VIDÉO - Kad Merad dans "Un Triomphe" : "C'était facile pour moi de jouer un galérien"

Propos recueillis par Rania Hoballah
Publié le 31 août 2021 à 20h19
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

INTERVIEW – Dans "Un triomphe", ce mercredi dans les salles, il incarne un comédien sur la touche qui monte une pièce de théâtre avec des prisonniers. Un film touchant tiré d'une histoire vraie.

C'est une histoire incroyable… Mais vraie. Dans Un triomphe, qui sort ce mercredi dans les salles, Kad Merad joue le rôle d'un acteur en galère qui accepte d'animer un atelier de théâtre dans une prison. Étonné par le talent des détenus, il décide de monter une pièce sur une véritable scène. Une aventure folle inspirée de l'histoire vraie de Jan Jönson, un comédien suédois qui a monté En attendant Godot de Samuel Beckett avec les détenus d'une prison de haute sécurité en 1985. Un rôle en or pour Kad Merad qui s'est beaucoup identifié à son personnage. 

Un triomphe est inspiré d'une histoire vraie : ça donne une saveur particulière au film ?

Oui, ça donne une saveur particulière même si ce n'est pas vraiment un biopic. On ne raconte pas la vie d'un homme. On a un peu transformé et adapté son histoire à la France aujourd'hui. Mais quand on pense que ce type-là, il a vraiment vécu cette histoire, ça ajoute de l'émotion au film.

Jouer un acteur raté quand on est une star, ça fait quoi ?

J'aime bien le mot star. Nabila est une star, non ? Aujourd'hui les influenceurs sont plus célèbres que nous. Je veux bien moi porter des sacs à main et me photographier, mais ce n'est pas comme ça que je vois le travail. Je suis connu, donc ça fait peut-être de moi une star. Mais être célèbre ce n'est pas le plus important, moi ce qui me motive, c’est l'envie. Je suis encore flatté aujourd'hui quand un metteur en scène m'appelle et me dit qu'il a pensé à moi pour un rôle.

Des séminaires à animer, des castings ratés, des salles vides, tout ça j'ai connu

Kad Merad

La galère, vous avez connu aussi ? 

Oui et ça m'a aidé à préparer le rôle. C'était facile pour moi de jouer ce pauvre type sur la touche, ce galérien. Mais j'étais quand même moins emmerdeur que lui ! J'ai 57 ans, mon premier film, je l'ai fait à 40 ans. Entre 20 et 40 ans, à votre avis, qu'est ce qui s'est passé ? Je n'ai pas enfilé des perles ! Des séminaires à animer, des castings ratés, des salles vides, tout ça j'ai connu, bien sûr.

Ça fait quoi de tourner dans une vraie prison ? 

Ça remue. On ne peut pas s'empêcher de se dire que ce mec-là, il ne va pas sortir. Vous le soir, vous rentrez chez vous, vous embrassez vos enfants, vous regardez la télé et vous faites un petit dîner. Malgré tout ce qu'ils ont fait dans leur vie, il y a une forme de respect. 

Le théâtre peut-il sauver les gens ? 

Sauver je ne sais pas, mais ça peut améliorer ce que qu'on pense de soi-même et aider à se réinsérer, oui. Le théâtre peut permettre, d'une certaine façon de s'évader. C'est un peu ce que je dis pour un prisonnier ! Mais c'est une vraie libération de faire rire des gens. 

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Le monde de la culture a été très impacté par la crise sanitaire. Comment avez-vous vécu cette période ? 

Moi, j'étais un peu désespéré. Je n'étais pas en colère parce qu’on était tous dans le même bateau. J'étais un peu fataliste : on a fait une connerie et on va payer maintenant. Et je trouve qu'on ne s'en est pas trop mal sorti, car aujourd'hui, on peut aller au cinéma, au musée, au restaurant. À condition d'avoir le pass sanitaire. C'est la condition. C'est comme pour conduire, il faut un permis. 


Propos recueillis par Rania Hoballah

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