Iran : le cinéaste Jafar Panahi doit purger une peine de six ans de prison pour "propagande contre le régime"

Jérôme Vermelin
Publié le 19 juillet 2022 à 13h51
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Le cinéaste de 62 ans vient d’être incarcéré pour purger une peine de six ans de prison, prononcée contre lui en 2010.
Resté libre à l’époque, il avait reçu l’interdiction de travailler et de s’exprimer dans les médias.
La semaine dernière, l’auteur de "Taxi Téhéran" avait apporté son soutien à deux collègues, accusés de trouble à l’ordre public.

Scénario cauchemar pour Jafar Panahi. Interpellé le 11 juillet dernier à Téhéran, alors qu’il était venu apporter son soutien à deux de ses confrères, Mohamed Rasoulouf et Mostafa Aleahmad, arrêtés quelques jours plus tôt pour "troubles à l’ordre public", le cinéaste iranien de 62 ans vient d’être envoyé en prison pour y purger une peine de six ans, prononcée contre lui en 2010.  L’annonce a été effectuée ce mardi par le porte-parole du ministère de la Justice, Massoud Sétayechi, lors d’une conférence de presse. 

Lion d’or en 2002 à Venise avec Le Cercle, un film qui dénonce le manque de liberté dans son pays, Jafar Panahi est une figure de l’opposition au régime iranien. En mars 2010, alors qu’il doit participer au Festival de Cannes, il est arrêté avec sa famille, accusé de soutenir le mouvement de protestation contre la réélection de l’ultra-conservateur Mahmoud Ahmadinejad. Victime de mauvais traitements, il entame une grève de la faim et obtient sa libération sous caution le 25 mai.

Il tournait malgré l'interdiction

En décembre 2010, cet ancien assistant d'Abbas Kiarostami est finalement condamné à six ans de prison pour "propagande contre le régime", une peine qui provoque des tensions entre le pouvoir politique et judiciaire. Il reste finalement libre, mais se voit assigné à résidence, avec l’interdiction de réaliser, écrire, voyager ou s’exprimer dans les médias. Ce qui ne l’empêche pas de tourner clandestinement, en numérique ou l’iPhone.

Ce sera notamment le cas avec Ceci n’est pas un film, sélectionné hors compétition au Festival de Cannes en 2011, qui arrive jusqu’à la Croisette par l’intermédiaire d’une clé USB. C’est encore avec ces méthodes de débrouille qu’il réalise Pardé en 2013 et Taxi Téhéran, Ours d’or à Berlin en 2015. Puis Trois visages, prix du scénario à Cannes en 2018, son dernier film à ce jour.

Lire aussi

La semaine dernière, l’arrestation de Jafar Panahi avait été dénoncée par le monde du cinéma, les festivals de Cannes, de Venise et de Berlin déclarant leur soutien au cinéaste. Vendredi dernier, le Quai d’Orsay avait réclamé  "la libération immédiate" des personnalités iraniennes "engagées pour la défense de la liberté d’expression dans leur pays" et dénoncé "la détérioration inquiétante de la situation des artistes en Iran".


Jérôme Vermelin

Sur le
même thème

Articles

Tout
TF1 Info