"La Tête dans les étoiles" sur Prime Vidéo : l'humoriste Hakim Jemili "vit un truc dont il a toujours rêvé"

Publié le 5 juillet 2023 à 10h00

Source : Sujet TF1 Info

Après "Validé" et "Miskina", Hakim Jemili tient le premier rôle de la nouvelle comédie made in France de la plateforme d’Amazon, disponible le 6 juillet.
L’humoriste incarne un livreur qui embarque sans le vouloir dans une navette en route vers l’ISS.
"J’adore ce changement de situation assez radicale", note pour TF1info celui qui n’a pas toujours eu pour objectif de faire rire.

Il valide notre proposition de titre pour sa future autobiographie. "Rêvons plus grand". Comme le slogan du PSG qu’il aime tant. "Rêvons usqu’à l’infini même !", s'enthousiasme-t-il. Hakim Jemili "est en train de vivre un truc dont il a toujours rêvé". Une succession de projets à succès qui l’ont installé en bonne place dans le paysage de l’humour français. "Je pense que quand tu commences ce métier, t’as envie d'en arriver là au bout d'un moment", note-t-il avec un large sourire qui ne le quitte jamais. La prochaine étape le verra s’envoler pour l’espace dans une comédie produite par Prime Video, ce jeudi 6 juillet. 

Prime Video

Ali, son personnage, finit littéralement La Tête dans les étoiles. La petite trentaine, il enchaîne les missions de livreur pour payer la pension alimentaire de sa fillette. Une simple livraison dans les locaux de l’ESA, l’agence spatiale européenne, va le conduire par accident jusque dans l’ISS. Ce loser magnifique au grand cœur en rappelle un autre dans sa filmographie. Malek, un livreur contraint de remplacer au pied levé un médecin incarné par Michel Blanc dans Docteur ?. "J’adore ce changement de situation assez radicale, qui est un schéma assez classique en fait", reconnaît Hakim Jemili qui "n’a pas demandé à ce qu’on modifie le scénario" du film Prime Video.  

La plupart des comédiens qu’on voit réussir aujourd’hui, ils avaient une vie avant. On a tous fait des taffs un peu éclatés
Hakim Jemili

"Si on me propose encore un rôle de livreur, je le ferai", affirme-t-il, regrettant qu’"aujourd’hui, on ait très peu de respect pour eux". "On devrait arrêter de juger les gens pour ce qu’ils font. Parce que ça ne veut absolument rien dire dans la vie. La plupart des comédiens qu’on voit réussir aujourd’hui, ils avaient une vie avant. On a tous fait des taffs un peu éclatés", pointe Hakim Jemili qui a lui-même "bataillé de longues années pour essayer de survivre", évoquant son passé d'employé d'un célèbre fast food. "Merci au public de m’avoir donné autant de force parce que ce n’était pas gagné", glisse-t-il.

Sa route débute en Alsace, où il naît en 1989. Le petit Hakim n’a qu’un objectif, être footballeur professionnel. "J’aurais kiffé vivre de ça, c’était ma grande passion. J’aimais tellement être sur le terrain que j’arrivais à m’adapter à différents postes. J’avais fait tellement de sacrifices pour ce sport que je m’étais dit que ça ne pouvait pas s’arrêter comme ça", raconte-t-il. Le rêve se brise à 17 ans, après une blessure. "Une grande tarte" dont il a "mis pas mal de temps à se relever". Ne lui demandez pas quel a été son déclic pour se lancer dans l’humour, il "ne croit pas à la sérendipité"

Hakim Jemili dit avoir "beaucoup parlé à Dieu", dévoilant une facette spirituelle méconnue. "Je pense que c’est ça qui m’a aidé. Je lui ai fait des blagues, j’espère qu’il a apprécié. Je lui ai demandé beaucoup de choses, il m’a donné", avance-t-il. Quand il s’installe à Paris, il préfère dire à ses parents qu’il "va faire une école de commerce". "J’utilisais mon argent pour payer des cours de théâtre en scred. J’ai fait ça pendant 3-4 mois et après je leur ai dit. J’ai tout fait à l’envers. C’est le destin", sourit-il, toujours. "On ne comprenait pas trop ce que je faisais au départ", dit-il de son humour qu’il a un peu de mal à définir quand on lui demande.

