Mort de Charlotte Valandrey, comédienne au destin bouleversé par le VIH

Décès de Charlotte Valandrey : son combat contre la séropositivité

Rania Hoballah
Publié le 13 juillet 2022 à 21h26
JT Perso

Source : TF1 Info

L'ex-comédienne de "Demain nous appartient" sur TF1 est décédée mercredi à l'âge de 53 ans.
Elle était en soins intensifs depuis la mi-juin après une greffe du cœur.
Contaminée par le VIH à l'âge de 17 ans, elle avait publiquement dévoilé sa maladie en 2005.

Ça aura été le combat de sa vie. Contaminée par le VIH à l'âge de 17 ans, Charlotte Valandrey est décédée ce mercredi 13 juillet à l'âge de 53 ans. La comédienne qui avait incarné Laurence Moiret dans la série Demain nous appartient sur TF1 était en soins intensifs depuis la mi-juin après une greffe du cœur, le sien ayant été fragilisé par la prise d’AZT, un médicament utilisé pour traiter le VIH. 

"Mon cœur est arrivé en bout de course et j'attends donc celui qui sera mon 3ème cœur. Il peut arriver à tout moment. J'ai besoin de toutes vos ondes positives. D'amour, de bienveillance, de vos prières. Car la Warrior est moins Warrior", confiait sur Instagram début juin la comédienne. Elle avait subi une première greffe du cœur à l'âge de 34 ans après avoir été victime de deux infarctus.

C'était la loi du silence. Il ne fallait pas en parler à ce moment-là, mes parents me l'avaient demandé

Charlotte Valandrey

Charlotte Valandrey n'est pas encore majeure lorsqu'elle apprend qu'elle est positive au VIH. Un choc pour la jeune fille qui doit faire face à la maladie et la solitude. " Vous avez 18 ans et vous ne comprenez rien à ce qu'y vous arrive. J'ai fait un tour à 360 degrés et je me suis mise dans l'oubli et le déni. (…) C'était la loi du silence. Il ne fallait pas en parler à ce moment-là, mes parents me l'avaient demandé. Ça vous étouffe. J'avais besoin d'être transparente et aidée dans cette épreuve", avait confié l'actrice dans l'émission "Ça commence aujourd'hui" sur France 2 en mars dernier.

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Dotée d'un tempérament de battante, elle décide d'aller de l'avant. Si le cinéma la boude, elle trouve des rôles à la télévision. En 1999, elle épouse Arthur Lecaisne avec qui elle a une fille prénommée Tara, née l'année suivante. Effrayée à l'idée d'avoir pu transmettre le virus à son enfant, elle lui fait passer une batterie de tests pour s'assurer qu'elle est séronégative. "La première année, je n'arrivais pas à l'aimer, j'avais peur qu'elle ne tombe malade, peur de mourir. Je restais détachée. Le virus, parfois, se met en travers. Heureusement, son papa s'en est beaucoup occupé", avait admis Charlotte Valandrey dans les colonnes de L'Express en 2005. 

Elle a été contaminée par un célèbre rockeur

Si elle ne ressent pas les effets de la maladie pendant 10 ans, elle débute une trithérapie en 1996. Un traitement lourd qui fragilise son cœur. L'actrice est alors victime de deux infarctus. Son cœur s'est nécrosé, et il ne lui reste que 10 % de capacité cardiaque. En 2003, elle doit subir une première greffe du cœur, qui marquera son corps et bouleversera sa vie. 

En 2005, elle choisit de révéler sa séropositivité au grand public dans le livre L’Amour dans le sang (Cherche-Midi). Elle ne révèlera jamais l'identité de l'homme qui l'a contaminée, mais donnera des indices dans son ouvrage, évoquant sa liaison avec un "prince gothique”, guitariste d’un célèbre groupe de rock des années 1980. Marraine de la fondation Greffe de vie, qui milite en faveur du don d’organes, Charlotte Valandrey avait expliqué en 2016 à France Dimanche qu'elle pardonnait à la personne qui l'avait contaminée. 

Le Sidaction a rendu hommage à la comédienne, "une grande et inlassable témoin de la vie avec le VIH" qui a "permis de faire avancer le combat contre la stigmatisation".


Rania Hoballah

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