Iran : la révolte du voile

Manifestations en Iran : le coup de gueule de la réalisatrice franco-iranienne Marjane Satrapi contre "le silence" de l'UE

par Jérôme VERMELIN
Publié le 10 octobre 2022 à 17h41
JT Perso

Source : JT 20h WE

Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, la réalisatrice de "Persepolis" appelle les dirigeants européens à prendre des sanctions face à la répression en cours en Iran.
Depuis le 16 septembre et le décès suspect de Mahsa Amini, 95 personnes auraient trouvé la mort suite à la répression des manifestations à travers le pays.

Dans Persepolis, sa bande-dessinée culte devenue un film d’animation à succès, Marjane Satrapi racontait sa jeunesse en Iran, à la fin des années 1970, de la chute du régime du Shah à l’instauration de la République islamique. Aujourd’hui installée à Paris, c’est avec colère qu’elle observe la répression dans le pays depuis la mort de Mahsa Amini, le 16 septembre dernier, après son arrestation par la police des mœurs à cause d’une tenue jugée "inappropriée".

"Nos filles et nos fils sont tués chaque jour en Iran pour la liberté. Le silence serait criminel. Dirigeants européens, j’ai une question : pourquoi ce silence ?", s’interroge Marjane Satrapi dans une vidéo intitulée "Le Silence", réalisée avec la peintre et cinéaste Mitra Farahni. Un montage de trois minutes qui contient plusieurs séquences, certaines insoutenables, tournées ces derniers jours dans les rues de Téhéran et de plusieurs villes du pays.

"Ce que j’ai vécu, la jeunesse le vit maintenant", déclare par ailleurs Marjane Satrapi dans un entretien au quotidien anglais The Guardian. "L’énorme différence avec mon époque, c’est que les garçons n’étaient pas de notre côté", souligne-t-elle. "C’est ce qui me donne de l’espoir, même si toute cette violence me rend extrêmement triste. Il n’y a rien de plus beau et de plus inspirant que leur courage."

Alors que le Canada, les États-Unis et le Royaume-Uni ont d’ores et déjà annoncés des sanctions contre des hauts responsables du régime iranien, le Parlement européen a appelé Bruxelles à agir à son tour. La question devrait être au menu de la réunion des ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept, prévue le 17 octobre.

L’énorme différence avec mon époque, c’est que les garçons n’étaient pas de notre côté

Marjane Satrapi dans "The Guardian"

Le 21 septembre dernier, Emmanuel Macron s’est entretenu avec le président iranien Ebrahim Raïssi, en marge de l’assemblée générale de l’ONU à New York. Face à la presse, le chef de l’État a expliqué avoir "insisté sur le respect des droits des femmes". Depuis, les associations réclament une prise de position plus ferme de la part de la France.

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Depuis le 16 septembre, l'ONG Iran Human Rights (IHR)  fait état d'au moins 95 morts dans la répression des manifestants. 

Vendredi, les autorités iraniennes ont affirmé que Mahsa Amini était décédée des suites d'une maladie et non de "coups", d'après un rapport médical. Des conclusions rejetées par son père qui affirme que la jeune femme était en bonne santé avant son arrestation. 


Jérôme VERMELIN

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