Oscars 2023 : qui sont les nommés, qui sont les favoris… et qui va gagner ?

Publié le 11 mars 2023 à 8h00, mis à jour le 12 mars 2023 à 16h55

Source : TF1 Info

La 95e cérémonie des Oscars se tiendra dans la nuit de dimanche à lundi prochain à Hollywood.
Avec 11 nominations, le déjanté "Everything Everywhere All At Once" de Daniel Kwan et Daniel Scheinert part favori.
Meilleur film, meilleur acteur, meilleure actrice... TF1info vous livre ses pronostics.

L'heure du verdict à Hollywood. Présentée par l'animateur Jimmy Kimmel, la 95e cérémonie des Oscars récompensera le meilleur du cinéma américain et international dans la nuit de dimanche à lundi au Dolby Theatre de Los Angeles. Sur le papier, un film se détache du lot : Everything Everywhere All At Once, la comédie fantastique de Daniel Kwan et Daniel Scheinert est en lice dans 11 catégories. Depuis quelques semaines, la presse hollywoodienne prédit une razzia de trophées pour ce succès inattendu au box-office.

En embuscade, À l'Ouest, rien de nouveau, le film allemand d'Edward Berger produit par Netflix, pourrait créer la surprise. Ce puissant brûlot anti-guerre figure dans neuf catégories, tout comme Les Banshees d'Inisherin, la farce macabre du Britannique Martin McDonagh. Dans la dernière droite, TF1info vous livre ses pronostics dans les principales catégories...

Meilleur film

Le favori : Everything Everywhere All At Once de Daniel Scheinert et Daniel Kwan

À quelques heures de la 95e cérémonie des Oscars, le film de Daniel Scheinert et Daniel Kwan est déjà entré dans la légende. Et pour cause, depuis le début de la saison des prix, il a remporté 158 récompenses - Baftas, Golden Globes, Independent Spirit Awards... De quoi en faire le long-métrage le plus primé de l’Histoire du cinéma devant Le Seigneur des Anneaux : Le retour du roi, qui en totalisait 101 ! 

Si vous avez manqué le début, Everything Everywhere All At Once raconte l’histoire d’Evelyn et Waymong Wang, un couple d’immigrés chinois dont le Rêve américain s’est endormi sous la pile de factures en retard de leur laverie automatique. Lors d’un rendez-vous avec une agent des impôts très coriace, le couple va découvrir les joies du métavers. Soit une infinie variété de mondes parallèles où ils vont faire l’expérience de mille vies meilleures… ou pires !

Succès inattendu au box-office américain, cet Objet Cinématographique Non Identifié casse tous les codes de la narration conventionnelle en aspirant des influences aussi variées que les films de kung-fu, la comédie potache, l’art contemporain et le jeu vidéo. Sous la forme novatrice et parfois déroutante, c’est aussi une belle histoire de famille comme l’Amérique les adore. Avec à sa tête un casting de comédiens asiatiques épatants, à l’heure où Hollywood a fait de la diversité son grand cheval de bataille.

Michelle Yeoh dans "Everything Everywhere All At Once".
Michelle Yeoh dans "Everything Everywhere All At Once". - A24

L’outsider : À l’Ouest, rien de nouveau de Edward Berger

En 1930, le légendaire réalisateur américain Lewis Milestone triomphait aux Oscars en adaptant le roman tout juste publié de Erich Maria Remarque, un jeune vétéran de la Première guerre mondiale qui dénonçait l’horreur du champ de bataille. 93 ans plus tard, l’Allemand Edward Berger pourrait lui succéder avec sa propre version, la toute première en langue germanique. Produit par Netflix, ce brûlot viscéral et poétique estomaque à peu près tous ceux qui l’ont découvert depuis sa mise en ligne à l’automne dernier. Il est nommé dans neuf catégories et pourrait réaliser le doublé meilleur film et meilleur film international comme le Sud-coréen Parasite en 2020.

Les autres nommés sont : Avatar : la voie de l’eau de James Cameron, Les Banshees d’Inisherin de Martin McDonagh, Elvis de Baz Luhrmann, The Fabelmans de Steven Spielberg, Tár de Todd Field, Top Gun : Maverick de Joseph Kosinski, Sans Filtre de Ruben Östlund et Women Talking de Sarah Polley

Meilleure réalisation

Les favoris : Daniel Kwan et Daniel Scheinert pour Everything Everywhere All At Once

Avec un budget modeste d’environ 20 millions de dollars, Daniel Kwan et Daniel Scheinert prouvent qu’on peut faire du grand spectacle sans dépenser des fortunes, à la manière des blockbusters gavés d’effets spéciaux numériques. Souvenons-nous que dans leur premier film, Swiss Army Man, ils avaient confié à Daniel Radcliffe le rôle d’un cadavre qui pète ! Issus du vidéo-clip – on leur doit notamment l’incroyable "Turned Down For What" de DJ Snake, ces deux trentenaires au look d’adolescents font souffler un petit vent de folie sur un cinéma américain indépendant américain moribond. 

