La chanteuse du groupe Hyphen Hyphen vient de publier son premier album intitulé "Recommence-moi".
Un disque à la fois épique et intimiste qui figure déjà en tête de tous les classements.
Le tube "Popcorn salé", l’influence de Céline Dion, son passage à la Star Ac… Elle se confie auprès de TF1info.

Après avoir signé LE tube francophone de l’année 2023 avec le déchirant "Popcorn salé", Santa vient-elle de sortir l’album marquant de 2024 ? À peine publié, "Recommence-moi" vient de s’installer en tête de tous les classements physiques et numériques. Un disque sur lequel la chanteuse du groupe Hyphen Hyphen, son vrai nom Samantha Cotta, explore son amour des grandes mélodies à la fois intimes et populaires.

Est-ce que le succès de "Popcorn Salé" a eu une influence sur le contenu de ce premier album ? 

Il a eu une influence dans le sens où il m’a poussé à sortir l’album. Auparavant, les chansons étaient écrites en piano-voix, mais elles n’étaient pas "habillées". Tout comme "Popcorn Salé" qui n’était pas faite pour être écoutée par d’autres personnes que moi. Autant dire que c’est un enchantement de voir qu’une chanson écrite comme ça, dans ma chambre, ait rencontré beaucoup d’oreilles et traversé autant de cœur. Ça me bouleverse.

Quand vous dites qu’elle n’était faite que pour vous, c’est de la pudeur ?

De la pudeur stricte ! (Rires) C’est une chanson d’amour très intime qui m’a aidée à traverser une période de chaos. Parce que je pense que l’amour est le dernier et même l’unique grand sentiment qui peut nous sauver ! Mais, elle n’a pas été écrite avec la conscience qu’elle allait être écoutée. Du reste, l’enregistrement, qui cumule aujourd’hui des millions d’écoutes, a été réalisé dans ma chambre, un peu comme un mémo. Par la suite, je ne suis jamais parvenue à recapturer cet élan de sincérité que j’avais atteint avec un micro et un piano.

Le public s’est approprié cette chanson et ses paroles. Qu’est-ce qu’on ne sait pas à son sujet ?

Si j’avais voulu m’épancher, je l’aurais déjà fait ! Mais ça n’aurait pas été honnête envers moi-même. Je déteste l’impudeur et souvent, je la regrette. Ce que j’ai voulu raconter est audible dans cette chanson et je n’aime pas rajouter des virgules. Ça me dilue.

Jusqu’ici, vous chantiez en anglais avec Hyphen Hyphen. D’où est venu le déclic de passer au français… Est-ce vraiment plus intime comme on le dit souvent ?

Je ne me suis jamais imaginée chanter en français. Mais je ne me suis jamais imaginée chanter non plus ! Au départ, je m’y suis mise parce qu’il n’y avait personne pour chanter dans le groupe. Et j’ai appris à propulser ma voix sur scène. Après, on me pose souvent la question de la différence entre le français et l’anglais… et en réalité, je ne me suis jamais posée la question ! Ces chansons proviennent d’un élan d’écriture automatique, un peu comme du "action painting". Souvent, je suis derrière mon piano et je vois mes mains bouger, littéralement. Je ne suis pas maîtresse de ce que je fais. Je me raconte juste. Mais vous voulez connaître la vraie différence ? Il y a beaucoup trop de consonnes en français ! Même si je m’en amuse énormément. Par exemple avec les "r" sur "Recommence-moi"…

Chez Céline, je n’entends pas la technicité. J’entends quelqu’un qui se raconte
Santa

Si je vous dis que la chanson "Recommence-Moi" sonne très Céline Dion… 

Maintenant que je la réécoute, oui. Mais quand je la compose, je me dis juste que ma main gauche commence à vibrer et balancer. On est dans un nouveau rythme, celui du recommencement. Sur le disque, elle arrive après "Popcorn Salé" parce qu’elle incarne une forme de rupture et de continuité dans le sens où je continue à chanter l’amour. Mais c’est le printemps, alors il faut danser !

