MATCH – Stephen Frears tire le portrait de Florence Foster Jenkins, riche new-yorkaise qui se rêve chanteuse d’opéra malgré sa voix de castafiore. L’histoire vraie de cette bourgeoise mondaine avait déjà inspiré "Marguerite", le succès de Xavier Giannoli avec Catherine Frot. Cela vaut-il le coup dans ce cas de se déplacer pour ce nouveau film avec Meryl Streep ? Metronews joue la comparaison pour vous aider à trancher.

► Adaptation vs biopic
Là où Xavier Giannoli n’adaptait que très librement la vie de Florence Foster Jenkins, c’est le biopic qu’a choisi le réalisateur de The Queen. Son long-métrage se concentre ainsi sur la préparation de son excentrique héroïne pour son premier concert en public au Carnegie Hall en 1944. Alors que Marguerite était psychologiquement très fragile, voire dépressive, Florence est ici physiquement malade, la syphilis ayant provoqué chez elle perte de cheveux, infertilité et souffle court. Les seconds rôles, du prof de chant arnaqueur au mari aimant, sont en revanche caractérisés quasi à l’identique.

► Comédie vs tragédie
On se souvient encore des solos drolatiques et mémorables de Catherine Frot sur grand écran. Mais, outre ces quelques séquences, Marguerite était surtout tragique et poétique, son héroïne utilisant le chant pour combler le vide affectif et attirer l’attention de son mari. Le film anglais, a contrario, embrasse plus pleinement la comédie, dans les scènes de massacre mélodique bien sûr, mais aussi à travers l’interprétation de Simon Helberg, acteur au corps et au visage très expressifs tout droit sorti d’un film muet : il est irrésistible en pianiste de l’héroïne.

► Meryl Streep vs Catherine Frot
Bouleversante de tristesse et de fantaisie en Marguerite incapable de faire le distinguo entre la fiction et la réalité, Catherine Frot avait décroché, à juste titre, le César de la meilleure actrice. Et si Meryl Streep fait le job avec la classe et la justesse qu’on lui connaît, son personnage, moins nuancé que celui de sa consoeur, ne marquera sans doute pas autant que celui qu’elle campait par exemple dans Sur la route de Madison.

► Hugh Grant vs André Marcon
La première qualité de Florence Foster Jenkins, c’est lui : le revenant Hugh Grant. Depuis Quatre Mariages et un enterrement ou Notting hill, l’acteur n’avait pas été aussi drôle et attendrissant que dans la peau de St Clair, comédien raté qui, malgré une double vie avec une maîtresse plus jeune, aimait sincèrement et loyalement sa conjointe "officielle" et faisait tout pour la protéger. Si André Marcon était irréprochable en époux inconscient du mal-être de sa femme dans la V.F, son homologue britannique emporte tous les suffrages quand il fait taire les moqueurs ou sourit avec compassion à sa compagne en pleine représentation. Il en vole même la vedette à sa partenaire !

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La rédaction de TF1info

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