La 76ème édition du Festival de Cannes débute ce mardi soir avec la projection de "Jeanne du Barry" avec Johnny Depp.
Malgré l'interdiction de manifester aux abords du Palais des Festivals, les syndicats opposés à la réforme des retraites prévoient déjà des actions symboliques.

On est encore loin de mai 1968, où le Festival de Cannes avait été interrompu à la demande des cinéastes, sensibles au vent de contestation qui secouait la France. Mais quand même. Dans un communiqué publié en fin de semaine dernière, la CGT a annoncé son intention de "faire son cinéma" durant la 76e édition qui débute ce mardi avec la présentation du film d'ouverture, Jeanne du Barry de Maïwenn avec la superstar Johnny Depp.

Une réaction directe à l’annonce de la préfecture des Alpes-Maritimes d’interdire toute manifestation aux abords de la Croisette durant 15 jours. Elle n’a rien d’étonnant puisque c’est l’usage depuis de nombreuses années déjà, pour des raisons de sécurité. Mais dans un contexte social tendu, cette décision passe mal auprès des syndicats qui souhaitent profiter d’une manifestation potentiellement médiatisée dans le monde entier pour se faire entendre. 

"Un beau dialogue avec la CGT"

Fin avril, la CGT Énergie avait désigné le Festival de Cannes comme l’un des événements qui pourrait être victime de "perturbations énergétiques" et "se retrouver dans le noir" au même titre que le Festival d’Avignon, Roland-Garros ou encore le Grand Prix de Monaco. Interrogé par TF1info ce lundi en conférence de presse, le délégué général Thierry Frémaux s’est montré aussi attentif que prudent face aux menaces qui pèsent sur le rendez-vous des cinéphiles.

"La Première ministre reçoit les syndicats à partir de mardi à Matignon. Nous parlons, nous avons un beau dialogue avec la CGT. Rien n’est annoncé en ce qui nous concerne pour le moment. On verra bien", a-t-il reconnu. Il est vrai que le Festival de Cannes est un endroit protégé pendant quinze jours. Et en même temps, il fait toujours l’objet d’un certain nombre de revendications parce qu’il leur fait un écho plus important."

Deux manifestations déjà annoncées

Si Johnny Depp devrait gravir les marches du Palais des Festivals en toute tranquillité ce mardi soir, rien ne dit que les stars hollywoodiennes ne croiseront pas les manifestants durant leur séjour sur la Croisette. Dès vendredi, la CGT a ainsi prévu de réunir les salariés du secteur de l’hôtellerie sur le parvis de l’Hôtel Carlton. Un lieu privé exclu de l’interdiction de manifestation, et très symbolique puisqu’il rouvre ses portes après plusieurs années de travaux gargantuesques.

Dimanche 21 mai, l’intersyndicale regroupant CGT, Solidaires, FSU et Unsa organisera une manifestation déclarée sur le boulevard Carnot, en dehors du périmètre interdit. Elle ciblera la réforme des retraites mais aussi celle de l’assurance-chômage et ses conséquences sur les intermittents du spectacle et les saisonniers, très nombreux durant le Festival de Cannes, notamment pour s’occuper des plages qui accueillent les fêtes qui se déroulent chaque soir.

Conscient des enjeux, Thierry Frémaux refuse l'idée d'une manifestation repliée sur elle-même. "Le Festival de Cannes, ce n’est pas seulement présenter une sélection de films. C’est aussi une grande manifestation au cours de laquelle doivent se poser les questions qui sont celles de l’époque", insiste-t-il, annonçant une journée autour du thème du climat en présence du réalisateur et activiste Cyril Dion le lundi 22 mai. 


Jérôme VERMELIN

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