"Nous parlons d’un prédateur" : le procès du chanteur R. Kelly s’est ouvert à New York

Jérôme Vermelin avec AFP
Publié le 19 août 2021 à 11h47
R. Kelly devant un tribunal de l'Illinois, en 2019

R. Kelly devant un tribunal de l'Illinois, en 2019

Source : AFP

JUSTICE – Icône du R’n’B, le chanteur R. Kelly est jugé depuis mercredi devant un tribunal fédéral de New York. Il est accusé d’avoir abusé sexuellement de plusieurs jeunes femmes, dont certaines étaient mineures au moment des faits. Il risque la prison à vie.

Accusé de multiples abus sexuels, après avoir longtemps échappé à la justice, R. Kelly, 54 ans, pourra-t-il échapper à la prison ? Le procès de la superstar du R’n’B a débuté mercredi devant un tribunal de New York. Et le portrait qui a été fait de lui à l’ouverture des débats est sans appel. "Nous parlons d'un prédateur. Un homme qui, pendant des décennies, a utilisé sa célébrité, sa popularité et un réseau de personnes à sa disposition pour cibler, préparer et exploiter des jeunes filles, garçons et femmes pour satisfaire ses envies sexuelles", a lancé mercredi la procureure Maria Cruz Melendez.

En détention provisoire dans une prison fédérale de Brooklyn, R. Kelly, de son vrai nom Robert Sylvester Kelly, est apparu dans un costume gris, cravate violette, silencieux et stoïque. Le chanteur, qui avait été acquitté en 2008 lors d'un procès pour pédopornographie, doit notamment être jugé pour extorsion, exploitation sexuelle de mineure, enlèvement, corruption et travail forcé, sur une période allant de 1994 à 2018. S'il est reconnu coupable de toutes les charges par le jury, sept hommes et cinq femmes, il risque entre 10 ans et la prison à vie.

Il n'a recruté personne. C'étaient des fans qui venaient vers lui

L'une des avocats de R. Kelly

Celui qui a vendu des dizaines de millions d'albums, avec ses tubes comme "I believe I can fly", a plaidé non coupable de l'ensemble des faits qui lui sont reprochés. "Vous allez entendre toute l'histoire dans son ensemble et justice sera rendue", a promis mercredi l'une de ses avocates, Nicole Blank Becker, soutenant que toutes les relations sexuelles étaient "consenties". "Il n'a recruté personne... c'étaient des fans, qui venaient vers lui", a-t-elle affirmé.

Selon l'acte d'accusation, R. Kelly dirigeait un réseau qui recrutait et préparait des jeunes filles à avoir des relations sexuelles avec lui, les enfermant dans leurs chambres d'hôtel quand il était en tournée, leur demandant de porter des vêtements amples quand elles n'étaient pas avec lui, de "garder la tête basse" et de l'appeler "papa".

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La première victime présumée appelée à témoigner à la barre par le bureau du procureur, identifiée sous le nom de Jerhonda, a ainsi affirmé que le chanteur filmait leurs relations sexuelles quand elle n'avait que 16 ans, soit en dessous de l'âge du consentement aux Etats-Unis. La femme aujourd'hui âgée de 28 ans a expliqué que R. Kelly lui avait dit qu'il allait la "former pour le satisfaire sexuellement". 

Plusieurs mineurs figurent parmi les victimes. Si leurs noms n'ont pas été évoqué à l'audience, il est notoire que la chanteuse Aaliyah, décédée en août 2001 dans un crash d’avion, en fait partie. L'acte d'accusation reproche en effet à R. Kelly d'avoir corrompu un fonctionnaire de l'Etat de l'Illinois en 1994 pour obtenir de faux documents et épouser une mineure. Des faits qui renvoient à son mariage, finalement annulé, avec la jeune artiste qui n’avait alors que 15 ans.


Jérôme Vermelin avec AFP

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