Nommé Goncourt du Premier roman, Joseph Andras refuse son prix

Jennifer Lesieur
Publié le 24 mai 2016 à 9h06
Nommé Goncourt du Premier roman, Joseph Andras refuse son prix

INDEPENDANT – L'Académie Goncourt a décerné son prix du Premier roman à Joseph Andras pour "De nos frères blessés", récemment paru chez Actes Sud. Une distinction que cet écrivain très discret a refusée, arguant qu'une telle récompense serait "un frein" à son "indépendance d'écriture".

C'est un roman de guerre comme l'Académie Goncourt les aime : De nos frères blessés, paru chez Actes Sud le 11 mai dernier, raconte l'histoire du militant communiste Fernand Iveton, seul Européen guillotiné durant la guerre d'Algérie alors qu'il n'avait tué personne. Le livre a remporté le Goncourt du Premier roman 2016 deux jours avant sa parution, mais son jeune auteur, âgé de 31 ans, a refusé ce prix.

"J’étais mal à l’aise à l’idée d’être pris, sans avoir rien fait pour cela, dans une 'course', une mise en compétition, en concurrence tandis que tout me pousse, au regard de mes conceptions politiques, à refuser ces notions", a expliqué le romancier dans un entretien par courriel, publié mardi 24 mai dans L'Humanité. "J’ai tendance, en tant que lecteur, à fuir les ouvrages flanqués d’un bandeau rouge. Le livre n’était pas même sorti que je voyais ceci comme un frein à l’indépendance d’écriture que je tiens par-dessus tout à préserver", a-t-il souligné.

"Un plombier débouche des canalisations, un écrivain écrit"

Joseph Andras, qui refuse d'être pris en photo et de donner des interviews, se défend de toute coquetterie : "Je me doute que ma réponse sera, ici ou là, mal comprise, déformée, jugée pour ce qu’elle n’est pas : tant pis J’ai pesé chaque mot, le plus honnêtement possible et sans le moindre goût pour le scandale. Il me tarde seulement que nous cessions de parler de tout ceci", a ajouté le jeune homme.

Quant à sa discrétion, elle s'explique simplement : "Un boulanger fait des baguettes de pain, un plombier débouche des canalisations, un écrivain écrit : c’est aussi simple que ça. Tout est dans le livre, je ne vois pas vraiment ce que j’aurais à ajouter de plus." Et d'ajouter : "Un écrivain n’est pas une personne de médias, ce sont deux mondes totalement différents. Je vis en Normandie, au calme, je ne connais pas le milieu littéraire et parisien, ne souhaite pas en savoir plus et tiens plus que tout à me concentrer sur mes prochains textes."

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Jennifer Lesieur

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