Polémique Bastien Vivès : le Festival d’Angoulême annule l'expo consacrée au dessinateur

Publié le 14 décembre 2022 à 12h11, mis à jour le 14 décembre 2022 à 14h51
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

Le Festival d'Angoulême a décidé d'annuler l'exposition consacrée au dessinateur de BD Bastien Vivès, accusé de faire l'apologie de la pédocriminalité.
Une décision liée aux "menaces physiques" proférées à l'encontre de ce dernier depuis la mise en ligne d'une pétition qui a reçu plus de 100.000 signatures.
De son côté, l'auteur de "Petit Paul" annonce avoir déposé une main courante et déplore "une relecture malhonnête" de son travail.

L’exposition consacrée au dessinateur Bastien Vivès lors du Festival d’Angoulême n’aura pas lieu. "Des menaces physiques ont été proférées vis-à-vis de Bastien Vivès. Il n'est dès lors pas possible pour l'événement d'envisager que sa programmation puisse faire peser de tels risques sur un auteur et, potentiellement, dans quelques semaines, sur ses festivaliers", justifie la direction de la manifestation dans un communiqué.

Lancée par Arnaud Gallais, porte-parole du mouvement de lutte contre les violences sexuelles Be Brave France, une pétition en ligne réclamant la déprogrammation de l'expo avait dépassé les 100.000 signataires ces dernières heures. Une initiative soutenue par de nombreuses personnalités comme l'actrice Andréa Bescond et la militante féministe Caroline de Haas.

Ils essayent de démontrer pas tous les moyens que je suis pédophile en isolant des citations et en faisant des relectures malhonnêtes de mes oeuvres

Bastien Vivès sur Instagram

Star de la BD made in France, l’auteur de 38 ans est accusé de faire l’apologie de la pédocriminalité dans plusieurs ouvrages dont Petit Paul où il met en scène un petit garçon doté d’un sexe disproportionné. À l’époque de sa sortie, en 2018, plusieurs chaînes de magasins avaient décidé d’en suspendre la commercialisation. Il lui est également reproché une série de propos ambigus dans la presse. "L'inceste, moi ça m'excite à mort", disait-il par exemple dans un entretien en ligne accordé en 2017 au magazine Madmoizelle, supprimé ces dernières heures.

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De son côté, Bastien Vivès a décidé de déposer une main courante suite aux "menaces de mort" qu’il reçoit depuis la publication de la pétition. Une démarche qu’il a mis en scène dans une série de dessins postés sur son compte Instagram. "Ils essayent de démontrer pas tous les moyens que je suis pédophile en isolant des citations (…) et en faisant des relectures malhonnêtes de mes oeuvres", déplore l’auteur qui n’est, à ce jour, sous le coup d’aucune poursuite judiciaire.

Dans une interview accordée ce mercredi matin au Parisien, la ministre de la Culture Rima Abdul-Malak déplorait des propos qui "ne sont pas acceptables". Mais elle estimait que "ce n'est pas l'exposition en elle-même qui pose problème, car personne ne l'a vue. Elle rappelait également le cadre juridique en la matière : "Un article du Code pénal précise ce qui est possible ou pas, en l’occurrence qu’on ne peut pas représenter des images ayant trait à la pédophilie, je pense que le festival d’Angoulême a parfaitement connaissance de cet article. Et l’artiste aussi."


Jérôme VERMELIN

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