Il est écrit dans une langue inconnue : l’énigmatique manuscrit Voynich reproduit pour la première fois à l’identique

par Claire CAMBIER
Publié le 14 février 2017 à 13h12
Il est écrit dans une langue inconnue : l’énigmatique manuscrit Voynich reproduit pour la première fois à l’identique

"GENTILS" FAUSSAIRES - Œuvre majeure encore indéchiffrée ou sombre canular, le manuscrit Voynich, ouvrage du XVe siècle écrit dans une langue inconnue, demeure encore aujourd’hui une énigme. Deux ans après sa publication par un éditeur français, un fac-similé est en cours de réalisation. Une reproduction parfaite qui trompe d’ores et déjà les plus grands experts.

Le manuscrit Voynich a toujours troublé, questionné et rendu perplexe nombre de spécialistes. Ce livre ancien datant du XVe siècle rassemble des textes, des dessins de femmes nues, des diagrammes et d’innombrables reproductions de plantes imaginaires. Personne n’a encore décodé cet ouvrage. Pas de titre, pas de couverture, pas d’auteur connu, ni de date précise d'écriture et surtout un alphabet inconnu et indéchiffrable même, pour les plus grands cryptologues.

Depuis une dizaine d’années, il obsède Juan José Garcia et Pablo Molinero, deux éditeurs bibliophiles. Mais le manuscrit est précieusement conservé depuis la fin des années 60 dans la bibliothèque Beinecke des livres rares et manuscrits de l’université Yale, aux États-Unis.  Après d’ardentes tractations, la maison d’édition Siloe, que possèdent les deux passionnés espagnols, a obtenu les droits de reproduction. Leur but : créer une copie conforme à l’originale pour rendre l’oeuvre accessible au plus grand nombre. “Nous avons entendu parler du manuscrit Voynich pour la première fois en 2005 et immédiatement nous avons voulu en faire une copie”, confie Juan José Garcia au journal El Pais. "Ce qui nous animait vraiment, c’est qu’il s’agit d’un des livres les plus recherchés au monde" par les commissaires d’expositions. Leur analyse est simple : plutôt que de prêter l’ouvrage et de le sortir de son coffre-fort, il est plus sécurisé et plus aisé de confier son exacte réplique. L’argument a convaincu les responsables de la bibliothèque Beinecke.

"Le laboratoire a refusé d'analyser (notre copie), estimant avoir affaire à l’original"

Juan José Garcia

Une vingtaine d’artisans participent à ce projet depuis le mois d’avril : relieurs, orfèvres, peintres ou encore tanneurs. Tout est reproduit à l’identique, y compris son aspect de vieillissement, les craquelures, les trous creusés par les vers ou encore l’épaisseur variable de chaque page. Les techniciens travaillent à la main, allant jusqu’à reproduire le bruit exact de chaque page quand elles se tournent. "Nous sommes des faussaires", confie non sans ironie Juan José Garcia à nos confrères de La Croix. 

Les premières pages du manuscrit Voynich ont été créées il y a quelques mois. Comme pour la version originale, chaque feuille est constituée de papier vélin, autrement dit de la peau de veau mort-né. Et le résultat dépasse toute attente. Les premiers exemplaires ont été présentés pour expertise, l’idée étant de rassurer un potentiel acheteur de la bonne acidité des vélins. Et "le laboratoire a refusé d'analyser (une page), estimant avoir affaire à l’originale", raconte l’éditeur. 

Le premier fac-similé devrait être entièrement achevé en septembre prochain. Au total, 898 exemplaires sont prévus pour un prix de vente avoisinant les 7.500 euros.


Claire CAMBIER

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