"J’ai commencé dans un univers très absurde. Puis j’ai vite compris qu’il fallait aussi que les gens puissent comprendre. J’ai essayé de travailler ça. Tu mets du temps à te chercher, mais tu mets autant de temps à te trouver", ajoute-t-il. Son seul conseil ? "Se laisser vivre et aller là où ton instinct te dit d’aller". "Il faut prendre des risques", insiste-t-il. Sa plus grosse prise de risque a consisté en un geste. Celui qui l’a amené à pousser la porte du Paname Café, un haut lieu du stand-up à Paris. "Le jour où Karim Kachour m’a dit : 'Je vais te donner un plateau humoristique. Tu veux l’animer ?', c’est là que tout a démarré", poursuit-il. 

Distingué par les César, adoubé par l'Olympia

Hakim Jemili a alors 24 ans et se retrouve dans un tourbillon multiplié dans la foulée par YouTube. Hugo Tout Seul et Mister V, "qui étaient déjà des stars d’Internet à l’époque, ont sympathiquement voulu monter un groupe" avec lui et son ami Malcom ToTheWorld. La chaîne de la bande, baptisée Le Woop, compte aujourd’hui plus de 700 millions de vues. "Je n’en serais pas forcément là aujourd’hui sans eux. On a travaillé comme des chiens. Je n’oublierai jamais les mecs du Woop, c’est mes frères à vie", martèle-t-il. 

Six mois après ses débuts sur scène, sa carrière explose. Depuis, son CV continue à s’étoffer. Au générique des séries Validé et Miskina puis de la saison un du jeu "LOL, qui rit sort !", Hakim Jemili tape dans l’œil de l’Académie des César qui l’inscrit à la liste de ses révélations en 2020. "C’était une dinguerie", lâche-t-il. En pleine promotion de Docteur ? près de Lille, il apprend la nouvelle par son partenaire de jeu Michel Blanc entre deux interviews. "J’ai pété un câble ! J’ai appelé ma femme, émotion de ouf", relate-t-il.

Deux ans plus tard, son nom s’affiche en lettres rouges sur la façade mythique de l’Olympia pour son spectacle "Super", produit par Kader Aoun, créateur du Jamel Comedy Club et de la série H avec Jamel Debbouze. Mais, il joue devant 2000 personnes "le cœur un peu éteint". "J’étais trop heureux d’être là, mais la veille, ma belle-mère est décédée. Je venais d’être papa. Ma femme (l’humoriste Fadily Camara, ndlr) est venue, avec mon fils. J’étais en pilote automatique, mais les gens étaient là, il fallait que je donne tout. C’était une des soirées les plus violentes de ma vie", confesse-t-il.

Sur scène comme sur Instagram, où il est suivi par plus de 825.000 personnes, Hakim Jemili s’est donné pour mission de faire rire ceux qui l’entourent. "J’ai une chance dans ma vie, c’est que les gens qui me suivent sont vraiment fidèles. J’ai l’impression qu’ils sont comme moi, ils sont golri. Ils savent que quand tu fais une vanne, ce n’est pas pour blesser, mais juste pour te taper une barre, assure-t-il. Mais, je ne regarde pas forcément ce qui se dit sur moi. Je n’ai aucun problème avec la critique. De toute façon, tu ne peux pas mettre tout le monde d’accord". Sa sincérité, elle, ne pourra jamais être contredite.

>> La Tête dans les étoiles - avec Hakim Jemili, Alice Pol, François-Xavier Demaison et Nawell Madani, sur Prime Video dès le 6 juillet


Delphine DE FREITAS

Tout
TF1 Info