Le Musée Maillol propose à partir de jeudi l'exposition "Hyperréalisme : ceci n'est pas un corps".
Une exposition troublante qui propose de découvrir une quarantaine de sculptures plus vraies que nature.
Saurez-vous discerner le vrai du faux ?

C'est une expérience à la fois troublante et fascinante. Le Musée Maillol accueille à partir de ce jeudi - et jusqu'au mois de mars - l'exposition itinérante "Hyperréalisme : ceci n'est pas un corps". Après Bilbao, Rotterdam, Liège, Bruxelles et Lyon, les Parisiens vont avoir la chance d'embarquer pour un voyage inédit au cœur du mouvement hyperréaliste. 

À mille lieues des statues de cire de Madame Tussauds ou du Musée Grévin, l'exposition propose près de 40 sculptures d'artistes internationaux issus de ce mouvement né dans les années 1960 aux Etats-Unis. Comme son nom l'indique, l'hyperréalisme cherche à imiter à la perfection la texture et les formes du corps humain pour en offrir une illusion parfaite. Au point que le public se demande si c'est bien une sculpture ou un être vivant qui se trouve face à lui. À l'image cette jeune femme de dos qui accueille le visiteur dès son arrivée et dont on ne sait pas si elle est réelle ou pas. 

Woman and Child, de Sam Jinks.
Woman and Child, de Sam Jinks. - Sam Jinks Courtesy of the artist, Sullivan+Strumpf, Sydney and Institute for Cultural Exchange, Tübingen Sam Jinks Woman and Child 2010 Mixed Media 145 x 40 x 40 cm

Des œuvres qui sèment le trouble et interrogent

Les œuvres suivantes ne dissipent pas le trouble, au contraire. Au hasard de la déambulation, on croise un homme nu allongé par terre, un cow-boy au regard perdu dans le vide, des ouvriers au travail, un couple de personnes âgées intimement enlacées ou encore une vieille dame qui tient dans ses bras un nourrisson. Tous semblent si réels qu'on a envie de les toucher ou de se pincer, pour s'assurer qu'on n'est pas en train de rêver. 

Divisée en six sections articulées chacune autour d'un concept formel particulier (les répliques humaines, les monochromes, les morceaux de corps ou encore les réalités difformes), l'exposition propose un condensé du mouvement hyperréaliste. Aux côtés des figures familières déroutantes, trônent des œuvres plus effrayantes, comme cette petite fille recouverte de poils qui berce un bébé monstrueux ou cet homme gigantesque à moitié nu qui surgit du sol.

Ordinary Man, de Zharko Basheski.
Ordinary Man, de Zharko Basheski. - © Zharko Basheski Courtesy of the artist and Institute for Cultural Exchange, Tübingen

Quel regard porte-t-on sur le corps ?

"Le but d'une œuvre n'est pas qu'elle soit jolie, mais qu'elle soit porteuse de sens", disait Duane Hanson, un des pionniers de l'hyperréalisme américain. Si les artistes hyperréalistes s'attachent à décrire de façon brute la société dans laquelle ils évoluent, ils nous tendent aussi un miroir déformant qui nous pousse à nous interroger sur le regard que l'on porte sur le corps. Un corps qu'on n'a jamais autant exposé (avec les réseaux sociaux) mais aussi caché, avec la montée du fondamentalisme religieux. 

"Hyperréalisme : ceci n'est pas un corps", du 7 septembre 2022 au 5 mars 2023 au Musée Maillol, 59-61 Rue de Grenelle, 75007 Paris. Toutes les informations sur www.museemaillol.com


Rania HOBALLAH

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