Mélancolique, dansant et malicieux… Pourquoi on adore "Grand Prix", le nouvel album de Benjamin Biolay

Jérôme Vermelin
Publié le 26 juin 2020 à 18h29
JT Perso

Source : Quotidien

ON ADORE - Benjamin Biolay publie "Grand Prix" (Polydor), un disque où le chanteur, compositeur et producteur utilise tout son savoir-faire pour mettre en musiques ses histoires d’amour contrariées. Irrésistible ?

Ses déclarations cinglantes au sujet du ministre de la Culture ont fait du bruit. La révélation de sa paternité en Argentine aussi. Mais si Benjamin Biolay est au cœur de l’actualité cette semaine, c’est d’abord et surtout grâce à "Grand Prix", son nouvel album. Le dixième en vingt ans pour celui qui est devenu l’une des figures incontournables de la musique française, sans œillère, s’essayant même à l’autotune à la PNL avec le savoureux "Hypertranquille" sur "Volver", en 2017.

Trois ans plus tard, et quelques amours déçues entre temps, l’enfant de Villefranche-sur-Saône, 47 ans, revient avec un disque éclectique, dans les sons comme les intentions, à la fois plus sensible et nerveux que ses prédécesseurs. "Comment est ta peine ?", le premier single, publié pendant le confinement, donnait le ton de crû 2020, le chanteur grondant la déprime qui le gagne sur un groove électro irrésistible.

Chanson, rock, electro... Il est partout

Auteur, compositeur et producteur à la fois, une triple-casquette plutôt rare par les temps qui courent, Benjamin Biolay a du savoir-faire et le démontre au fil de ces 13 titres qui lorgnent tantôt sur le rock anglais ("Idéogrammes"), la ballade ("Vendredi 12") et l’électro ("Virtual Safety Car"). Mais c’est lorsqu’il conjugue toutes ses influences qu’il est le plus efficace, sinon le plus émouvant.

Écrite après la mort du jeune pilote de F1 Jules Bianchi, la chanson "Grand Prix" démarre sur un tempo latino, paroles mordantes et nostalgiques, et bombarde les guitares jusqu’au refrain, euphorique. Avec l’entêtant "Papillon Noir", il met en scène avec malice ses amours contrariées sur des rythmes synthétiques à la New Order. Un autre tube en puissance.

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Entre tradition et modernité, Benjamin Biolay a le chic de ne pas choisir. Ses nouvelles chansons piquent dans tous les univers avec goût. Mises bout à bout elles forment la bande originale d’une romance qui se clôture sur les accents ensoleillés d’"Interlagos (Saudade)" où il partage le micro avec Anna, sa fille aînée de 17 ans. Lorsque le spleen est mis en musique de si belle manière, difficile d’y résister.


Jérôme Vermelin

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