"Le Fils" : la preuve que Jo Nesbo peut vivre sans Harry Hole

Le service METRONEWS
Publié le 18 décembre 2015 à 17h07
"Le Fils" : la preuve que Jo Nesbo peut vivre sans Harry Hole

NOIR, C’EST NOIR – Le crime vous passionne ? Chaque semaine, retrouvez le coup de cœur de Marc Fernandez, notre expert du roman policier. Aujourd'hui : "Le Fils", de Jo Nesbo.

Laver son linge sale en famille, voilà une chose que Jo Nesbo ne sait pas faire, et tant mieux pour nous. Le père de l’inspecteur Harry Hole nous revient avec, cette fois, une histoire dont le héros n’est pas son célèbre flic, mais un toxico pas comme les autres, Sonny, incarcéré, dont le père, un flic corrompu, s’est suicidé. Mais pas de panique, les fans du moins nordique des auteurs norvégiens retrouveront, dans Le Fils (publié, comme ses précédents romans, à la Série noire), tous les ingrédients qui font le succès de Nesbo depuis tant d’années. Du noir bien noir, comme on l’aime.

 C’est qui ?
Jo Nesbo (prononcez Nesbeu) est né en 1960 à Oslo. Ce fils de patron d’une société de transport et de libraire a failli devenir footballeur professionnel, mais une rupture des ligaments croisés en a décidé autrement. Diplômé de la Norwegian School of Economics de Bergen, il devient journaliste économique. Bien loin du rectangle vert, il s’ennuie et se lance dans la musique, avec le groupe pop Di Derre, qui connaît le sommet des charts dans les années 90. Il se lance ensuite dans l’écriture. Son premier roman, L’Homme chauve-souris paraît en 1997 chez lui (en 2002 en France chez Gaïa Polar) et remporte un vif succès. Depuis, chaque parution tutoie les meilleures ventes. Citons, entre autres, Le Bonhomme de neige, Le Léopard, Fantôme ou Police. Nesbo est aussi le créateur de la série Occupied, diffusée par Arte.

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 Ça parle de quoi ?
Sonny est un héroïnomane un peu particulier. Fils d’un flic corrompu qui s’est suicidé. Du moins, c’est ce qu’on lui a raconté toute sa vie. La raison pour laquelle, sans doute, il est devenu un prisonnier modèle, n’hésitant pas à endosser les crimes des autres. Une sorte, aussi, de chaman derrière les barreaux, sa cellule se transformant en véritable confessionnal. Jusqu’au jour où un codétenu lui raconte les circonstances exactes de la mort de son père. Il n’était pas corrompu et il ne s’est pas suicidé. Une tempête dans la tête de Sonny, qui va vouloir se venger à tout prix. Il parvient à s’évader. Démarre alors une course poursuite infernale, avec l’inspecteur Simon Kefas et son adjointe. Kefas a connu le père de Sonny et est persuadé de son innocence. Mais les cadavres s’amoncellent autour de lui et le flic de la Crim doit l’arrêter. Mais peut-on stopper la descente aux enfers d’un fils qui veut rendre justice à son père, par tous les moyens ?

 Pourquoi on aime ?
Nesbo nous fait du grand Nesbo avec Le Fils. Si les inconditionnels de Harry Hole seront déçus de ne pas retrouver leur flic adoré dans cette histoire sombre, ils ne perdent rien au change. Car le grand Jo parvient à nous le faire oublier le temps de ce roman grâce à une intrigue menée tambour battant, un sens du rythme impeccable, des personnages forts, humains, qui lui permettent de dresser un tableau de son pays bien éloigné des clichés de la superbe social-démocratie qu’on veut nous vendre. Il y a quelque chose de pourri au royaume de Norvège, et Jo Nesbo nous le montre sans filtre. Corruption, manipulation, vengeance, rédemption, voilà les thèmes qu’il aborde ici avec son talent de conteur inimitable. Et, comme à son habitude, après nous avoir bien baladé, il nous surprend encore avec un final grandiose. Bref, ce Fils est sans aucun doute l’une des plus belles progénitures de Nesbo. A ne pas manquer.

Le Fils, de Jo Nesbo, trad. Hélène Hervieu. Éditions Gallimard, collection Série noire, 528 pages, 21 € 


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