"La Bataille de l'Élysée", ce lundi soir sur TF1 : "Les coulisses, ça dit beaucoup d'un candidat"

Propos recueillis par Rania Hoballah
Publié le 6 décembre 2021 à 17h34, mis à jour le 2 janvier 2022 à 13h08

Source : JT 20h Semaine

INTERVIEW – Ce lundi, TF1 donne le coup d'envoi de "La Bataille de l'Elysée", une série documentaire de François-Xavier Ménage qui nous plonge dans les coulisses de la campagne présidentielle.

C'est l'élection préférée des Français. Ce lundi 6 décembre, TF1 lance La Bataille de l'Elysée, sa série documentaire événement en quatre épisodes qui nous plonge dans les coulisses de la présidentielle qui se déroulera les 10 puis 24 avril 2022. Comment se construit une campagne ? Comment fabrique-t-on un ou une présidentiable ? Quelles sont les stratégies des différents candidats qui se préparent à un marathon dans lequel tous les coups sont permis, surtout les plus bas ? 

Pour répondre à toutes ces questions, François-Xavier Ménage, grand reporter à TF1, ainsi qu'Elisa Helain et Claire Leising, journalistes pour Capa, sont allés sur le terrain aux côtés des candidats et de leurs conseillers de l’ombre, pour montrer l’envers du décor d’une lutte sans merci pour le pouvoir. 

Quel est le point de départ de La Bataille de l'Elysée ?  

C'est une série documentaire de 4 épisodes insufflée par Thierry Thuillier (le directeur de l'information de TF1, ndlr). L'idée est de montrer comment se fabrique une campagne présidentielle en suivant la rencontre des candidats avec leurs électeurs et aussi leurs détracteurs. Mais aussi les coulisses : comment façonne-t-on un candidat ? Qu'est-ce qui se passe quand les équipes sont réunies entre elles, dans des QG ou dans des réunions stratégiques ? 

Tous les candidats ont-ils joué le jeu ? 

Ça a été un travail de longue haleine pour convaincre les candidats et leur expliquer notre projet avec des arguments journalistiques. Pour être honnête, ils ont tous dit OK, mais après, évidemment, on négocie en permanence. 

Je ne peux pas dire que les candidats oublient complètement la caméra
François-Xavier Ménage

Quelle est la particularité de ce documentaire ? 

En général, les documentaires en immersion sont diffusés après la campagne. On sait si le candidat a gagné ou perdu. Là, ce n'est pas le même enjeu. On doit convaincre les candidats de nous ouvrir les coulisses alors que la campagne est déjà lancée et que les électeurs ne se sont pas encore prononcés. C'est une difficulté supplémentaire, mais c'est encore plus intéressant pour les téléspectateurs. 

Mais les coulisses ne sont-elles pas parfois mises en scène ? 

C'est vrai. Je ne suis pas journaliste politique, mais j'ai eu la chance de couvrir trois présidentielles et il m'est arrivé qu'on nous dise : "Vous entrez deux minutes, vous faites les photos et après on peut bosser sans les caméramans". Là, en l'occurrence, ce n'est pas le cas. Dans ce premier épisode, par exemple, nous avons assisté à une séance de travail d'Eric Zemmour à Londres juste avant un meeting.  On voit vraiment comment se fabrique le discours entre le candidat et Sarah Knafo, sa conseillère qui est extrêmement influente. On est aussi allés dans le QG de Marine Le Pen pour une réunion stratégique hebdomadaire. C'est la première fois qu'elle accepte une caméra et on découvre comment elle influence les mesures et à quel point elle veut montrer qu'elle bosse ses dossiers. Je ne peux pas dire qu'ils oublient complètement la caméra, mais on voit comment ils travaillent. 

Sur le terrain, on voit une France fatiguée
François-Xavier Ménage

Les coulisses, ça dit beaucoup d'un candidat, non ? 

Oui, les coulisses en disent long. Il y a des candidats qui sont beaucoup moins préparés, d'autres qui sont rompus à l'exercice. Il y a aussi ceux qui ne sont pas encore candidats, comme Emmanuel Macron, mais dont on voit les équipes déjà pleinement actives. Il y a cette séquence incroyable au QG de la République en Marche où la campagne des militants est lancée. 

Quelle est la particularité de cette élection ? 

En tant que reporter de terrain, je dirais qu'on voit une France fatiguée, les politologues l'admettent aussi d'ailleurs. Il va falloir que les candidats s'adressent, en plus de leurs militants naturels, à une France épuisée pour beaucoup de raisons et ça va être probablement compliqué pour eux. Et c'est vrai aussi, soyons honnêtes, il y a un désintérêt pour Français pour cette présidentielle à l'heure qu'il est. Les études d'opinion le confirment. C'est intéressant de voir comment les candidats vont intégrer toutes ces données. 

La Bataille de l'Elysée, premier épisode lundi 6 décembre à 22 h 55, puis un épisode chaque mois jusqu'en mars. 


Propos recueillis par Rania Hoballah

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