Philippe Etchebest : "Les candidats d'Objectif Top Chef ? Parfois je les bastonne !"

Le service METRONEWS
Publié le 26 octobre 2015 à 16h27
Philippe Etchebest : "Les candidats d'Objectif Top Chef ? Parfois je les bastonne !"

INTERVIEW - "Objectif Top Chef", c'est reparti ! A partir de ce lundi à 18h30 sur M6, Philippe Etchebest prend les routes de France pour dénicher l'apprenti qui rejoindra la prochaine saison de "Top Chef". L'occasion pour metronews de poser quelques questions à ce personnage sans langue de bois. Vous allez voir...

Hormis la gastronomie, quel est, d'après vous, le point commun de vos activités à la télé ? 
Je crois que le dénominateur commun, ce sont les gens. Ceux que je rencontre, ceux avec lesquels je travaille aussi. Il y a bien sûr l'idée de transmission.  La bouffe, c'est accessoire. Les hommes et les femmes qui rendent ces émissions possibles, c'est ça qui me plaît. Chaque fois c'est une nouvelle histoire. Comme en cuisine, quand c'est trop répétitif, ça me gonfle. Ce que j'aime, c'est quand on change, on prend des risques, quand ça devient rock’n’roll. Quand on se remet en question surtout.

Dans "Objectif Top Chef", vous allez à la rencontre de candidats très jeunes, presque des ados pour certains. Qu'est-ce qui vous a surpris dans cette nouvelle promo ?
Ce qui me surprend, c'est moins leur connaissance que leur capacité à "sortir" des choses. Franchement ils me bluffent. Ils sont ouverts d'esprit, ils vont vite. A leur âge, je n'avais pas leur envie.

Justement, vous en étiez où à leur âge ?
J'étais loin derrière ! Je n'étais pas aussi investi qu'eux. Je faisais du sport, plein de choses à côté. Je ne me reposais pas sur la cuisine à 100%. D'ailleurs ça peut être dangereux. Ils vont vite, d'accord, mais est-ce qu'ils vont savoir durer ? C'est essentiel dans ce métier. Le but de l'émission, c'est qu'ils apprennent des choses sur la cuisine. Mais sur eux aussi. C'est pour ça que je les bastonne un peu. Ça leur fait du bien. Parfois ils ne comprennent pas, et puis ils finissent par réaliser. Ils me disent 'Ah c'est vrai chef !'. Parce que je les ai aidés à faire des trucs dont ils ne se croyaient pas capables.

Vous n'êtes jamais méchant pour être méchant...
Avec les cons, ça m'arrive. Mais pas dans cette émission, non.

"Je ne suis pas un menteur. Ceux qui pensent autrement, je les emmerde !

Que devient Xavier, le lauréat d'"Objectif Top Chef", puis de "Top Chef" l'an dernier ?
Je l'ai eu tout récemment au téléphone et il m'a expliqué qu'il faisait le tour de la France. Il récupère. Je crois qu'il a eu besoin de prendre du recul. Mais attention à ne pas traîner non plus !

Sa victoire a suscité quelques critiques....
Je sais ce qui s'est dit, bien sûr. Qu'il a été favorisé. Que c'était le chouchou d'Etchebest. Il y a des cons qui pensent ça... Mais ce n'est pas le cas du tout ! Xavier, c'est quelqu'un de rare. Il est jeune, intelligent, travailleur. Il a vraiment de belles capacités. Et puis bon, je n'étais pas le seul à noter. La production tricherait ? Mais non! Moi je suis droit dans mes bottes, je ne suis pas un menteur. Ceux qui pensent autrement, je les emmerde !

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Parlons un peu de "Cauchemar en cuisine". Dans la version originale, Gordon Ramsay a tendance à en rajouter un peu pour faire le show. De votre côté est-ce qu'il vous arrive de vous retenir ?
Je ne fais pas le show, ce n'est pas le but. Je suis là pour aider les gens Qu'ils réussissent. Il en va de ma crédibilité. Je veux des statistiques positives. Donc c'est un vrai engagement de ma part, avec aujourd'hui plus de 70% de réussite.

