Interview

Julie Gayet dans "Une mère parfaite" sur TF1 : "Quoi qu'elles fassent, les mères sont toujours jugées"

Propos recueillis par Rania Hoballah
Publié le 28 avril 2022 à 19h54
Julie Gayet dans "Une mère parfaite", la nouvelle mini-série de TF1.

Julie Gayet dans "Une mère parfaite", la nouvelle mini-série de TF1.

Source : Denis Manin/Quad Drama/TF1

Julie Gayet joue une femme prête à tout pour innocenter sa fille accusée de meurtre dans "Une mère parfaite", ce soir sur TF1.
La comédienne, toujours aussi engagée, s'est confiée auprès de TF1info au sujet de ce rôle à part dans sa carrière.

Connaît-on vraiment ses enfants ? C'est une des questions que pose Une mère parfaite, la mini-série de TF1 diffusée ce jeudi soir sur TF1 avec Julie Gayet. L'histoire ? Hélène Berg, une mère de famille vivant à Berlin voit sa vie voler en éclat quand elle apprend que sa fille Anya (excellente Eden Ducourant), étudiante à Paris, est soupçonnée de meurtre. Persuadée de l'innocence de son enfant, elle décide de mener son enquête avec Vincent (Tomer Sisley), son amour de jeunesse qu'elle n'a pas vu depuis 20 ans.

Qu'est-ce qui vous a séduite dans cette histoire ? 

Je pense que la fiction a éveillé ma fibre maternelle, car j'ai deux fils de 21 et 23 ans. Ce que vit Hélène, c'est le pire cauchemar de tout parent. Et puis j'ai toujours besoin de m'engager dans des projets sincères et là, c’était le cas Une mère parfaite traite de nombreuses problématiques qui me touchent comme la place de la femme dans la société ou la violence faites aux femmes. Tout cela coïncide avec le travail que je fais pour La Fondation des femmes. 

La série brasse de nombreux sujets dont celui du mensonge. Connaît-on vraiment ses enfants ? 

C'est l'angoisse absolue de tous les parents, je pense, même s'il faut savoir laisser ses enfants vivre leurs expériences. On ne peut pas tout maîtriser, c'est difficile. Il faut essayer de créer un espace de discussion, c'est pour cela que j'aime l'idée des déjeuners dominicaux ou des dîners en famille. 

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En voyant la fiction, on se dit que les mères sont toujours jugées, quoi qu'elles fassent. Le ressentez-vous ?

Oui complètement ! Et encore plus en Allemagne, où vit Hélène. Les femmes ont cette pression terrible de la société qui martèle cette vieille idée de la psychanalyse que, durant les cinq premières années de la vie d'un enfant, le rôle de la mère est primordial. Donc si elle travaille, c'est une mauvaise mère. On voit tellement de femmes qui culpabilisent et abandonnent leur carrière. Il ne faut pas oublier que les pères aussi ont, eux aussi, leur place dans l'éducation des enfants. 

Pensez-vous que c'est plus difficile d'élever une fille dans notre société ? 

Probablement. Et je pense que c'est important d'élever les garçons avec cette conscience-là. Simone de Beauvoir disait "On ne naît pas femme, on le devient". De la même manière, on ne naît pas homme non plus, on le devient. Il y a une vraie responsabilité. Après il y a dans la fiction cette idée que les femmes doivent choisir entre la sécurité ou la liberté. Elles ne peuvent pas sortir seules le soir, elles doivent faire attention à la façon dont elles s'habillent. Les hommes n'ont pas cette pression-là.

La série parle aussi de viol et de consentement. Un sujet très actuel...

Oui la série parle de cela aussi, du consentement et de la libération de la parole. C'est plus, compliqué pour une femme de s'exprimer, de dire non. Je trouve que cette libération de la parole engendrée par le mouvement MeToo permet enfin une vraie discussion. Avant, les  femmes se sentaient chacune seules et ne parlaient pas. Aujourd'hui, il y a un vrai mouvement et c'est important car, comme dit l'adage, ensemble on va plus loin. 

J'ai été longtemps l'objet des paparazzis, mais aussi des politiques qui m'utilisent pour décrédibiliser mon compagnon

Julie Gayet

Avez-vous toujours eu cette fibre de l'engagement en vous ? 

Oui, j'ai toujours été comme ça, avant même d'être actrice. Mais comme beaucoup de Français. Je crois d'ailleurs que la France est un des pays où il y a le plus d'associations. Moi, j'ai toujours eu cette envie de vouloir faire bouger les choses. Je me souviens quand j'étais à l'université avec Eric Toledano (l'un des réalisateurs de Intouchables - ndlr), par exemple, on avait milité pour que la moitié de la carte orange soit payée pour les étudiants, à l'image de ce qui se fait dans les entreprises. 

Vous avez récemment publié sur Instagram une photo avec François Hollande. Après avoir longtemps été la cible des paparazzi, avez-vous enfin trouvé la sérénité ? 

J'ai publié cette photo parce que je la trouvais belle, tout simplement. C'était la première fois qu'on faisait une photo posée de nous et j'avais juste envie de partager cela. C'est aussi une façon de ne pas entrer dans le jeu des paparazzi, de dire que je ne me cache pas non plus. J'ai été longtemps l'objet des paparazzi, qui essaient de détruire et de salir ma vie privée, mais aussi des politiques, qui m'utilisent pour décrédibiliser mon compagnon. C'est très violent, car j'ai toujours tout fait pour protéger mes enfants et mon couple. 


Propos recueillis par Rania Hoballah

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