Johnny Depp vs. Amber Heard : le procès qui fascine Hollywood

On a écouté "18", l’album de Johnny Depp avec Jeff Beck : plaisant, même si le mystère reste entier

Jérôme Vermelin
Publié le 14 juillet 2022 à 16h49, mis à jour le 14 juillet 2022 à 17h37
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

L’acteur américain et le guitariste anglais proposent un disque essentiellement composé de classiques du rock, réarrangés à leur sauce.
Sur les deux inédits composés par la star, un seul semble vaguement évoquer ses déboires avec Amber Heard.
Le résultat s’écoute sans déplaisir, même si on pouvait espérer plus d'originalité. Et de confidences.

Durant toute sa carrière d’acteur, Johnny Depp a revêtu des masques. Celui d'un pantin sans paroles dans Edward aux mains d’argents, celui du capitaine Jack Sparrow dans la saga Pirates des Caraïbes ou celui de l’écrivain culte Hunter Thompson dans Las Vegas Parano. Si ses choix de films disent sans doute beaucoup de sa personnalité, il a toujours semblé la dissimuler derrière ces personnages "larger than life", comme on dit à Hollywood. À l’écoute de 18, son album avec Jeff Beck, disponible ce vendredi 15 juillet, on est tenté d’en dire autant de sa deuxième vie de chanteur, après une tentative manquée à ses débuts.

Dans sa chambre d’ado dans le Kentucky, John Christopher Depp II écoutait en boucle Frampton Comes Alive, l’album en public du chanteur anglais Peter Frampton lorsque son grand-frère lui a fait découvrir Astral Weeks de Van Morrison. Ni l’un ni l’autre ne figure toutefois parmi les 11 reprises sur les 13 titres qu’il propose aujourd’hui avec une autre légende du classic rock qu’il a clairement admiré toute sa vie. Jeff Beck, 78 ans, a été révélé dans un autre siècle en rejoignant les Yardbirds, le premier groupe de Jimmy Page (Led Zeppelin), en remplacement d’Eric Clapton. 

C'est Jeff Beck qui est à la baguette

Après avoir dirigé sa propre formation avec un certain Rod Stewart, il s’est lancé en 1975 dans une fructueuse carrière solo, sans interruption depuis. Avec sa passion du blues, ce virtuose a fusionné des sonorités plus modernes au fil des décennies dans un style inimitable qu’on retrouve aujourd’hui synthétisé sur cet album commun qui est en réalité le sien. "Midnight Walker", le titre d'ouverture, est d’ailleurs une reprise entièrement instrumentale d’un morceau de l’Irlandais Davy Spillane, joué à l’origine à la cornemuse.

La star de Pirates des Caraïbes entre ensuite en scène, c’est le cas de le dire, sur "Death and Ressurection Show", pépite épique et furieuse des maîtres du post-punk de Killing Joke. Son timbre hyper trafiqué est noyé sous un déluge de guitares menaçantes et il faut attendre la reprise suivante, le bouleversant "Time" de Dennis Wilson, le "Beach Boy" maudit, pour vraiment entendre son brin de voix, plutôt charmant. Même si c’est clairement le solo de guitare de Jeff Beck, déchirant, qui nous file la chair de poule.

Le quatrième titre, "Sad Mother Fuckin Parade" ("Triste putain de défilé", en français), est l’un des deux inédits écrits par Johnny Depp. La presse anglo-saxonne en a déjà fait ses choux en gras puisque sur un beat robotique, l’acteur-chanteur murmure des paroles qui semblent s’adresser à Amber Heard. Vraiment ? "Tu es assis là comme un chien avec une démangeaison de sept ans", balance-t-il à un ou une inconnue. "Si j'avais un centime, il n'atteindrait pas ta main", menace-t-il encore avant de conclure : "Je pense que tu en as assez dit pour une putain de nuit".

L’acteur a-t-il griffonnée ces textes nébuleux sur son petit cahier durant le procès qu’il a remporté au tribunal de Fairfax, en Virginie ? Mystère. Mais on n’en saura pas plus en écoutant son autre composition, "This is A Song For Miss Hedy Lamarr". Cette ballade aérienne, qui ne dépareillerait pas dans le répertoire de Lana Del Rey, est un hommage à la sulfureuse actrice et chercheuse autrichienne éponyme. Qualifiée de "plus belle femme du monde" à Hollywood, on lui doit la découverte d’un système de transmission à l’origine de la technologie Wi-Fi. Autant dire que sans elle, vous ne liriez sans doute pas cet article.

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Pour le reste, Jeff Beck et Johnny Depp proposent leurs versions appliquées, mais sans grande originalité, de "What’s going on" de Marvin Gaye, "Venus in Furs" du Velvet Underground ou encore "Isolation" de John Lennon, qui clôt les débats. Rien de révolutionnaire, sinon la preuve que les deux hommes ont du goût en matière de musique et qu'il sera agréable de les écouter à l'Olympia le 25 juillet prochain.

Il est d'ailleurs amusant de noter qu’avec son groupe, The Hollywood Vampires, qu’il a fondé avec Alice Cooper et Joe Perry d’Aerosmith, l’acteur joue également un set presque entièrement composé de reprises. Comme si, à l’approche de la soixantaine, il n’avait toujours pas trouvé la clé pour nous chanter qui il est vraiment. Troublant, n'est-ce pas ?


Jérôme Vermelin

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