La "connasse" du Nouvel Obs répond à Renaud : "Venez me le dire en face"

Jérôme Vermelin
Publié le 5 octobre 2016 à 16h38
La "connasse" du Nouvel Obs répond à Renaud : "Venez me le dire en face"

Source : SIPA

RIPOSTE – Samedi dernier, lors de son concert à Evry, Renaud s’en est pris à une journaliste du "Nouvel Observateur". Dont il n'a pas cité le nom… mais qu'il a traité de connasse. L’intéressée s’est reconnue, et lui répond dans une lettre ouverte qui vaut le détour.

Mais pourquoi tant de haine ? Et surtout à l’encontre de qui ? Samedi dernier, à Evry, Renaud donnait le coup d’envoi de la tournée la plus attendue de l’année. Avant d’entonner "Hyper Cacher", l’un de ses nouveaux titres, le chanteur s’est adressé au public de manière un brin énigmatique. "Je préfère écrire des chansons sur des vérités qui dérangent plutôt que sur des mensonges qui font sourire. Cette chanson, je la dédie à la connasse du Nouvel Obs", a-t-il lancé. 

Quelques jours plus tard, la connasse en question sort de son silence. Elle s’appelle Sophie Delassein, et livre sa vérité dans une lettre ouverte publiée par Le Plus. D’après la journaliste, le contentieux remonte à l’année 2006, lorsque le chanteur publie aux Editions Textuel un recueil de ses chansons. Dans une marge, parmi d’autres dessins griffonnés, elle est étonnée de découvrir une croix gammée.  Par mail, elle demande une explication qui arrive sous la forme d’une lettre officielle. 

Comme si j’avais titillé une âme mal à l’aise avec un passé pesant

Sophie Delassein

"Vous vous défendiez d’être "antisémite". Je ne vous soupçonnais pas de l’être ! En retour, avec cette violence qui vous anime parfois, vous menaciez de me traîner en justice si jamais je commettais l’imprudence de "nuire à votre image"", raconte Sophie Delassein. "Ah ! votre image ! Comme si j’avais titillé une âme mal à l’aise avec un passé pesant, oppressant, honteux. Un passé qui, s’il ressurgissait publiquement ferait scandale et salirait cette belle image d’anarcho-mitterrandiste, d’humaniste de gauche, d’arbitre intransigeant entre le bien et le mal."

 

La journaliste fait référence à un épisode que Renaud relate dans son autobiographie, Comme un enfant perdu, parue en mai dernier aux éditions XO. Par un cousin, qui les traitent, lui et son frère Thierry de "fils de collabo", Renaud apprendra enfant que son père a travaillé durant toute la guerre pour Radio-Paris, la radio de propagande allemande. "Fils et petit-fils de collabo, c’est lourd à porter, je veux bien le croire", observe Sophie Delassein dans sa lettre (…) Ce passé vous appartient, à vous et à ceux de votre famille qui portent en titubant le nom Séchan."

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Depuis cet épisode, plus aucun échange ne sera possible entre le chanteur et la journaliste. "Chaque fois qu’un de vos albums sortait, jusqu’au printemps dernier et la parution de Renaud, j’émettais le souhait de vous interviewer. Chaque fois vous refusiez. Il vous arrivait de m’insulter dans d’autres journaux, j’étais déjà celle qui avait l’audace inouïe de contester la qualité de vos chanson", déplore cette dernière, avant une ultime tentative.

"J’étais déjà et je reste donc "La connasse de L’Obs". Celle qui ose vous demander "pourquoi cette croix gammée ?", celle qui pense qu’on ne peut pas à la fois vendre son intimité et fustiger les paparazzis qui vous shootent en mode clochard, le regard hagard (…) Alors, plutôt que de me traiter tous les soirs de "connasse" devant une foule d’avance conquise, une foule éprise, je vous invite à venir me le dire en face que je suis une "connasse". Bien en face, Renaud. Un peu de courage. Venez."


Jérôme Vermelin

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