Daniel Kwan et Daniel Scheinert, les réalisateurs (un brin) excentriques de "Everything Everyhwere All At Once".
Daniel Kwan et Daniel Scheinert, les réalisateurs (un brin) excentriques de "Everything Everyhwere All At Once". - AFP

L’outsider : Martin McDonagh pour Les Banshees d'Inisherin

S’il tourne avec peu de moyens comme les Daniels, ce réalisateur et dramaturge britannique fait l’éloge de la lenteur avec ce conte cruel où deux vieux amis interprétés par Colin Farrell et Brendan Gleeson se chamaillent à la vie à la mort sur une petite île irlandaise au début du siècle dernier. Lumières somptueuses, humour macabre et interprétation aux petits oignons… Du bel ouvrage qui tranche là aussi avec les délires numériques de la production des grands studios.

Les autres nommés sont : Steven Spielberg pour The Fabelmans, Todd Field pour Tár et Ruben Östlund pour Sans Filtre

Meilleure actrice

La favorite : Cate Blanchett dans Tár

Elle a déjà deux statuettes dorées sur sa cheminée – celle de la meilleure actrice dans un second rôle pour Aviator et de la meilleure actrice pour Blue Jasmine. Mais la star australienne ne dirait pas non à une troisième. Le réalisateur Todd Field a écrit pour elle le personnage de cheffe d’orchestre tyrannique de Tár, entraînée dans un cauchemar qui convoque les démons du mouvement #MeToo et interroge les contradictions de la cancel culture. Troublante de vérité de bout en bout - à tel point qu’un humoriste américain a créé un faux compte Twitter du personnage -  c’est sans doute la plus grande performance de sa carrière.

Focus Features

L’outsider : Michelle Yeoh pour Everything Everywhere All At Once

Pour celle qui fut star de Tigre et Dragon, le personnage d’Evelyn Wang est une véritable bénédiction, après plusieurs années de vaches maigres. À 60 ans, Michelle Yeoh est au sommet de son art et une victoire viendrait non seulement couronner son interprétation épatante dans le film des Daniels. Mais elle ferait aussi d’elle la première actrice asiatique à l’emporter dans cette catégorie. Et comme Hollywood adore les symboles…

Les autres nommées sont : Ana de Armas dans Blonde, Andrea Riseborough dans To Leslie et Michelle Williams dans The Fabelmans

Meilleur acteur

Le favori : Austin Butler pour Elvis

Sur la ligne de départ, beaucoup s'imaginaient qu’après la victoire de Rami Malek pour Bohemian Rhapsody, les Oscars ne pourraient pas encore récompenser la vedette d’un biopic. Sauf qu’en sortant du remuant Elvis de Baz Luhrmann, on ne peut que s’incliner devant la performance électrique d’Austin Butler et depuis quelques semaines, c'est lui qui a les faveurs des pronostics. Après la mort de Lisa Marie Presley, qui était à ses côtés lors de sa victoire aux Golden Globes en janvier, le jeune acteur qui monte à Hollywood pourrait bien avoir l’occasion de rendre hommage au père et à la fille dans un même discours.

Austin Butler dans "Elvis".
Austin Butler dans "Elvis". - Warner

L’outsider : Brendan Fraser pour The Whale

Star (un peu) oubliée de George de la jungle et La Momie, Brendan Fraser a surmonté de graves problèmes personnels qui ont nourri son interprétation d’un homme obèse au bord du gouffre dans The Whale. En salles depuis mercredi en France, le film de Darren Aronofsky ne fait pas l’unanimité en raisons de ses partis pris radicaux. Mais tout le monde s’accorde à reconnaître l’émotion incroyable que transmet sa vedette malgré l’imposante prothèse de latex dont il est affublé.

Les autres nommés sont : Colin Farrell dans Les Banshees d'Inisherin, Paul Mescal dans Aftersun et Bill Nighy dans Vivre

Meilleur acteur dans un second rôle

Le favori : Ke Huy Quan dans Everything Everywhere All At Once

Dans cette catégorie, c’est plié d’avance. 40 ans après avoir été révélé enfant par Steven Spielberg dans Indiana Jones et le Temple Maudit, dont la moitié sans tourner, ce comédien d’origine vietnamienne vit une incroyable résurrection grâce au film des Daniels où il incarne Waymond, le mari souffre-douleur de l’héroïne jouée par Michelle Yeoh. Aussi drôle et émouvant que son personnage dans la vraie vie, il collectionne déjà près d’une cinquantaine de trophées pour ce rôle depuis le début de la saison de prix. Un truc de fou.

Ke Huy Quan dans "Everything Everywhere All At Once".
Ke Huy Quan dans "Everything Everywhere All At Once". - A24

L’outsider : Personne

Les autres nommés sont : Brendan Gleeson dans Les Banshees d'Inisherin, Brian Tyree Henry dans Causeway, Judd Hirsch dans The Fabelmans et Barry Keoghan dans Les Banshees d'Inisherin

Meilleure actrice dans un second rôle

La favorite : Angela Bassett dans Black Panther : Wakanda Forever

Sept ans après l'apparition du hashtag #OscarsSoWhite, il s’en est fallu de peu pour qu’aucun comédien afro-américain ne soit nommé cette année aux Oscars. Si la présence d’Angela Bassett revêt un caractère symbolique, elle la doit à son interprétation impériale de la reine-mère Ramonda dans Black Panther : Wakanda Forever. Sa victoire serait aussi le couronnement d’une magnifique carrière depuis qu’elle a été révélée il y a 30 ans tout juste pour le biopic de Tina Turner What’s Love Gotta Do With It qui lui avait déjà valu une nomination.

