Johnny Depp et Jeff Beck poursuivent en justice le professeur qui les accuse de plagiat

par Jérôme VERMELIN
Publié le 24 octobre 2022 à 17h16
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

La star hollywoodienne et le rockeur britannique ont décidé d’attaquer en justice le professeur de folklore américain Bruce Jackson.
Ce dernier dénonçait cet été les fortes ressemblances entre leur chanson "Sad Motherfuckin’ Parade" et le poème d’un prisonnier, publié en 1974.

18, leur album commun paru cet été, n’a pas franchement fait trembler les charts. Mais Johnny Depp et Jeff Beck n’apprécient pas qu’on s’en prenne à l’honnêteté de leur travail. Les deux hommes viennent en effet de déposer plainte contre Bruce Jackson, un professeur spécialiste du folklore américain qui affirme que les paroles de la chanson "Sad Motherfuckin’ Parade" ressemble un peu trop au poème d’un prisonnier noir qu’il a consigné dans un ouvrage paru en 1974.

Dans ce texte, intitulé "Hobo Ben", le narrateur décrit les pérégrinations d’un vagabond baptisé Slim Wilson. S’invitant à une fête, il s’adresse à l’organisateur en disant : "I’m raggedy I know, but I have no stink (Je suis débraillé, je sais, mais je ne pue pas)", "God bless the lady that’ll buy me a drink (que Dieu bénisse la dame qui me paiera un verre)" ou encore "What that funky motherf*cker really need, is a bath (Ce dont cet enf**** a vraiment besoin, c'est d'un bain)".

C’est comme si un cambrioleur poursuivait le propriétaire de la maison qu’il a essayé cambrioler parce qu’il s’est coupé la main en entrant par la fenêtre

Le professeur Bruce Jackson

Ces paroles, on les retrouve quasi à l’identique dans la chanson de Johnny Depp et Jeff Beck puisque l’acteur chante notamment : "Je suis débraillé, je sais, mais je ne pue pas", "Dieu bénisse la dame qui me paye un verre" ainsi que "Ce dont cet enf**** a vraiment besoin, c'est d'un bain". Troublant, n’est-ce pas ? Pour Bruce Jackson, le plagiat ne fait aucun doute.

"Ils n’ont pas écrit un mot de "Sad Motherfuckin’ Parade" et ils poursuivent la personne qu’ils ont volé et qui les a pris la main dans le sac", réagit le professeur à plainte dans un entretien accordé à Rolling Stone. "De mon point de vue, c’est comme si un cambrioleur poursuivait le propriétaire de la maison qu’il a essayé cambrioler parce qu’il s’est coupé la main en entrant par la fenêtre."

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Lorsque l’affaire avait éclaté, Johnny Depp et Jeff Beck avaient fait savoir qu’ils étaient prêts à modifier les crédits de la chanson si la requête leur paraissait appropriée. Leurs avocats leur auraient-ils fait changer d’avis ? S'ils admettent dans leur plainte qu’il "pourrait y avoir des éléments qui reflètent les mots" du prisonnier, les deux artistes assurent que  "Sad Motherfuckin’ Prade" est "une œuvre originale".

La démarche du duo est d'autant plus surprenante que le professeur Bruce Jackson ne les a pas attaqués en justice jusqu'ici. Réclamant un accord amiable, il souhaitait que ces derniers versent directement une somme d’argent à une organisation chargée de la préservation de la culture afro-américaine. Ce ne sera visiblement pas le cas.


Jérôme VERMELIN

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