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"Je réclame le droit de coucher avec qui je veux" : les mots très forts de Maïwenn dans "Stupéfiant"

Jérôme Vermelin
Publié le 23 janvier 2018 à 7h12
"Je réclame le droit de coucher avec qui je veux" : les mots très forts de Maïwenn dans "Stupéfiant"

Source : Twitter @France2

ÉMOTION - Dans "Stupéfiant", ce lundi soir sur France 2, la comédienne et réalisatrice Maïwenn a lu à Léa Salamé un texte où elle livre son regard sur la libération de la parole des victimes d’agression sexuelle. "Arrêtons de nous juger les unes les autres", implore notamment la cinéaste, quelques jours après la tribune polémique signée par Catherine Deneuve.

C’est l’une des réalisatrices les plus talentueuses de sa génération. L’une des plus insaisissables aussi. Dans "Stupéfiant", le magazine culturel présenté par Léa Salamé, Maïwenn s'est exprimée pour la première fois sur la libération de la parole de nombreuses femmes, suites aux révélations de l’affaire Weinstein.

Au lieu d’une interview classique, la jeune femme a préféré lire un texte qui devrait beaucoup faire parler, quelques jours après la publication de la tribune sur la "liberté d’importuner", signée dans Le Monde par 100 femmes, dont Catherine Deneuve, Brigitte Lahaie et Catherine Millet. Et qui leur a valu de vives critiques de la part d'associations féministes, dans les médias et les réseaux sociaux.

Je réclame le droit de coucher avec qui je veux pour le temps d’une nuit, sans être une femme facile quand les hommes sont des séducteurs

Maïwenn

"Ecrire un film, écrire une lettre, écrire un SMS, employer des mots et des phrases qui ne veulent pas dire la même chose pour vous que pour moi, commence la réalisatrice de "Polisse" et de "Moi Roi". Je réclame le droit de panser mes plaies comme je le veux. Je réclame le droit de coucher avec qui je veux pour le temps d’une nuit, sans être une femme facile quand les hommes sont des séducteurs. Je réclame le droit d’avoir du pouvoir dans mon travail sans faire peur aux hommes, je réclame le droit d’être draguée avec maladresse avec insistance et d'appeler cela 'importuner' si je le veux."

Maïwenn continue en évoquant le clash qui a opposé l’élue écolo Sandrine Rousseau et l’écrivain Christine Angot sur le plateau de l’émission "On n’est pas couché". "Je réclame qu'on ne juge pas une femme si elle a eu besoin d'écrire un livre sur son histoire de harcèlement sexuel", dit-elle. "Je réclame le droit qu'on ne juge pas une femme qui pense qu'on doit se débrouiller seule après un viol. Nous ne sommes pas tous égaux dans la douleur et dans la résilience et nous n'avons pas la même capacité mentale ou physique de nous remettre de nos traumatismes", poursuit encore la réalisatrice.

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"Ne jugeons pas une femme qui aime la violence pendant qu’elle fait l’amour. Ne jugeons pas une femme qui ne se remet pas d’une main aux fesses. Ne jugeons pas des femmes intellectuelles qui prennent la parole et bousculent nos mœurs. Par pitié, arrêtons de nous juger les unes les autres", poursuit-elle, avant d’être rattrapée par l’émotion. Maïwenn va cacher son visage – et ses larmes – quelques instants avant de conclure : "Quelque chose d'historique est en train de se jouer, en ce moment, alors soyons unies. Chacun doit pouvoir souffrir de ce qu'il veut, comme il veut et quand il veut. On va y arriver."


Jérôme Vermelin

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