L’acteur et réalisateur américain de 69 ans est au Festival de Cannes pour lever le voile sur "Horizon".
Une saga sur la naissance de l’Amérique dont le premier volet, présenté hors compétition, sortira en France le 3 juillet prochain.
TF1info a rencontré cette légende de Hollywood avant une montée des marches très attendue.

Il n’avait pas réalisé depuis Open Range, il y a 20 ans. De nouveau au sommet grâce au succès de la série Yellowstone, Kevin Costner, 69 ans, a décidé de renouer avec la mise en scène de cinéma avec Horizon, une saga sur la naissance de l’Amérique que le réalisateur oscarisé de Danse avec les loups a coécrit et financé lui-même. Du grand spectacle pour raconter la marche risquée des colons vers l’Ouest, la résistance des tribus indiennes et une bonne dose de romance aussi. Alors que le premier volet est attendu sur nos écrans le 3 juillet, son auteur a fait une pause dans le tournage du troisième pour monter les marches du Festival de Cannes et défendre cette aventure hors norme.

Horizon est sans doute le projet le plus ambitieux de votre carrière. Est-ce que les gens du métier vous ont dit que vous étiez fou de vous lancer dans une telle aventure ?

Oui ! Quand j’ai commencé à bosser sur Horizon en 1998, je pensais faire un seul film et personne ne voulait m’aider. Alors quitte à être fou, j’ai finalement décidé d’en faire quatre ! Parce que je crois à l’expérience du cinéma. Lorsque les gens vont s’asseoir dans le noir, ils veulent que quelque chose se produise. Je ne sais pas si ça s’est déjà produit pour vous. Mais c’est l'effet que je voulais. Je veux qu’en sortant de la salle, vous alliez dire à quelque que vous aimez : "va voir ça !".

En Amérique, rien n’était là pour vous protéger, si ce n'est votre propre instinct
Kevin Costner

Pourquoi étiez-vous attiré par ce moment spécifique de l’Histoire des États-Unis. La violence, le côté sauvage de leur naissance ?

Pour la débrouillardise qu'il fallait pour exister à cette époque. Parce qu’il n’y avait pas de loi. Rien n’était là pour vous protéger si ce n'est votre propre instinct. Il y avait beaucoup de dangers. Et il fallait connaitre les choses les plus basiques, comme savoir faire le feu. On oublie que l’Amérique est un pays encore très jeune. Ce film se déroule il y a 200 ans. La terre est vierge. 

En regardant votre film, il est impossible de ne pas penser à l’Amérique actuelle. Que la violence est ancrée dans sa naissance, et qu’elle est toujours présente aujourd’hui. Ce pays est-il si différent qu’à l’époque ?

Non, parce que je crois que lorsque les gens sont arrivés d’Europe, ils fuyaient tous quelque chose. En arrivant, ils devaient se réinventer. À la naissance des États-Unis, il n’y avait pas de villes, pas de monuments comme votre tour Eiffel ou les pyramides. Il n’y avait aucune construction. C’était une terre effrayante, il fallait se frayer un chemin pour prendre la terre et puis la conserver. Se battre, utiliser des armes, ça faisait partie de s’installer en Amérique. L’Europe aussi est née dans le sang. Mais les premières frontières, vous ne pouvez plus les voir de l’avion parce qu’elles remontent à des milliers d’années. Nous, nous n’avons que 200 ans et la violence reste bien ancrée.

Malgré tout, vous aimez toujours autant votre pays, n’est-ce pas ?

J’aime mon pays. J’aime les opportunités que l’Amérique ont donné à des gens qui n'auraient pas pu s’élever s’ils travaillaient pour une monarchie ou un royaume. Où vos enfants, à moins de faire partie de la royauté, n’auraient comme perspective que de servir d’autres gens. L’Amérique, c’était la chance et l’opportunité de se recréer. Sa place dans l’Histoire, c’est une page blanche. Sauf pour les gens qui étaient déjà là, les Amérindiens, qui ont été déplacés et que nous avons détruits. L’Amérique, c’était une promesse pour le monde entier. Et les gens viennent toujours parce qu’ils pensent qu’ils vont trouver quelque chose qu’ils n’ont pas là d'où ils viennent.

Vous avez tourné de nombreux westerns, la série Yellowstone est une version moderne. Avez-vous l’impression d’être né à la mauvaise époque et d’être une sorte de cow-boy d’un autre siècle ? 

Un petit peu parfois. Bien sûr j’ai fait des films politiques, des comédies, des films sur le sport. Plein de choses différentes. Mais je suis toujours revenu vers l’Ouest parce son Histoire est tellement dramatique.

>> Horizon, une saga américaine Chapitre 1 de Kevin Costner. Avec Kevin Costner, Sienna Miller. Sam Worthington. 3h01. En salles en France le 3 juillet


Jérôme VERMELIN à Cannes

Tout
TF1 Info