Kiev. Un "prêt" en guise de soutien à celui dont il a fait connaissance dès les premières heures du conflit. 

Depuis, ce lobbying a en partie fonctionné puisqu’il a permis à Volodymyr Zelensky de s’exprimer durant les Golden Globes, diffusés sur NBC. "Il n’y aura pas de Troisième Guerre mondiale, ce n’est pas une trilogie", avait déclaré le chef d’État après avoir été présenté à l’assistance par Sean Penn lui-même.

Les Oscars, en revanche, ont encore dit non. Variety explique que l’an dernier, la présence éventuelle du président ukrainien avait suscité de vifs débats au sein de l’Académie. Des sources internes affirment que c’est Will Packer, le jeune producteur de cinéma afro-américain qui s’était vu confier les clés de la soirée, qui avait finalement opposé son véto. Son argument ? La communauté hollywoodienne ne s’intéressait à la guerre en Ukraine qu’au motif qu’elle concernait les Blancs, alors que d’autres conflits impliquant des personnes de couleur étaient ignorés toute l’année...

Un an plus tard, Will Packer a été remplacé par Glenn Weiss et Ricky Kirshner, un duo de producteurs télé expérimentés. Aucune explication au refus d’inviter Volodymyr Zelensky n’a filtré sinon la volonté de réserver la cérémonie à une célébration des professionnels du Septième art. En septembre dernier, les organisateurs du Festival de Toronto avaient eux aussi décliné la proposition des émissaires du président ukrainien, tout en affichant leur soutien aux cinéastes de son pays.


Jérôme VERMELIN

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