Placebo revient cajoler ses fans avec le splendide "Never Let Me Go"

Jérôme Vermelin
Publié le 25 mars 2022 à 14h19, mis à jour le 25 mars 2022 à 17h48
Stefan Olsdal et Brian Moko, alias Placebo, version 2022

Stefan Olsdal et Brian Moko, alias Placebo, version 2022

Source : Mad Perch

Le groupe de Brian Molko publie son premier album depuis 2013, presque une éternité.
Nerveux et mélancolique, c’est l’un des plus séduisants de sa carrière, porté par le single "Beautiful James".
Après une première date à Paris cette semaine, Placebo se produira de nouveau en France à l’automne.

Il y a très longtemps, dans une autre galaxie musicale, Placebo invitait David Bowie à chanter en duo le superbe "Without You I’m Nothing", extrait de l’album du même nom. C’était en 1999 plus précisément et depuis le Thin White Duke nous a quittés tandis que le groupe de Brian Molko fait désormais partie des vétérans du rock. Presque une décennie s’est écoulée depuis le dernier opus, Loud Like Love, et son successeur, disponible ce vendredi. À la fois nerveux et mélancolique, inventif et nostalgique, Never Let Me Go remet ses auteurs sur le devant de la scène de fort belle manière.

Le batteur Steve Forrest ayant quitté le navire entre temps, Placebo se résume aujourd’hui au chanteur-guitariste américano-britannique Brian Molko et au bassiste suédois Stefan Olsdal, duo de base depuis leurs débuts à Londres au milieu des nineties. Après avoir sérieusement songé à se saborder à l’issue de leur dernière tournée, minés par le doute et l'usure, ils ont retrouvé le chemin des studios avant, pendant et après les périodes de confinement. Et bonne nouvelle : les 13 nouveaux titres ressuscitent le meilleur de ces enfants du punk et de la new-wave, jamais avares d’une mélodie belle à pleurer.

Du groove futuriste de "Forever Chemicals", le titre d'ouverture, aux échos crépusculaires de "Fix Yourself", qui clôt les débats, Never Let Me Go balaie un large musical et se révèle l'un des disques les plus éclectiques de Placebo, hanté de bout en bout par le timbre vénéneux d’un Brian Molko dont les textes n’ont rien perdu de leur spleen et de leur mordant à l’approche de la cinquantaine.

"J’ai besoin de mon médicament", supplie le chanteur en abordant ses troubles mentaux sur le tortueux "Happy Birthday in the Sky". "Sentimental et violent", il rêve d’une île déserte où disparaître sur l’énergique "Chemtrails" tandis que sur l’inquiétant "Surrounded By Spies", il aborde l’omniprésence des écrans dans notre vie quotidienne sur un envoutant tapis de pulsations électroniques.

En tournée mondiale cet été

Si Placebo a choisi "Beautiful James" comme premier single, sans doute grâce à son refrain lumineux, le groupe tient peut-être l’une des plus belles chansons de sa carrière avec "The Prodigal". "Je quitte ce monde avec des étincelles dans les yeux", annonce Brian Molko au début de cette lettre d’adieu qui s’envole très haut dans l’émotion grâce à l’incorporation d’un orchestre symphonique, une première dans l’histoire d’un groupe à l’ambition renouvelée.

Après des retrouvailles avec leurs fans français en petit comité sur la scène du Trianon à Paris cette semaine, les membres de Placebo se lanceront dans une grande tournée mondiale dans les jour qui viennent. Ils seront de retour dans l’Hexagone à l’automne prochain, avec en point d’orgue une grand-messe à l’Accor Arena le 11 novembre. Et cette fois, plus question de les laisser partir.


Jérôme Vermelin

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