"Irresponsable" : et si la meilleure série comique de l'année était française ?

Romain Cheyron
Publié le 20 juin 2016 à 15h40, mis à jour le 22 décembre 2016 à 16h23
"Irresponsable" : et si la meilleure série comique de l'année était française ?

COUP DE COEUR - OCS lance ce lundi 20 juin "Irresponsable", petit bijou de comédie créée par Frédéric Rosset et portée par des acteurs aussi touchants qu'hilarants. Metronews vous propose un petit zoom, entre critique et interviews.

Irresponsable fait partie de ces séries qui nous touchent dès l'instant où nous envoyons le premier épisode. Avec ses personnages très humains et ses situations très familières. OCS lance ce soir cette dramédie imaginée par Frédéric Rosset il y a plus de deux ans, alors qu'il travaillait sur son projet de fin d'études à la Fémis. Alors qu'un épisode pilote est tourné, Irresponsable tape rapidement dans l'oeil de la société Tetra Media, et notamment d'Antoine Szymalka.

Irresponsable c'est cette tranche dans la vie de Julien (incarné par Sébastien Chassagne) qui retourne vivre chez sa mère, la trentaine passée. Au chômage et viré de sa colocation, il revient à Chaville, en banlieue où il a grandi. Il retrouve au hasard Marie (Marie Kauffmann) son amour de jeunesse qui avait disparu du jour au lendemain et apprend qu'il est père d'un enfant de 15 ans, Jacques (Théo Fernandez). Pour Frédéric Rosset, tourner à Chaville était une évidence.

Un ado qui ne veut pas devenir adulte

Frédéric Rosset nous explique que "l’idée est arrivée comme ça, mais le sujet rassemble deux de mes envies : dans notre génération c’est quoi d’être trentenaire aujourd’hui (certains veulent encore rester ado et ne pas rentrer dans la vie active, et d’autres ont été contraints d’abandonner l’adolescence et devenir adulte à 15 ans, c’est notamment le cas de Marie, qui a eu cet enfant) et qu’est ce que c’est que d’être adolescent dans cette banlieue, qui pour le coup est beaucoup plus personnel. "

Pour Antoine Szymalka, les personnages écrits par Frédéric Rosset sont le points forts du projet : "on voulait avoir de vrais personnages, qui agissent naturellement, chez qui on peut se retrouver, qui ont des qualités et des faiblesses. On voulait des enjeux très humains". Le talent de son créateur et une pincée de chance font que la série est ensuite repérée par OCS, qui lance la production d'une première saison de 10 épisodes : "généralement on ne sort pas de la Fémis en devenant showrunner de sa propre série, mais OCS fait confiance aux jeunes créateurs qui ont tout à prouver, et leur laisse toute la liberté qu’ils veulent." confie Frédéric Rosset.

La touche personnelle de ce dernier se ressent dans l'écriture, les personnages, et dans les cadres du réalisateur  Stephen Cafiero, lui aussi originaire de cette ville de banlieue. " On a vraiment voulu travailler les costumes, avec des images assez franches, qui vont assez bien avec cette ville. Il y a un côté BD qui me plaît énormément" nous explique Frédéric Rosset. Les "curseurs de la comédie sont poussés au maximum" et les personnages font vivre l'histoire et trouvent la place de s'exprimer dans des cadres souvent fixes. Et si cela fonctionne à merveille, a u delà de l'écriture et de la mise en scène,  c'est parce que la plupart des acteurs viennent du théâtre. 

Entre maladresse et sincérité

Mais plus que de la comédie, Irresponsable nous touche par sa sensibilité, ses émotions et le mélo qui prend de plus en plus de place au cours de la saison. Frédéric Rosset nous confie que cette évolution, de la comédie vers le drame était "une évidence dès le début". En précisant que "le personnage de Marie symbolise parfaitement cette évolution. Elle se met de plus en plus en avant et on décale l’humour vers quelque chose de plus émotionnel."

Mais si Irresponsable fonctionne si bien, c'est en grande partie grâce à Sébastien Chassagne, l'interprète de Julien, impeccable dans ce rôle de trentenaire maladroit mais sincère. L'acteur nous explique : "il y a du Sébastien en Julien. Il est naturel, donne de l'humanité au personnage, ce qui le rend sympathique". Parce que Julien est un adepte des petits mensonges qui se transforment en grosses conséquences. Un effet papillon ambulant. Tout ce que Julien entreprend, il le fait de travers.

La découverte de sa paternité est un virage à 180° dans sa vie et il ne sait pas comment gérer l'arrivée de cet adolescent, alors qu'il n'est lui-même pas vraiment adulte. Pote ou père, il ne sait pas vraiment comment prendre la situation. Sébastien Chassagne confie qu'il serait "facile d'en faire un personnage antipathique, s'il n'y avait pas ce côté humain.

L'alchimie fonctionne parfaitement entre tous les acteurs et actrices, notamment " grâce à une excellente ambiance sur le tournage. Et pour ça on peut remercier l’équipe et notamment Stephen le réalisateur qui a installé cette ambiance de travail", insiste Marie  Kauffmann. Ils sont aussi beaucoup aidés par des dialogues précis, justes et qui tapent souvent dans le mille. 

"Tout le monde s’est investit personnellement", confie enfin Sébastien Chassagne, Et cela se voit à l'écran. On s'investit avec eux dans l'histoire et sommes de plus en plus touchés à mesure que la saison avance et qu'on apprend à connaître ces personnages plus complexes qu'ils n'y paraissent. On attend avec impatience une saison 2.


Romain Cheyron

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