"Mourir peut attendre" : et si on parlait (enfin) de la fin du dernier James Bond ?

Jérôme Vermelin
Publié le 31 décembre 2021 à 18h13
JT Perso

Source : Sujet Digital LCI

L'essentiel

ATTENTION SPOILER – Dans une interview accordée à "Variety", Daniel Craig dévoile les coulisses de la fin de "Mourir peut attendre", son cinquième et dernier film dans le costume de James Bond. Et devinez qui en a eu l'idée ?

Si vous ne vous faites pas partie des 4 millions de spectateurs français qui ont acheté un ticket pour Mourir peut attendre, ne lisez pas cet article. C’est compris ? Les autres, vous avez le droit de rester. 

Pour la première fois depuis la sortie du film en octobre dernier, Daniel Craig, le réalisateur Cary Joji Fukunaga et les producteurs de la saga James Bond ont accepté de répondre aux questions de Variety au sujet de cette fameuse fin. Celle où l’agent 007 décide de mourir sous l’avalanche de bombes qui s’abat sur l’île où Safin (Rami Malek), le méchant, lui a injecté un virus qui l’empêchera à jamais de s’approcher de Madeleine Swan (Léa Seydoux) et de leur fille.

Une idée folle qui remonte à 2006

Depuis James Bond 007 contre Dr No de Terence Young avec Sean Connery, en 1962, personne n’avait osé tuer le personnage né de l’imagination de l’écrivain Ian Fleming. Figurez-vous que c’est Daniel Craig lui-même qui en a fait la demande à la productrice Barbara Broccoli dès 2006, après une avant-première très applaudie de Casino Royale à Berlin. "Combien de films dois-je faire ?", l’a interrogé l’acteur, à l’arrière d’une voiture. "Elle a répondu quatre et j’ai dit ‘ok, est-ce que je peux le tuer dans le dernier ?’".

Reste qu’à la fin de leur quatrième collaboration avec Spectre, en 2015, James Bond était toujours vivant. Une fois Daniel Craig convaincu de tourner un cinquième film, son idée initiale reviendra sur le tapis. "C’est le sacrifice ultime", estime Barbara Broccoli. "Parce que les gens qui font ce genre de métier mettent leur vie en péril en permanence." Son associé Michael G. Wilson, rappelle, de son côté, que Ian Fleming lui-même avait failli tuer 007 dans les romans Bons Baisers de Russie et On ne vit que deux fois.

Plusieurs versions du scénario

Encore fallait-il trouver la solution idéale pour le faire au cinéma. Avant la fin aussi tragique que spectaculaire qu’il tournera, Cary Joji Fukanaga raconte qu’une version initiale du script prévoyait que James Bond meurt d’une simple balle de revolver. "Il nous a semblé qu’utiliser une arme conventionnelle n’était pas approprié, vu tout ce qu’il avait fait jusque-là pour s’en sortir", avoue le cinéaste. D'où l'idée du poison qui coule dans les veines de 007...

À l’origine de ce coup de théâtre scénaristique jamais vu, Daniel Craig renchérit : "L’arme de Safin tue la seule chose que Bond veut dans la vie, c’est-à-dire être avec les gens qu’il aime. Et lorsqu’il réalise qu’il ne le pourra pas, il n’a plus aucune raison de vivre (…) Il fallait qu’il y ait un poids, sinon ça n’aurait pas marché. Sans ça, on ne l’aurait pas fait. Et on aurait trouvé une autre manière de terminer."

Vu le succès du film, les producteurs ont eu raison de prendre ce risque un peu gonflé sur le papier. "Ce qui est incroyable, c’est que le public a réussi à garder le secret", savoure Barbara Broccoli. "Ce qui est la preuve que les fans de Bond ne voulaient pas gâcher le plaisir des autres en leur racontant la fin de l’histoire." Résultat : le troisième plus gros succès de l’histoire de la franchise, avec 770 millions de dollars de recette derrière Skyfall (1,1 milliard) et Spectre (879 millions). Presque un exploit en période de pandémie.

Reste maintenant à savoir comment sera gérée la succession de Daniel Craig. "Si vous restez jusqu’à la fin du générique, il est marqué que 'James Bond reviendra'", souligne l’acteur. Mais ce sera donc sans lui. D’après les bookmakers anglais, c’est Richard Madden, la star de la série Bodyguard, qui tient actuellement la corde, même si Barbara Broccoli assure qu’aucune décision ne sera prise avant 2022. Autant dire que le compte à rebours a déjà commencé.