La grève à Europe 1 prend fin après 5 jours de mobilisation

R.H. avec AFP
Publié le 23 juin 2021 à 17h06
Europe 1 appartient au groupe Lagardère, dont Vincent Bolloré est devenu le premier actionnaire via sa filiale Vivendi.

Europe 1 appartient au groupe Lagardère, dont Vincent Bolloré est devenu le premier actionnaire via sa filiale Vivendi.

Source : AFP

MÉDIAS - Inquiets du rapprochement entre la radio et CNEWS, chaîne d'information du Groupe Canal+, les salariés ont voté la reprise du travail après un accord avec la direction de la station.

La grève déclenchée vendredi dernier a pris fin à Europe 1, ont annoncé à l'AFP des représentants de salariés après une rencontre avec la direction. La présidente de Lagardère News, qui détient Europe 1, Constance Benqué, s'est engagée à "ouvrir des discussions sur une 'sorte de clause de conscience' qui puisse permettre à ceux qui voudraient partir de le faire" avec des indemnités, comme le réclamaient les grévistes, a expliqué à l'AFP Jean-Gabriel Bourgeois, le président de la société des rédacteurs (SDR). La clause de conscience permet aux journalistes en désaccord avec un changement de ligne éditorial de quitter leur média avec des indemnités, mais ce dispositif n'est juridiquement pas compatible avec le statut d'agence de presse dont bénéficie Europe 1, a-t-il précisé.

"La grève s'arrête mais elle n'est pas terminée", a assuré le syndicaliste, promettant "d'autres actions" à venir "pour maintenir la pression sur la direction". 

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Déjà inquiets d'un arrimage à la chaîne d'info du groupe Canal+, les salariés d'Europe 1 avaient menacé la semaine dernière de se mettre en grève, avant de mettre leur menace à exécution, si la direction ne revenait pas sur une procédure de sanction disciplinaire visant le journaliste Victor Dhollande de la radio du groupe Lagardère, "convoqué pour un entretien préalable" pouvant "aller jusqu'au licenciement", comme l'expliquait à l'AFP Olivier Samain, délégué syndical SNJ. Une procédure de mise à pied qui a lieu dans un contexte d'inquiétude grandissant sur l'avenir éditorial de la radio. La procédure de sanction disciplinaire visant le journaliste "suit son cours", au grand dam des grévistes, "mais on a senti une volonté de ne pas l'assommer", a expliqué Jean-Gabriel Bourgeois. 

Dans une tribune publiée jeudi dernier sur le site du Monde, la société des rédacteurs d'Europe 1 et l'intersyndicale exprimaient leurs inquiétudes, refusant "de devenir un média d'opinion" à "l'aube d'une année électorale". "En liant son sort à une chaîne qui s'illustre à longueur de journée par un activisme politique fortement ancré à droite, voire parfois à l'extrême droite, Europe 1 va perdre ce qui lui reste de plus précieux : son capital de crédibilité auprès des auditeurs", estimaient-ils.


R.H. avec AFP

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