Angela Bassett dans "Black Panther : Wakanda Forever".
Angela Bassett dans "Black Panther : Wakanda Forever". - Marvel

L’outsider : Jamie Lee Curtis dans Everything Everywhere All At Once

Tout le monde l'adore. Scream queen de légende du premier Halloween de John Carpenter en 1978, la fille de Tony Curtis et Janet Leigh a connu des hauts et des bas dans sa carrière. Après avoir retrouvé le personnage de Laurie Strode afin de donner un dernier coup de pioche à Mike Myers dans une nouvelle trilogie inégale, les Daniels ont fait appel à toute sa fantaisie pour incarner Deirdre Beaubeirda, la méchante dame des impôts de Everything Everywhere All At Once. À 64 ans, sa victoire mettrait des larmes aux yeux à bien des cinéphiles.

Les autres nommées sont : Hong Chau dans The Whale, Kerry Condon dans Les Banshees d'Inisherin et Stephanie Hsu dans Everything Everywhere All At Once

Meilleur film international

Le favori : À l’Ouest, rien de nouveau de Edward Berger

Avec neuf nominations, c’est clairement le film d'Edward Berger qui a le plus impressionné les votants dans la liste des cinq candidats. On voit mal comment ce trophée-là pourrait lui échapper, quelques semaines après avoir été couvert de prix aux Baftas, les récompenses du cinéma britannique. D'autant plus que son message pacifiste résonne très fort avec l'actualité brûlante à l'Est de l'Europe.

Netflix

L’outsider : Close de Lukas Dhont

C’est presque l’antithèse du film d’Edward Berger. Tout en pudeur, regards et non-dits, cette chronique d’une amitié adolescente confirme le talent exceptionnel du réalisateur belge Lukas Dhont et sa capacité à dénicher et diriger de jeunes comédiens novices après le très beau Girl. Et puis sa dénonciation de la masculinité toxique est dans l’air du temps à Hollywood.

Les autres nommés sont : Argentina, 1985 de Santiago Mitre (Argentine), The Quiet Girl de Colm Bairead (Irlande) et EO de Jerzy Skolimowski (Pologne)

Meilleure bande-originale

Le favori : Justin Hurwitz pour Babylon

Aux Etats-Unis, le film de Damien Chazelle n’a pas fait d’étincelles au box-office, contrairement à la France. Mais tout le monde s’accorde à reconnaître le travail génial de son compositeur fétiche dont la partition jazzy épouse chaque mouvement de cette fresque débridée sur le Hollywood des années folles. Déjà Oscarisé pour La La Land, il pourrait réaliser le doublé alors qu’il n’a pas encore 40 ans.

L’outsider : Volker Bertelmann pour À l’Ouest, rien de nouveau

Connu dans le monde de l’electro sous le pseudonyme de Hauschka, ce pianiste d’avant-garde allemand a imaginé une BO toute en stridences et embardées métalliques pour le film de guerre de son compatriote Edward Berger. Plus proche d’un Trent Reznor que d’un John Williams, il confère une vraie touche de modernité au film surprise de cette cérémonie des Oscars.

Les autres nommés sont : Carter Burwell pour Les Banshees d'Inisherin, Son Lux pour Everything Everywhere All at Once et John Williams pour The Fabelmans

Meilleure chanson originale

Le favori : "Naatu Naatu" de M. M. Keeravani, Kaala Bhairava et Rahul Sipligunj

En France, il faudra patienter jusqu’au 25 mars pour découvrir RRR, le film du réalisateur indien S.S. Rajamouli dont James Cameron est le plus grand fan. Visuellement délirante, cette fresque qui raconte l’amitié de deux révolutionnaires de l'ère coloniale est propulsée par des chansons et des chorégraphies qui donnent (enfin) à Bollywood ses lettres de noblesse à Hollywood.

L’outsider : "Lift Me Up" de Rihanna

Signant là son grand retour musical, la diva de la Barbade a opté pour cette élégante ballade qui figure sur la B.O. du blockbuster Black Panther : Wakanda Forever. Après avoir fait le show au Super Bowl le mois dernier, la chanteuse doit se produire dimanche soir avec son ventre tout rond sur la scène du Dolby Theatre. Et si elle repartait aussi avec un trophée ?

Les autres nommés sont : "Applause" de Diane Warren pour Tell It Like a Woman, "Hold My Hand" de Lady Gaga pour Top Gun : Maverick et "This Is a Life" de Ryan Lott, David Byrne et Mitski pour Everything Everywhere All at Once

La 95ème cérémonie des Oscars, c'est à suivre sur TF1info en direct dans la nuit de samedi à dimanche.


Jérôme VERMELIN

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