Mort de Jean-Luc Godard, figure de la Nouvelle vague

"À bout de souffle", "Le Mépris", "Pierrot le fou"... 5 films incontournables pour (re)découvrir Godard

Publié le 13 septembre 2022 à 16h13
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Décédé ce mardi à l’âge de 91 ans, Jean-Luc Godard laisse derrière lui une œuvre riche, éclectique et intensément personnelle.
Difficile de ne retenir que quelques films même si trois de ses chefs-d'œuvre des années 1960 semblent incontournables.
Petite sélection à demi-subjective pour entrer dans l’univers d’un artiste qui a révolutionné la grammaire du Septième art.

Pour beaucoup, il y a un avant et un après Godard. Tournant le dos au cinéma français d’après-guerre, il s’affranchit des formes et des figures imposées et réinvente le Septième art, du tournage au montage, n’hésitant pas à bousculer la narration traditionnelle. La preuve en cinq films, entrés dans la légende…

À bout de souffle (1960)

Premier film et premier chef-d’œuvre. En 1960, Jean-Luc Godard filme les déambulations de Michel Poiccard, un petit voyou poursuivi par la police après avoir tué un gendarme. Dans les rues de Paris, il retrouve Patricia, une étudiante américaine avec laquelle il rêve de s’envoler pour l’Italie. Dialogues improvisés, prises de vue à l’arrache et montage heurté… Le jeune cinéaste donne un coup de frais au cinéma français et signe l’acte de naissance de la Nouvelle Vague. En prime, un duo d’amants inoubliables incarnés par le tout jeune Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg, future femme de Romain Gary.

Le Mépris (1963)

Le sentiment qui donne son titre au sixième film de JLG, c’est celui qu’éprouve la femme d’un scénariste à son égard. Face à Michel Piccoli, l’icône Brigitte Bardot tient son rôle le plus célèbre au cinéma. Tourné dans le décor somptueux de la villa de Malaparte à Capri, par-dessus la mer, cette adaptation d'un roman d'Alberto Moravia est devenu mythique grâce à la scène où l’actrice, allongée nue sur un lit, prononce cette réplique culte : "Et mes fesses, tu les aimes mes fesses ?".

Pierrot le fou (1965)

À sa sortie, ce film fut interdit aux moins de 18 ans pour "anarchisme intellectuel et moral". Jean-Paul Belmondo y incarne Ferdinand Griffond dit Pierrot, un homme marié qui prend le large avec la nounou des enfants. Pourchassée par deux criminels, elle est interprétée par Anna Karina, la muse du cinéaste. Inspiré d’un roman policier de l’Américain Lionel White, Godard signe un road movie flamboyant qui influencera des dizaines de cinéaste, de Leos Carax à Quentin Tarantino en passant par Mathieu Kassovitz et Xavier Dolan.

Alphaville (1965)

Lorsque Godard s’essaie à la science-fiction, il ne fait rien comme les autres puisqu’il tourne en décors réels, à Paris, où l’agent Lemmy Caution, joué par Eddie Constantine, est envoyé pour éliminer le professeur Von Braun, un despote qui a effacé les sentiments humains. En chemin, il tombe amoureux de sa fille, Natascha, jouée par Anna Karina. Nourri de références littéraires, de Borges à Orwell en passant par Nietsche et Blaise Pascal, le cinéaste installe une atmosphère envoûtante et décroche l’Ours d’or à Berlin. Dans les années 1980, le groupe allemand de new wave Alphaville se nommera ainsi en hommage au film.

Détective (1985)

Après une période creuse, JLG avait créé l’événement avec ce film de commande, présenté en grandes pompes au Festival de Cannes. Sa principale attraction, c’est Johnny Hallyday, alors en quête de crédibilité cinématographique. Il incarne Jim, un manager de boxe qui doit de l’argent à la mafia, dans ce vrai-faux thriller qui bénéficie également de la présence au casting de Nathalie Baye, la compagne du rockeur à l’époque. Le résultat, étrange et captivant, porte la patte d’un auteur qui s’échappera ensuite vers des contrées plus expérimentales.


Jérôme VERMELIN

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