"Miskina, la pauvre" : la pépite d'émotion qu'on n’attendait pas sur Prime Video

Delphine DE FREITAS
Publié le 29 septembre 2022 à 18h40
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

Disponible dès le 30 septembre sur la plateforme d’Amazon, la série de et avec Melha Bedia s’éloigne du rire gras pour frapper en plein cœur.
La vie semée d’embûches de son héroïne, une trentenaire célibataire et sans enfant, ne sert que d’accroche au récit déchirant d’une famille partagée entre la France et l'Algérie.
Une excellente surprise dont on attend déjà la suite, pas encore annoncée.

À force de l’entendre, elle pourrait presque finir par croire que c’est son prénom. Elle s’appelle Fara mais ses proches ont un autre mot pour la qualifier. Miskina, "la pauvre" en arabe. Une interjection lancée à ceux qui n’ont vraiment pas de chance. Ou qui ne cochent pas les cases qu’on attend d’eux. À 30 ans, elle n’a pas d’appart, pas de boulot, pas de petit ami non plus. "Mais une forte myopie", précise le synopsis de la série Prime Video dont elle est l’héroïne. Cette jeune femme mal dans ses baskets est "à 50%" inspirée de la vie de sa créatrice. Sœur cadette de Ramzy Bedia, Melha Bedia est partout dans ce projet. 

Pendant les ateliers d'écriture, j’ai eu l’impression de faire une sorte de psychanalyse

Melha Bedia à "Ouest-France"

Devant la caméra, derrière et bien en amont car elle co-signe le scénario notamment avec Yoann Gromb (L’Arnacoeur) et Xavier Lacaille (Parlement), qui tient aussi un rôle savoureux dans la série. "Pendant les ateliers d’écriture, toutes les semaines, j’ai eu l’impression de faire une sorte de psychanalyse. Quand tu racontes des choses qui t’exposent, c’est un peu normal. Sauf qu’au final, c’est les spectateurs qui vont payer, pas toi ! ", dit-elle à Ouest France. C'est peu dire que face à Miskina, les sentiments contradictoires se mêlent. Du rire pas vraiment franc au départ aux chaudes larmes finales. L’humour est parfois maladroit mais ultra présent dès le premier épisode où Fara, amoureuse en secret de son meilleur ami Nassim (Hakim Jemili) marie sa sœur Sarah (Shirine Boutella). Leur grand-mère Rania refuse d’assister à la noce car le futur époux Maxime (Victor Belmondo) n’est pas musulman.

La fête marque le point de départ d’une histoire très personnelle où les galères de Fara ne sont finalement plus qu’une excuse pour parler de son rapport à sa vie de femme, à la religion et à ses aînés. L’omniprésence de la grand-mère s’oppose à l’absence d’un père dont le nom est devenu tabou au sein du foyer. Miskina fait le lien entre les générations, entre les cultures et les continents aussi. D’une rive à l’autre de la Méditerranée, de la France à l'Algérie.

L'histoire de Fara, c'est un peu la nôtre

Après la déception Forte, romance échouée sur la plateforme d’Amazon en pleine crise du Covid-19 dans laquelle elle tenait le premier rôle face à Valérie Lemercier, Melha Bedia vient nous bousculer avec sa Miskina. On s’attendait à une comédie lourde, voilà que l'humoriste de 31 ans nous livre au fil des huit épisodes un drame des plus touchants, parsemés de punchlines percutantes. À la fois drôle et sensible, la série n’est jamais aussi émouvante que lorsque les deux sœurs partent sur les traces de leur héritage. Parce que l’histoire de Fara, c’est aussi un peu la nôtre. Avec ses hauts et ses bas, ses remises en question permanentes, ses histoires d’amour à sens unique et ses relations familiales conflictuelles. Et c’est sans doute pour ça qu’elle nous parle autant.

Melha Bedi et Shirine Boutella, soeurs sur la voie de la réconciliation dans "Miskina, la pauvre" - Prime Video

>> Miskina, la pauvre – avec Melha Bedia, Shirine Boutella, Hakim Jemili et Victor Belmondo, huit épisodes disponibles dès le 30 septembre sur Prime Video.


Delphine DE FREITAS

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