Prise à partie lors de la cérémonie des Molières, la ministre de la Culture a pris la parole pour apporter une réponse.
Certains, à l'instar du député LFI Aymeric Caron, mettent en cause la spontanéité de son intervention et s'interrogent sur le fait qu'elle ait rapidement pu saisir un micro.
L'entourage de Rima Abdul Malak et la productrice de la cérémonie démentent toute mise en scène.

Lundi 24 avril au soir, deux comédiennes membres de la CGT-Spectacle interviennent sur la scène du théâtre de Paris, lors de la cérémonie des Molière. Toufan Manoutcheri et Lucie Astiert interpellent la ministre de la Culture, présente dans la salle. 

Rima Abdul Malak se lève et prend la parole, s'emparant d'un micro pour défendre son bilan et son action. 

Cette scène surprenante a suscité de multiples réactions. Alors que la majorité salue le "courage" de la représentante du gouvernement, des membres de l'opposition suspectent une forme de mise en scène. "Que de hasards : un micro-main qui tombe dans les mains de la ministre quelques secondes après avoir été interpellée", glisse par exemple le député LFI Aymeric Caron.

Des micros dans la salle ? "C’est une sécurité !"

TF1info a cherché à comprendre comment s'était déroulée la soirée et a sollicité la productrice de la cérémonie. Comment expliquer que Rima Abdul Malak ait eu accès à un micro ? "On a toujours des micros en salle en cas d’incident", lance d'emblée Alexandra Clément, "c'est une sécurité !" Notamment lorsqu'il faut rapidement réagir en cas de problème technique lors du tournage, précise-t-elle. Il s'agit d'un pratique tout à fait habituelle lors de la réalisation télévisée de tels événements. A fortiori dans un contexte délicat : "Notre car-régie est très loin : entre lui et le théâtre, notez qu'il y avait les manifestants de la CGT, donc il nous était impossible de traverser. Les conditions n'étaient pas super fluides lundi soir." Des casserolades attendaient notamment la ministre. 

L'entourage de Rima Abdul Malak apporte des précisions sur la façon dont la soirée a été préparée : "La CGT Spectacle avait annoncé publiquement une action aux Molières", confie-t-on à TF1info. Dans le même temps, "la CGT Énergie avait expliqué envisager de couper le courant aux grands événements culturels". Dans ce contexte, "on avait anticipé plusieurs scénarios pour la soirée des Molières et la ministre envisageait de s’exprimer d’une manière ou d’une autre : à l’entrée du théâtre si elle était bloquée, aux journalistes présents (il est d’usage de donner des interviews sur place), ou directement dans la salle pendant la cérémonie."

Différentes hypothèses semblaient plausibles : "On a imaginé une coupure de courant dans la salle, un concert de casseroles ou encore un texte lu sur scène par des militants, comme c’est déjà arrivé plein de fois." Il s'agit en effet du "lot de toutes les cérémonies", ajoute l'entourage de la ministre. Cette dernière, nous assure-t-on, "voulait se tenir prête à réagir". Dès lors, "oui, un micro a été demandé dans le cas où elle souhaiterait intervenir". 

Aucun accès en amont au texte lu sur scène

Rima Abdul Malak a-t-elle eu accès texte lu sur scène par les comédiennes avant même la cérémonie ? Cette thèse, avancée à de multiples reprises, s'appuie sur le fait que la production a fait défiler le discours sur des prompteurs (et devait pour cela le récupérer en amont auprès des représentantes syndicales). "C'est n'importe quoi", tranche l'entourage de la ministre, selon qui cette version des faits "orchestrée" émane de personnes qui "veulent faire diversion".

La productrice de la cérémonie, Alexandra Clément confirme quant à elle que ses équipes ont eu accès au texte des deux syndicalistes, mais qu'il a été reçu "extrêmement tard", peu avant le tournage. "Au point qu’Alexis Michalik", qui assurait la présentation de la soirée, "ne savait pas lui-même qui allait monter sur scène. On lui a donné l'info à l’oreillette." La productrice dément également toute fuite d'infos juste avant le tournage et leur transmission à la ministre. "Je défie quiconque de savoir où était l’opérateur prompteur, qui était le seul à avoir le texte", tonne Alexandra Clément, agacée qu'une polémique aux accents politiques prenne une telle ampleur. Elle regrette ainsi que "toute la soirée soit totalement vampirisée".

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Thomas DESZPOT

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