NOTRE AVIS – Disponible ce vendredi, l’album "Voyage" est le premier disque inédit du groupe suédois depuis quatre décennies. Verdict : une capsule spatio-temporelle davantage destinée à raviver la nostalgie qu’à convertir de nouveaux fans.

Entendre un nouvel album d’ABBA en 2021 est un petit miracle en soi. Depuis The Visitors en 1981 et leur séparation l’année suivante, Benny Anderson, Björn Ulvaeus, Agnetha Fältskog et Ann-Frid Lyngstad ont toujours résisté à la tentation d’un come-back bâclé, comme tant d’autres vieilles gloires avant et après eux. L’idée qu’on ne les reverrait jamais ensemble participait même sans doute de leur légende immaculée.

VIDEO LCI PLAY - ABBA REVIENT : #YOUCANDANCE SUR TIKTOKSource : TF1 Info

S’ouvrant sur l’élégant "I Still Have Faith in You", déjà disponible depuis plusieurs semaines, Voyage est une machine à remonter le temps qui n’a pas d’autre ambition que d’entretenir une flamme qui ne s’est jamais éteinte. Sans surprise, les dix titres proposés par le quatuor semblent avoir été conçus pour ne pas dépareiller auprès des classiques qui seront chantés par leurs hologrammes lors du spectacle virtuel à Londres, l’an prochain.

Un charme un peu désuet

Si ce dernier opus force un peu sur les ballades, le groupe a gardé le sens du rythme, comme le prouve le groove lancinant "Don’t shut me down", le disco-chic "Keep An Eye On Dan" et les intonations pop-rock de "No Doubt About It". On a en revanche le droit de grincer des dents en découvrant les inflexions celtiques de "When You Danced With Me" ou le mélange clochettes et chœurs d’enfants de "Little Things".

Ces petites fioritures, plus que de véritables sorties de route, n’enlèvent rien au charme un peu désuet d’un projet qu’on jurerait né de la cuisse des seventies. Les membres d’ABBA auraient pu s’acoquiner avec la nouvelle génération de la pop scandinave. Ils ont préféré rester figé dans leur glorieux passé. Mais qui leur en voudra ?


Jérôme VERMELIN

Tout
TF1 Info