Interview

Anne-Sophie, éliminée de "Koh-Lanta" : "Si j’ai pu gommer les clichés sur les femmes de footballeurs, tant mieux !"

Propos recueillis par Jérôme Vermelin
Publié le 10 mai 2022 à 23h20

Source : Sujet TF1 Info

"Koh-Lanta : le Totem Maudit" s'achève au 11ᵉ épisode pour Anne-Sophie.
Les ex-rouges en supériorité numérique n’ont fait qu’une bouchée de la vaillante coach sportif.
Pour TF1info, la jeune femme revient sur une aventure dont elle rêvait depuis plusieurs années.

Elle espérait aller loin, beaucoup plus loin. Sociable et sportive, Anne-Sophie n’a hélas rien pu faire contre la vague rouge qui s’abat sur le camp depuis la réunification. Avec pas mal de regrets puisqu’elle avait la possibilité de monter une stratégie lui permettant de profiter du collier d’immunité d’Olga. Compagne à la ville du footballeur international Anthony Mounier, cette maman de deux enfants a tout de même réussi son pari : se faire un prénom grâce à ses performances dans le jeu d’aventure de TF1…

Est-ce que vous regrettez de ne pas vous êtes servie du collier d’immunité d’Olga pour sauver votre place ?

J’ai un gros regret par rapport à ça, oui. Parce que je pense qu’on aurait largement pu inverser la tendance avec cette stratégie. Mais ce que je regrette le plus, c’est de ne pas être assez allée à la pêche aux infos. J’avais un pacte avec Jean-Charles, j’aurais pu aller lui parler, lui dire que je me sentais en danger, mais je me suis dit qu’il était bien ancré chez les rouges. C’était délicat. J’aurais aussi pu chercher mon propre collier, mais on arrive à un moment de l’aventure où la fatigue est grande. Et puis la forêt est vraiment dense… L’expression chercher une aiguille dans une botte de foin prend tout son sens ! Mais c’était difficile de prendre le collier d’Olga. Elle l’a trouvé, elle doit le garder. Ce qu’il fallait surtout, c’est orienter les votes sur Olga, pour que son collier serve à quelque chose…

J’allais là-bas pour tout ce qui était sportif et je m’en suis voulu de ne pas gagner au moins une épreuve individuelle
Anne-Sophie

Mais ça devient invivable d’être un ex-jaune depuis la réunification, non ? 

Complètement. Déjà, on est en infériorité numérique. Ensuite, on arrive sur un camp qui n’est pas le nôtre. Il faut s’intégrer alors que les places sont faites. Moi, je me sens invitée, il faut prendre ses marques et créer des liens alors qu’on a moins d’énergie qu’en début d’aventure. Tout de suite, on se sent en danger. Mais je n’avais pas envie de lâcher, je voulais aller jusqu’au bout. Ne pas partir sans avoir tout donné, sur les épreuves notamment.

Est-ce que vous faites malgré tout un bilan positif de votre participation à "Koh-Lanta" ? 

C’est difficile parce que je suis quelqu’un d’assez exigeante. Moi j’allais là-bas pour tout ce qui était sportif et je m’en suis voulu de ne pas gagner au moins une épreuve individuelle. Je me suis dit que j’aurais dû me préparer davantage, même si avec mon activité de coach, je pensais que ça suffisait. Mais non. Si bien qu’il y a un goût d’inachevé. Et j’ai vraiment ce regret de ne pas être allée assez à la pêche aux infos pour inverser la tendance niveau stratégie.

En partant, vous dites que vous aviez envie que vos enfants aient deux "héros" à la maison, pas seulement leur papa footballeur. C’est réussi ?

Exactement ! Et c’est ce qui me permet de relativiser et à ne garder que le positif de mon aventure parce qu’ils sont ultra-fiers. Ne serait-ce que lorsque le teaser de l’émission passe à la télé ! Dès que j’apparais à l’image, ils ont des étoiles plein les yeux et je me dis que c’est ça ma victoire. Même si j’ai toujours un pincement au cœur, je sais que ma famille est fière de moi. Il y a aussi ma maman qui regarde les épisodes dix fois par semaine en replay ! Je suis très heureuse de tout ça.

En début de saison, vous nous disiez que votre mari Anthony était "une machine de guerre". Qu’a-t-il pensé de vos prestations ? 

Il n’a pas arrêté de me féliciter, franchement. Moi, tant que je ne gagne pas, je ne suis pas contente. Mais lui souligne que je me bats à chaque fois, que je suis souvent bien placée. Il me montre le côté positif et ça me fait du bien.

C’est vrai qu’au début, vous n’avez pas dit aux autres qu’il était footballeur professionnel ? 

J’étais partie dans l’optique de ne rien dire. Déjà parce que c’était mon aventure à moi. Et aussi parce qu’il y a pas mal de préjugés. Après on a le temps de discuter sur une aventure comme "Koh-Lanta" et les premiers temps, j'ai dit qu’il était préparateur physique, dans le domaine du foot, pour ne pas trop mentir. Et puis j’ai rencontré Ambre, qui m’a annoncée qu’elle était mariée à un volleyeur professionnel, qu’elle était seule les week-ends. Ça ressemblait vachement à ma vie ! 

Si bien que j’en ai parlé moi aussi, une fois en confiance. Mais ce n’était pas l’objectif au départ.

Ces préjugés sur les "femmes de footballeurs", vous pensez avoir contribué à les faire disparaître ? 

Ce n’était pas mon but, encore une fois, j'ai fait cette aventure pour moi. Mais si j’ai pu les gommer tant mieux. Je reçois beaucoup de messages, des gens qui sont agréablement surpris de mon parcours, de ma niaque, de voir que je ne lâche rien. Qui me disent qu’on a complètement oublié que j’étais "la femme de" et c’est plutôt plaisant.

Vous avez déjà votre propre activité de coach de "Kangoo Jump". Faire ce Koh-Lanta vous a-t-il donné de nouvelles envies ?

Oui. Il y a un peu plus d’un an, j’ai créé ma marque de sport que j’aimerais développer dans les mois qui viennent. Et bien sûr développer le Kangoo Jump en France parce qu’on en fait très peu ici. Ce "Koh-Lanta" a aussi nourri ma soif de nouveaux challenges sportifs. J’ai envie de faire des raids, des trails, des aventures en équipe parce que j’adore ça. 


Propos recueillis par Jérôme Vermelin

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