"Ozark" saison 4 ou les bons comptes de la famille la plus immorale d’Amérique

Jérôme Vermelin
Publié le 21 janvier 2022 à 18h16, mis à jour le 21 janvier 2022 à 18h47
Chez les Byrde, on blanchit l'argent en famille. Question de survie...

Chez les Byrde, on blanchit l'argent en famille. Question de survie...

Source : Netflix

ON ADORE - Succès surprise sur Netflix, "Ozark" revient ce vendredi avec la première partie de sa quatrième et dernière saison. Entre blanchiment d’argent et couple en crise, retour sur une série qui met à mal le mythe de la famille américaine idéale.

C’est l’une des meilleures séries américaines en cours. Mais comme ses héros, elle préférait rester discrète. À son lancement sur Netflix en juillet 2017, Ozark était un secret bien gardé dont les fans de polar feront la découverte grâce à un bouche-à-oreille enthousiaste, plus efficace que tous les algorithmes de la Terre. Depuis, elle a décroché une flopée d’Emmy Awards et de Golden Globes bien méritée et à l’aube de la quatrième et dernière saison, dont la première moitié vient d’être mise en ligne ce vendredi, on ne saurait trop vous recommander de rattraper votre retard.

Si vous avez manqué le début, cette création du scénariste Bill Dubuque suit les mésaventures de Marty Byrde (l’acteur comique Jason Bateman), un conseiller financier dont l’associé est liquidé par le cartel mexicain qu’il a arnaqué. Pour avoir la vie sauve, il propose de quitter Chicago avec son épouse volage Wendy (Laura Linney) et leurs deux ados pour s’installer dans la paisible région des monts Ozarks, dans le Missouri, où il pourra "investir" l’argent sale dans les petits commerces du coin en toute tranquillité. Du moins c’est ce qu’il croit…

Dans le Missouri, personne n'est à l'abri

Au premier abord, Ozark rappelle furieusement la mythique Breaking Bad, avec son père de famille au bout du rouleau qui se transformait du jour au lendemain en baron de la drogue. Bill Dubuque est fan, mais il pousse le bouchon bien plus loin puisque là où Walter White entrait dans une spirale implacable au nez et à la barbe des siens, Marty Byrde opère en famille. Avec Wendy, trouvant là l’occasion de recoller les morceaux de leur couple en péril. Mais aussi avec les enfants, Charlotte et Jonah, qui prennent vite le pli de cette nouvelle vie pas tout à fait ordinaire.

Avec une noirceur incroyable, Bill Dubuque et son équipe de scénaristes déconstruisent le mythe de la famille américaine idéale, troquant les bons sentiments au profit d’une atmosphère paranoïaque de tous les instants. Dans Ozark, tout le monde parle en calculant son prochain coup, histoire de ne pas se retrouver avec une balle dans la tête. Et c’est aussi imprévisible qu’excitant, aucun personnage n’étant à l’abri dans ce grand jeu de massacre où les alliances les plus improbables se nouent, d’une table de cuisine à l’habitacle d’un jet privé en passant par l’arrière-boutique d’un casino pour touristes.

Filmée dans de splendides décors naturels, Ozark a aussi le chic pour mettre en lumière "l’autre Amérique", celle qui survit loin du fracas des grandes villes, entre diners vintage et motels miteux. En sécession avec l’Etat fédéral, ses habitants mènent leurs affaires comme ils l’entendent, quitte à fixer eux-mêmes les règles du jeu. Et lorsque des citadins un brin arrogants comme les Byrde débarquent pour les arnaquer dans les grandes largeurs, le FBI à leurs basques, ils sont prêts à tout pour protéger ce qui leur appartient.

Face à Jason Bateman et Laura Linney, juste fabuleux, Bill Dubuque a débusqué de vraies "gueules" à rebours des clichés hollywoodiens, donnant à son intrigue une touche de réalisme supplémentaire. La plus emblématique est la révélation Julia Garner, une jeune comédienne qui incarne Ruth Langmore, la fille rebelle d’une bande d’escrocs du coin qui se rapproche de la famille Byrde au fil des saisons. Au début de la quatrième, elle décide de prendre son envol après le drame qui a coûté la vie à un personnage clé de la série. Finira-t-elle par se brûler les ailes à son tour ? 

Marty et Wendy doivent eux faire face à un nouvel adversaire de taille en la personne de Javi Elizoondro (Alfonso Herrara), le neveu ambitieux d’Omar Navarro (Felix Solis), le patron du cartel en affaires avec eux. Non seulement il rêve de devenir calife à la place du calife. Mais ses méthodes expéditives vont sévèrement compliquer la tâche de la famille la plus immorale d’Amérique qui a décidé de financer des cliniques de désintoxication avec l'aide de politiciens corrompus. Plus cynique, tu meurs ?

>> Ozark saison 4. Avec Jason Bateman, Laura Linney, Julia Gardner. Les 7 premiers épisodes disponibles sur Netflix


Jérôme Vermelin

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