"Il faut en parler" : Laure Manaudou évoque sans tabou son "énorme dépression post-partum"

par Delphine DE FREITAS
Publié le 11 octobre 2022 à 17h58
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

Mère d’une fille et de deux garçons, l’ancienne nageuse raconte dans une interview à Brut les mois compliqués qui ont suivi la naissance de son troisième enfant.
"Je voyais tout en noir", se souvient Laure Manaudou.
Elle appelle à un meilleur accompagnement des mères après l’accouchement.

C’est un moment de sa vie qu'elle a gardé secret. Même pour ses proches. "Je pense qu’ils vont être surpris parce que finalement, je n’en ai jamais parlé", reconnaît-elle. Face caméra pour le média en ligne Brut, Laure Manaudou détaille les mois difficiles qui ont suivi la naissance de son troisième enfant l'an dernier. "Je ne sais même pas si je l’ai dit à mon mari, peut-être une fois", ajoute-t-elle à propos du chanteur Jeremy Frérot. Elle assure que "ce n’était pas voulu de ne prévenir personne". "C’est juste qu’on n’ose pas demander", glisse l'ancienne nageuse.

J’avais l’impression de ne pas savoir m’occuper de mon fils alors que ce n’était pas le premier enfant, c'était le troisième

Laure Manaudou

Déjà mère d’une petite Manon, fruit de ses amours avec le nageur Frédérick Bousquet, et d’un petit Lou né de son union avec l’ancien talent de "The Voice", Laure Manaudou a accouché d’un deuxième garçon en 2021. "Je me suis sentie submergée, étouffée. C’était trop en fait, c’était oppressant", raconte-t-elle, révélant avoir souffert d’une "énorme dépression post-partum" pendant un an. "J’avais l’impression de ne pas savoir m’occuper de mon fils alors que ce n’était pas le premier enfant, c'était le troisième", admet-elle. Elle se souvient de la fatigue, de l’énervement et des larmes. "Je voyais tout en noir, ça prenait toute la place. J’étais négative alors qu'à la base, je ne suis pas comme ça", poursuit-elle. Le manque de sommeil a fini par "la faire craquer". La nuit, elle "gueulait sur son mari" alors qu’elle est très calme au quotidien.

Ce n’est pas possible qu’autant de femmes soient en dépression comme ça et ne soient pas aidées

Laure Manaudou

Elle estime que son passé de sportive de haut niveau lui a joué des tours. "Je pense que j’ai masqué beaucoup de choses en me disant : 'Tout va bien, je suis forte, je vais y arriver'. Jusqu’à ce que je me dise : 'Non, je ne peux plus. Je n’accepte plus d’être comme ça'", se souvient-elle. Elle a eu le déclic un après-midi en allaitant son fils. "Je n’avais pas envie que mes enfants aient cette image-là de moi. Je pense que c’est pour eux que je me suis rendu compte de ce que j’avais", avance-t-elle.

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Selon elle, le cheminement a été long car "on nous bassine tout le temps avec le baby blues. Mais le baby blues ne dure pas plus de dix jours." "Il faut en parler", insiste-t-elle, assurant qu’"avec du recul", elle aurait préféré "demander de l’aide". "Ce n’est pas parce que j’ai gagné des médailles aux JO que ce n’est pas difficile dans ma vie. (…). Ce n’est pas possible qu’autant de femmes soient en dépression comme ça et ne soient pas aidées", s’agace-t-elle.

Laure Manaudou appelle notamment à un meilleur suivi des mères. "Je pense qu’on ne nous dit pas tout. Quand on accouche, on ne nous parle pas du corps qui change, des kilos qui peuvent rester, de l’humeur, de la fatigue… Tout ce changement physique et hormonal, c’est un tsunami", souligne-t-elle. Une prise de parole libératrice qui contribue à déstigmatiser la dépression post-partum, comme l'avaient fait avant elle Kylie Jenner et Alanis Morissette.


Delphine DE FREITAS

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