Vous avez abandonné un fois...
Oui, c'était à Juan-les-Pins. L'ainé prenait les enfants de son frère en otage, le père faisait tampon. Quand les jeunes sont partis, l'ainé s'en est pris au frère... qui s'est défendu. Ils se sont enfin dit les choses. J'y suis retourné et ils étaient plutôt contents. Disons que c'était un demi-échec. De toute façon les gens ne ressortent pas indemnes de cette émission. Il y a toujours une prise de conscience, un déclic.

Les participants font-ils toujours un peu les mêmes erreurs ?
Chaque cas est différent. Après c'est vrai qu'il y a souvent des problèmes de stratégie, on retrouve les cartes avec trop de plats, le management aussi. Le rapport aux autres, savoir faire confiance, savoir déléguer, ce n'est pas évident. Mais le plus difficile, ce n'est pas quand la bouffe est dégueulasse et quand la cuisine est sale. Quand c'est bon, quand c'est propre, et que ça ne marche pas quand même... là c'est dur !

Ça vous arrive de craquer ?
A Aix-les-Bains, j'ai craqué avec Pierre Pirat (le patron de l'hôtel-restaurant Le Manoir, en 2013 - ndlr). J'ai cru que j'allais lui sauter dessus. Il était tellement odieux... La réalisatrice a du intervenir. Si je suis resté, c'est pour ses équipes. Sinon, je me serais cassé. J'ai cru que j'allais le crever !

"La télé, c'est pas clair. Il y a plein de trucs crevés"

Plus jeune, vous rêviez de faire la télé ?
Jamais de la vie ! Je me méfie, vous savez. La télé, c'est pas clair. Il y a plein de trucs crevés. Le seul truc que j'aime regarder, ce sont les matches de rugby...

Et si vous alliez donner un coup de main à l'équipe de France ?
(il réfléchit). Le coaching, c'est ce que j'aime. Après, je n'ai pas joué à leur niveau. Mais je crois la question du mental est importante. Primordiale, même. Il y aussi la physionomie du jeu. Les Bleus, j'ai envie de leur dire, amusez-vous ! Ouvrez-vous ! Aujourd'hui quand on les voit jouer on a l'impression qu'ils ont peur de se faire des passes. Alors qu'avec les Blacks, les Argentins, on se régale. C'est beau, c'est fluide. Nous c'est haché, long, lent. Il y a du travail... donc de l'espoir !

La télé, c'est pour combien de temps ?
J'arrête quand j'en ai marre. Là, je me régale. Mais je sais que c'est une parenthèse. Et puis les gens se lassent, vous savez. Disons que c'est une belle récréation. Plus elle durera, plus ce sera génial. Du moment où je prends du plaisir. Quand ça deviendra obligatoire, alors non !

La cuisine, ça reste votre passion n°1 ?
Ce n'est pas une passion (ferme). Ça ne l'a jamais été. C'est quelque chose que j'aime faire, mais au même titre que plein de choses. Vraiment, je ne suis passionné de rien. C'est vrai que je m'investis. Je donne. Je donne beaucoup. Mais quand c'est fini, je passe à autre chose.

Mais alors c'est quoi votre définition de la passion ?
C'est de s'enfermer dans quelque chose et de ne penser qu'à ça. De ne vivre que de ça. De se nourrir, de dormir avec ça. Ça veut dire essayer de tout savoir. Or moi il y a plein de choses que je ne sais pas dans mon métier. Parce que la cuisine, je la vis de façon très instinctive.

Pourquoi faut-il manger dans votre restaurant à Bordeaux plutôt que chez celui du voisin ?
Il n'y a pas d'obligation (rires). L'intérêt du métier, c'est qu'on apporte tous des choses différentes. Ma cuisine, elle est chez moi, pas chez les autres ! (rires)

Comment pourriez-vous la décrire ?
On m'a dit qu'elle était délicate et féminine. Ce que je représente ! (sourire). C'est le paradoxe, non ? Quand c'est imprévisible, ça décuple les sensations.
 


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