Danser, ça fait aussi partie de l’univers de Céline, non ?

Surtout dans l’album D’eux de Goldman. Moi qui n’avais jamais écouté de variété française avant, c’est un disque qui a eu une empreinte presque inconsciente. Aujourd’hui, quand on fait de la chanson française qui danse, il y a une réminiscence de Céline Dion. Mais je touche du bois, je rougis face à la comparaison.

Ça peut paraître étonnant de la part de quelqu’un comme vous qui a une forte culture anglo-saxonne. Mais en réalité tout le monde aime Céline, n’est-ce pas ?

Tout le monde aime Céline ! En tout cas ceux qui n’aiment pas Céline, je ne les aime pas ! Que ce soit clair ! (Rires). Chez Céline, je n’entends pas la technicité. J’entends quelqu’un qui se raconte. Et c’est pour ça que ses chansons m’ont percutée comme elles ont percuté des millions d’auditeurs dans le monde. L’émotion est pure.

L’une des plus belles chansons de votre album s’intitule "Eva". Est-elle inspirée par une personne en particulier ?

Je ne veux pas dire qui est Eva. Déjà parce que ce serait retirer un petit flou artistique. Eva incarne un élan de liberté qui existe en chacun de nous. On l’imagine. Et puis lui donner un visage serait aussi difficile qu’adapter un livre au cinéma. Souvent, on est déçu du résultat. Tout ce que je peux dire, c’est qu’il y a beaucoup de moi en Eva. Et j’espère qu’il y aura beaucoup de vous.

Si cet album était un film, il ressemblerait à quoi ?

Ce serait un Spielberg ! Mais un Spielberg avec une lumière autant douce que flashy. Ça dépendrait des plans. Le scénario, ce serait un "Up and down" continuel. Un peu comme Thelma et Louise de Ridley Scott mais réalisé par Spielberg. Avec un immense suspense jusqu’au générique de fin !

Sur le disque, il y a un seul invité, Christophe Willem, qui chante avec vous sur "Les larmes ne coulent pas". Pourquoi lui et personne d’autre ?

Au début, je n’étais pas du tout partie pour faire un duo sur cet album. Pas par absence de connivence avec les autres artistes, mais parce que j’avais envie de me raconter d’abord. Christophe, on s’est rencontré sur un plateau radio, et j’ai aperçu une nouvelle voix que formaient nos deux voix. Une nouvelle amitié naissante aussi, ce qui est rare. Je l’ai invité à boire un café chez moi. Le café s’est "allongé". C’était un si joli moment que me je suis mise derrière le piano. Et c’est arrivé. On s’est raconté et je l’ai écrite pour lui et pour nous. Ensuite, on est allé en studio et je pense l’avoir emmené dans un endroit nouveau.

On vous a vu chanter à la "Star Academy" avec Helena. Est-ce que vous auriez pu être élève dans une telle émission ?

Non ! D’ailleurs, j'ai refusé toutes les émissions de ce genre à mes débuts. Je ne les juge pas, je pense même qu’il faut beaucoup de courage pour y aller. Simplement ce n’est pas ma façon de me raconter. On y est pris dans un tourbillon et moi j’aime être maîtresse de mon destin. Je crois que j’aurais perdu le contrôle et ça n’aurait pas été agréable. C’est pour que ça que j’ai beaucoup de respect pour les jeunes qui font ça parce que c’est si intense, si complexe psychologiquement. Je n’aurais pas été capable. En tout cas, j'ai beaucoup aimé cette saison et ce genre d’"entertainment" parce que ça remet la chanson, et même la variété lorsqu’on parle de Pierre Garnier, sur un nouveau plan. Donc j’accueille ça avec beaucoup de joie.


Jérôme VERMELIN

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