Marc Lavoine dans "Crossing Lines" : "Enlever ma chemise, ce n'est pas mon truc"

Publié le 10 septembre 2014 à 17h37
Marc Lavoine dans "Crossing Lines" : "Enlever ma chemise, ce n'est pas mon truc"

INTERVIEW - La série "Crossing Lines" fait son grand retour avec une deuxième saison, jeudi soir sur TF1. Marc Lavoine, qui interprète le commissaire Louis Daniel, évoque ces nouveaux épisodes, ainsi que sa collaboration avec Donald Sutherland et William Fichtner.

Comment avez-vous appréhendé cette saison 2 ?
J'ai toujours l'impression d'être au premier jour, d'être comme un enfant attendant sur le quai d'une gare qu'on l'embarque pour aller en colonie de vacances, où on ne connaît personne. Je n'ai jamais été quelqu'un qui crie victoire ou est très à l'aise. Pour cette saison, j'avais donc décidé d'être plus proche des sentiments que de la langue elle-même. Ce qu'on voit à l'écran sur la saison 2, c'est aussi une évolution humaine entre les acteurs. S'entendre bien, à ce point-là, ce n'est pas une évidence. 

Ca commence très fort puisque vous êtes pris en otage dès le premier épisode...
On a beaucoup répété l'immersion dans cette cellule. Même si tout ce qui a été tourné n'est pas à l'écran, on sent le poids du travail. Il y a eu des scènes difficiles pour moi car j'étais torse nu et, au départ, ce n'était pas écrit. Je n'aime pas trop ça. Enlever ma chemise, ce n'est pas mon truc. J'évite au maximum de le faire, d’autant plus que je n'ai plus 17 ans. Montrer sa peau, c'est comme embrasser une fille dans un film. C'est difficile ! Dans la vie, j'embrasse ma femme et pas tout le monde (rires) Et on ne montre pas sa peau à tout le monde !

Votre personnage, le commissaire Louis Daniel, va découvrir des éléments clés sur la mort de son fils. Cela aura-t-il un impact au fil de la saison ?
Certaines zones d'ombre vont s'éclairer. Ce qui tient mon personnage, c'est son métier parce qu'il ne peut pas se tenir aux autres. Ils ne sont pas assez solides. C'est pourquoi, j'ai fait un travail sur l'isolement et le fait de se retrouver seul face à la mort. J'ai essayé de travailler là-dessus en reportant mon affection sur mes équipes. Je perds un fils, mais j'ai un rapport avec les personnages de Richard Flood ou Tom Wlaschiha, qui s'inscrit dans ce sentiment paternel. 

"Donald Sutherland a une barbe très douce"

Qu'est-ce qui vous a le plus surpris en travaillant avec Donald Sutherland ?
Sa culture. Il a une barbe très douce et son parfum est assez touchant ! Certaines personnes ont des parfums qui vous conviennent plus que d'autres. Il a aussi quelque chose de chaleureux dans sa façon de vous prendre dans les bras. Il a une sagesse et en même temps une certaine inquiétude. On a l'impression que les gens, parce qu'ils ont traversé les époques, sont plus forts mais finalement, la vie est une succession de petits déséquilibres. On ne peut pas continuer à être acteur si on est trop sûr de son talent. Si les doutes s'en vont, il ne reste rien pour jouer. Si vous commencez à croire que vous êtes la personne qui vous voyez à l'écran ou à l'affiche, je crois que c'est le début de la fin.

Et comment s'est déroulée la collaboration avec William Fichtner ?
On a appris à se connaître sur la saison 1 et on s'est rencontré sur la saison 2. Je l'aime énormément, il me touche beaucoup dans la vie. Je n'avais pas conscience qu'il pouvait être aussi tendre. J'aime beaucoup sa façon de jouer. Hier, j'ai regardé un film avec Kirk Douglas et j'ai trouvé des similitudes. C'est un homme assez impressionnant. Il a une très forte dimension émotionnelle.

Que vous inspire le succès de la série à l'international ?
La première saison a été vendue dans 180 pays. La série a beaucoup marché en Allemagne ou en Italie, mais moins au Chili et aux Etats-Unis, où l'accueil a été mitigé en raison de l'horaire de diffusion, 17h ou 18h. Quand je suis allée en Italie, les gens m'avaient identifié. Les Américains m'arrêtent aussi dans la rue pour me dire qu'ils aiment mon personnage ou me demander s'il y aura une saison 2. C'est nouveau pour moi ! Ce qui me fait surtout plaisir est la réaction du public qui se dit qu'il y a enfin un Français dans un programme qui a la gueule d'une série américaine.

"Jouer la comédie me rend de plus en plus heureux"

Le rythme de tournage d'une série vous a-t-il surpris ?
Oui et non. C'est difficile, mais pour un acteur l'investissement est le même que sur le tournage d'un long-métrage. Mais c'est une expérience que je ne regrette pas du tout. Au contraire, Crossing Lines m'a sensibilisé, mais aussi renforcé. J'ai eu la chance de pouvoir faire quatre films à côté (ndlr Sous les jupes des filles, La liste de mes envies, A tout épreuve et Papa was not a Rolling Stone). Pour l'instant, j'ai hâte que la saison 2 soit diffusée pour voir comment les gens vont l'accueillir.

Etes-vous vous-même accro aux séries ?
Non ! J'ai été accro à Vidocq lorsque j'étais plus jeune, ou à des séries comme Les Saintes chéries et Mission impossible. J'avais un peu décroché et je me suis raccroché. J'aime beaucoup House of Cards, mais aussi Mafiosa et les séries françaises d'aujourd'hui. Le niveau atteint est assez intéressant. Il y a une prise de risque. J'ai l'impression que les Français commencent à assumer qui ils sont. On a toujours eu un petit complexe face aux Américains. Quand je regarde Braquo ou Mafiosa, on n’a pas du tout à rougir de ce que l'on est en train de faire. 

Vous menez de front une carrière d'acteur et de chanteur. A terme, quel rôle choisirez-vous ?
A terme, je me vois plus auteur. A 80 ans, je ne pourrais plus chanter, mais je pourrais toujours écrire. C'est pour ça qu'aujourd'hui, je me mets beaucoup à l'écriture. J'écris un roman et ça me plaît. Mais je vais encore tourner dans d'autres films et j'espère faire du théâtre. J'ai vraiment envie de creuser encore ce domaine, car jouer me rend de plus en plus heureux. Les rôles qu'on me propose sont plus forts, plus profonds et correspondent à mon âge. Je veux avoir peur. Le reste ne m'intéresse pas !


La rédaction de TF1info

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